LIVRE V
bourgmestre, dit bourgQiestre cfu dehors; d'un second bourgmestre, dit bourgmestre du dedans et de dix-sept échevios. Le bourgmestre du dehors traitait à la cour et avec les états du pays les affaires capitales ; son collègue était parliculièrement chargé de l'administration intérieure de la ville ainsi que de la police. L'administration de la justice était confiée à deux ofiQciers royaux : le margrave, chargé des causes criminelles, et Taniman ou amfinan, chargé des affaires civiles ». Le margrave et l'amroan précédaient dans la hiérarchie les magistrats municipaux. Chaque année, au mois de mai, l'administration communale était renouvelée de la manière suivante : le magistrat ou seigneurie désignait neuf candidats ; les treize wyckmeesters en désignaient neuf autres, auxquels s'adjoignaient les dix-huit membres en fonctions. Cette liste générale , contenant trente-six candidats, était envoyée au prince ou à son lieutenant dans les Pays-Bas : il oe pouvait toutefois renouveler que la moitié de l'administration. Lorsque son choix était fait, deux chevaliers de ta Toison d'or ou deux barons du Brabant se rendaient, accompagnés du chancelier du duché, à l'hôtel de ville d'Anvers. C'est là qu'ils faisaient connaître la décision du souverain. La nomination des deux bourgmestres appartenait aux échevins, bien que le prince fût autorisé |)ar la coutume à leur recoofmander les candidats qu'il désirait voir investis de ces fonctions. La seigneurie nommait également les magistrats inférieurs de la cité, les pensionnaires et les trésoriers, les doyens des métiers, les douze conseillers que les mé-
* BuTEEMS déûnit plus clairemeot le caractère et les attributions de ces deux officiers : « Le magistrat, dit-il, consiste en deux chefs-officiers du doc (de Brabant), dont Tuo, pour le criminel, se nomme Escoutette, et pour la juridiction qu'il a par tout le district du marquisat du saint Empire, il se nomme aussi Marckgrave. Pour le civil, c*est V Amman, et ces deux chefs-officiers du duc sont à vie. » Trophées du 4uché de Brabant, t. H, p. 477.
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tiers devaient fournir pour assister le magistrat, enfin les wjAmeesters ou capitaines des quartiers,
La liberté individuelle , principale garantie de toote société régulière, était formellement reconnue. Excepté dans te caj? de flagrant délit, il était défendu d'arrêter ou d'emprisonoer aucun bourgeois ou étranger ayant son domicile à Anvers et de séquestrer ses biens, s'il n'avait d'abord été appelé en justice et sil n'avait été procédé contre lui suivant la loi. Toutefois, un étranger ne pouvait exercer publiquement aucun métier à Anvers, h moins qu'il ne se fût fait recevoir préalablement bourgeois de k ville. Mais les foraialités à remplir pour obtenir ce titre n'étaient pas très-sévères. L'étranger se rendait à la Vierschareet y prétait serment au duc de Brabant , comme marquis du saint Empire; après avoir versé ensuite une .somme déterminée dans le trésor public et une autre dans la caisse du métier auquel il voulait s'affilier, il était investi des droits civiques. Cependant, s'il n'^it point originaire du Brabant, il ne fwuvait, quoique bourgeob, aspirer aux magistratures supérieures ; mais cette exclusion ne s'étendait point à ses enfants.
On comptait à Anvers plus de mille maisons étrangères. Les Espagnols, les Danois et les Osterlins réunis, les Italiens, les Anglais, les Portugais et les Allemands formaient les six naticnt qui s'étaient fixées dons la nouvelle métropole commerciale de rOccident- Les marchands français y affluaient aussi, mais seulement en temps de paix. On avait admiré ropulence des muions lors de l'entrée du prince d'Espagne à Anvers, en ! 549, Les marchands étrangers se joignirent aux bourgeois et aux confréries liour former k rhérilier du trône de Charles-Quiiil un cortège d'une luagnificence éblouissante. Plus de huit cents cavaliers, vêtus de velours et de soie^ ouvraient la marche avec leurs laquais, leurs pages et leurs valets de pied ; ils étaient suivis de quatre mille piétons, tous bourgeois uniforraénieal véius , k