LIVRE V
quenté par les navires d'Ecosse. Flessingue, la troisième ville, servait de refuge aux pécheurs de hareng.
Entrons maintenant, par la principauté de Liège, dans la partie méridionale des Pays-Bas. Cette contrée était enclavée dans TEmpire ; mais le duc de Brabant était le protecteur légal et le défenseur du territoire. Il existait même une confédération perpétuelle entre les princes-évéques de Liège et les souverains des Pays-Bas. Vaste et riche, la principauté de Liège renfermait le duché de Bouillon, le marquisat de Franchimont, la Hesbaye et le comté de Looz; elle possédait vingt-quatre villes murées, dont les principales étaient : Liège, Bouillon, Dinant, Tongres, Huy, Basselt , St-Trond , Thuin , Fosse, Couvin et Ciney. On comptait dans révéché cinquante-deux riches abbayes et un grand nombre debaronnies. La seigneurie de Bornes, érigée en comté par Tempereur Frédéric III , en 1 454 , était un des domaines les plus considérables du pays de Looz. Il tirait son nom du château de Ilornes, situé un peu en deçà de la Meuse , près de Ruremonde. Vief impérial, il ne relevait que de l'empereur; mais le feudataire bâtait vassal du roi d'Espagne pour d'autres domaines.
Le duché de Luxembourg, situé entre la Lorraine, la Moselle
<Bt la forêt d'Ardenne, qui couvrait une partie de son territoire,
^tait divisé en deux quartiers. Le quartier allemand comprenait
Luxembourg, Arlon, Rodemark, Thionville; le quartier wallon
0)ntenait les villes d'Ivoy, de Montmédy, de Mareuil et de Dam-
^iliers. Le commerce était nul sur cette frontière; on y vivait
dans des alarmes continuelles ; le peuple avait tant souffert des
guerres du règne précédent que beaucoup d'habitants s'étaient
expatriés et que les autres avaient embrassé la carrière des
armes. Aucune province ne possédait autant de noblesse que
celle-ci, et nulle part la noblesse n'avait conserve aussi fidèlement
les traditions de la f(k)dalilé en ce qu'elles avaient de plus injuste
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LES PAYS-BAS SOUS PfiiiirrE ir.
et de plus barbare '. h Les nobles, ca leurs États , grands et petits, mmoîent vie de seigneur, dît Guicciardin, et vouloieiH ^Ire obi^js si étroitement qu'ils tenoient par fois sévères (contrairement tt la liberté et aux franchises dont jouissaient les autres parties des Pays-Bas) leurs sujets comme esclaves »
La principauté de Liège était également contigye au eoroté de Namiir, Le territoire de cette dernière province était l'iellt, mai.<t riche en minières, houillères et carrières de marbre* Il renfermait cent cinquante-trois villages à clocher et seulement quatre villes murées : Namur, Bon vigne, Chnrlemont, construit par Charles- Quint, et Walcourt, La noblesse était très-nombreuse aussi dans cette province et y jouissait pareillement des droits de " baulte, moieiine et basse seigneurie. >* Indépendamment de cinq monastères de dames, tous de Tordre deCiteaux^ le comté de Namur renfermait neuf grandes abbayes d'hommes, parmi lesquelles celle de Floreffe, de Tordre de Prémontréj ** située sur un beau rocher regardant la Sambre, ^" était considérée œmme la plus riche de la province v
Le comté de llainaiu était borné au nord jiar le Brabant et la Flandre, au midi pur la Champagne et la Picardie, à lest en partie par le comté de Namur et en partie par I evèchéde Liège ; à Touest, il avait pour limites Fliscaul et la Flandre gallicane, 11 comprenait vingt-quatre villes murées, vingt-six abbayes d ^ neuf cent cin£]uante villages. C'était une province plu tôt agricole' que manufacturière, ; toutefois Mons et surtout Valenciennes, les deux principales villes du comté, possédaient de nombreu-^ ses fabriques de draps et de serges, dont les produits étalertl
^ On comptait dans le diicbë de Luxembourg ^pt comtés et un nombrr ifianî tltï seigneuries.
' L'èfat anaen e?ï motjrme ttu pmji rt comté de Namur, par Pavl n€ CtûONi^^DAËL (tié vers 1SH). pamm, ûnî\s h coller t Ion des Chwntquis bffgtê in f'' fîtes.