LITRE T
et des marais que, lorsque les souverains du pays voulaient y conduire leurs troupes, ils devaient attendre que les eaux fussent prises par la glace. Les travaux d.'endiguement de la plupart des lacs de la Nord-Hollande et de la West-Frise commencèrent au XIV" siècle et se poursuivirent avec persévérance, en acquérant toujours plus de développement, surtout à partir du xvr siècle • .
Les Hollandais proprement dits, parmi lesquels il faut comprendre les habitants de la Zélande, se distinguaient, en général, par toutes les apparences de la force ; leur stature était haute, ï'.-i:\ :• . : -éramcnt robuste. Us se signalaient aussi par les goûts • ;^orieux et par un courage qui se déployait dans Tinnégoce aussi glorieusement que sur les champs de l Ai un peuple franc, simple et bon ; mais si calmes
< ^^v;nt habituellement les Hollandais, il fallait prendre garde r froisser leur attachement aux privilèges de leur province, car, autant que les Belges , ils se montraient fiers et jaloux des antiques libertés de la patrie '.
Le Hollande avait été illustrée par des savants éminents, et les lettres y étaient toujours en honneur; mais le plus grand nombre des habitants se livrait au commerce, à la marine, à l'élève des bestiaux et à la pèche. Tout était digne d'attention dans cette province. On y récoltait peu de blé, mais il y venait en si grande abondance des régions septentrionales de TEuroiK?
1 Dans la province de Hollande seule, on gagna, de 4366 à 4646, par les endiguements et les dessèchements, plus de 86,000 arpents. Qrobn vin pRiRSTBRER, Vculerlandscke hisioriê, t. f , p. 3. — Voir aussi l'ouTrage de Sciâtes, loc, cit.
' « Ils a^ent démesurément la liberté, disait Bbntivoolio ; c'est pour cela qu*ils se montrent si attachés à conserver leurs privilèges; et de là vient encore qu*ils entrent facilement en ombrage et s'émeuvent fort aisément. * Hcl<Uion8, p. 6.
que la Hollande était la pourvoyeuse de plusieurs autres contrées. Elle ne produisait pas de vin, mais elle en faisait venir des bords du Rhin. Elle ne produisait pas de laine; maison y fabriquait une quantité considérable de draps avec la laine qu'on tirait d*Angleterre , d'Ecosse , d'Espagne et du Brabant. Enfin , elle ne contenait plus de forêts ; mais avec le bois, venu également des régions septentrionales , on y construisait des navires en plus grand nombre que dans aucun autre pays. Quelle était donc la richesse qui payait toutes ces importations? C'était surtout la fabrication du beurre et du fromage. La valeur de ces deux articles contre-balançait celle des épiceries apportées de Lisbonne à Anvers. Les Hollandais envoyaient leur beurre et leur fromage non-seulement dans toutes les provinces des Pays-Bas , mais encore en Allemagne, en Angleterre et en Espagne. La pèche, surtout celle du hareng, était une autre source de richesse pour la Hollande , et, comme on l'a dit, une source d'or toujours jaillissante; huit cents navires et plus de six cents barques étaient consacrés à cette industrie K
Le comté de Hollande contenait plus de quatre cents villages et vingt-neuf villes murées dont les principales étaient Amsterdam, Dordrecht, Harlem et Leyde. Les habitants de la Haye n'avaient pas voulu l'enceindre de murailles, aimant mieux être,
I Un poêle bollaDduis, Helmbrs, a caractérisé en quelques mots la féconde énergie de ses compatriotes : « La nature n*a rien fait pour nous; elle nous a refusé ses dons , et tout ce qu'on voit dans notre pays est Tœuvre du travail, du zèle, de Tindustrie. » — La richesse et la simplicité des Hollandais du xvi* siècle étaient également dignes de remarque : « Louise de Coligny (quatrième femme de Guillaume de Nassau], a conté naïvement à mon père, dit Aubery du Maurier, qu'elle fut fyt surprise, «iTivant en Hollande, de la différente et rude manière de vivre de ce pays la, à celle do France ; et qu'au lieu qu'elle avoit de coutume d'aller dan5 un carrosse suspendu à la françoise, on la mit dans un de ce6 chariots