‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 98 sur 198 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

contifinaient à être partagées : les uns voulaient le maintien à Bruges, les autres se prononçaient pour Berg-op-Zoom ; enfin, sur les instances des représentants d'Anvers , la diète décida qu'une députation serait envoyée auprès de l'empereur et que si Ton obtenait dans le Brabant des privilèges pareils à ceux dont le comptoir jouissait en Flandre, la translation serait accordée '•

Les n^ociations de la Hanse avec le conseil et Téchevinage d'Anvers ne furent terminées qu'en 4545. Par une convention du 9 février de cette année, la Hanse et la ville d'Anvers se promirent réciproquement : liberté du commerce, protection légale, liberté d'association et de juridiction, sauf le droit de vie et de mort réservé aux souverains légitimes des parties contractantes, affranchissement de presque toute espèce d'accise, enfin garantie efTective de tous les privilèges hanséatiques en Brabant '.

Les persécutions exercées contrôles protestants, en France sous Henri II, et en Angleterre, sous Marie Tudor, furent aussi une cause d'accroissement pour Anvers. Les proscrits se réfugièrent en foule dans ses murs, où les privilèges commerciaux atténuaient la sévérité des édits de Charles-Quint.

L'expédition tentée contre Anvers par Martin Van Rossem, en 4542, avait également influé sur 1 agrandissement de la ville. Le maréchal du duc de Gueldre avait campé deux jours devant Anvers et brûlé ses faubourgs. Pour mettre désormais celte cité, déjà si riche, à l'abri d'une surprise, le gouvernement et la commune firent construire une nouvelle enceinte. C*était une double muraille , flanquée de dix forts et séparée par de larges et profonds fossés , toujours remplis d'eau. Défense ayant été faite de bâtir autour de l'enceinte dans un rayon de trois mille cinq cents pieds, la population reflua dans la ville, et la sûreté qu'elle ofl'rit,

» Altmlter, Des cavses, etc;., p. ^0-33. • Altmeter, Jlistoirrdu comptoir hatiséatiqtie d'Atwers. p. 43^ I. U

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LES PAirS-BA9 50US FHILIPPR tf*

jointe à la décadence de Berg-op-Zoom , y attira de nouveaux habitants K

De 1550 à 4577, la population d^4nvers flotta presque con* stamment entre cent cinquante mille et deux cent mille âmes ■. En temps de paix Tafiluence des étrangers était telleraent grande qu'on ne savait traverser les rues , places et marchés, sinon de: côté; et il en était ainsi , dit un ancien auteur ^ dans tentas les] parties de la ville. Vers 1566, on comptait dans les deux cenlf douze rues et les vingt-deux places de cette puissanle cité plus de treize mille cinq cents maisons ; les loyers y étaient d'aitJeurs plus élevés que dans aucune autre ville de l'Europe^ Lisbonne exceptée.

> Mémoire cité de M. de HeiFrENBiiKi^ p. iik.

' En <560, CosTARiwi donnait à Anvers cent soixante-dix mUle âmsi ilncciAiioi?» cent miUe, Ce dernier iijcmte que c*est son évalualiûii, la i (ume fi^ejEîstant point daos hâ Fays-Das, comme en llaliei de friine l©d«îiambrcment de la popuIaliOB. L'évaluation do Guiccidrdîn se rapprocbati loutefoîs delà vérité, puincjiie ScRîSA?îirs avait extrait d'un ancien registre le recensement pur quartiers el qu'il avait trouvé : quatre-Tîtigt^oeuf mfllp jjRuf cent qualre-vin^t seize citoyens et quatofie mille neuf c^nt qwatrevin^t-cinq étrangers ayant piis domicile, en tout : cent quatre miUe n<?uf centquatre-vi[igt-un. MaU, dans cette é numéral ion» n*étaïent pas coroprU It^s matelots, les voyageur*^ ni le^ babilantsdes faubourgs au nombre de cinquante mille» jouissant des droits do eîlé* Enfin» suivant lei calculs de M* de RziFFtNDKnc, on compïaït à Anvers, de Tan 4549 à Hm 1561, au delà de deux cent mille âmes. Selon d'aufitss écrivains, Anvers n'aurait jamais renfermé plus de cent à cent ûïx mille Imbitants, Diaprés Cuappuis (Cornejo), il ne s'y trouvait pas f^lus de quinï^e mille /ey^ ou foyers ; mai*? Il ajoute que la ville pouvait contenir un très-gi'and nombre d'habitants, parce que les maisons étaient fort glandes et bien bâties. Dans sa relation ^ Mini.'vo Cavau4 n'évaluait [en 4o5Û} la population d^Anver^s qu'à soixaulo-dix ou quatre-vingt mille habitants. — Au %v siècïc, à Tcpoque de la plus grande prosi>érit^ de Venise, sa ptïpulation i^tait de deai cent mille àmfi^*

uvRe T (1560). 211

Anvers était riche en monuments anciens et nouveaux, et ces derniers rappellent encore l'opulence de celte époque, si fameuse dans nos annales. La tour gigantesque de la cathédrale, commencée en U82, avait été achevée en <5<8. Pour remplacer la Vieille bourse construite en \ 51 5 et devenue insuffisante, on éleva, en 4531, l'édifice, tout à la fois si pittoresque et si gracieux, que Guicciardin appelait la [)Ius belle Bourse de toute l'Europe. Ce monument cot]lta à la ville la somme énorme de 300,000 couronnes d'or et servit de modèle à la première bourse de Londres. II consiste en une cour quadrangulaire , autour de laquelle règne un portique à voûtes surbaissées et formé de colonnes cylindriques de pierre bleue dont les fûts sont couverts d'ornements sculptés d'un dessin différent pour chacune '. En 4560, on jeta les fondements du nouvel hôtel de ville; et, le 5mai1564, on posa la première pierre de la maison des Osterlins {DomtiS Hansœ teutonicœ). La ville d'Anvers s'était engagée à payer, pour la construction de cet édifice, la somme de 30,000 car^ lins, en six termes égaux, et les Hanséates, celle de 60,000 carlins. La maison devait devenir la propriété des Hanséates qui auraient, en outre, à proximité, une place libre pour se promener, contracter et négocier •'.

Les travaux des fortifications, la construction de l'hôtel de ville et celle de la Bourse augmentèrent considérablement les charges de la commune, bien que les revenus eussent également suivi une progression ascendante sous Charles-Quint. Mais l'équilibre avait été rompu par suite des nombreux emprunts que la ville avait dû contracter pour les états et pour le souverain '.

» ScBATES, Histoire de Varchiiecture en Belgique, t. IV.

• Altmeter, Histoire du comptoir hanséatique d'Anvers^ p. U.

* Les charges de la ville allaient toujours en augmentant. En 4561, elle devait payer annuellement 358,264 florins, dont 45,446 pour les rentes engagées afin de subvenir aux frais de la construction de la maison de ville,

dis LES FATS^àS sors PfllUrK II.

Gofnnieot était goaveroée cette grande dl^, dereoiie le œotre da OMnoierœ de fEurope et eomme Fétape de tous les peuples oondeotaai? Quels étaient les droits de la bourgeois et les garanties assurées aox étrar^ers?

Anvers, suivant Goiodaidin, jouissait de tant de privilèges que Ton pouvait la r^arder comme une espèce de république.

L'administration communale se composait de quatre membret : !• la nouvelle seigneurie,- 2» la vieille seigneurie, cest-è-dire tous ceux qui avaient été écbevins ; 3* la booigeoîsie , qui com* prenait les vingt-six capitaines des bourgeois et les chefs des treize vcycks ou quartiers ; et 4* les cinquante-quatre doyens qui dirigeaient les vingt-fiept métiers de la ville. On trouvait , en outre, six confréries ou gilden : deux étaient composées d'arbalétriers, deux autres d*archers, la cinquième d arquebu^ers, et les membres de la sixième se ser^^aient de Tépée à deux mains.

Selon l'usage c^fement en vigueur dans la plupart des autres villes des Pays-Bas, les plus hautes fonctions communales étaient attribuées à des familles patriciennes. Cette aristocratie urbaine ne pouvait se livrer au commerce.

Ijp. magistrat ou nouvelle seigneurie se composait d'un premier

«t l>IO florin» pour la construction de la Bourse, sans compter ao moins WO.Wf û'mm dus annuellement pour les foKifîcations. Le 5 janvier 1561, isi vilk fui stuimthhi: à emprunter une nouvelle somme de 150.000 florins ptjur la coiiOriKtiOD de la maison de ville ei une autre somme de 500,000 llorifà* ipuur le» Uavaux des foriiûcatious. De nouveaux impôts durent être cr^ ixjur f^mnlir ce» levées. On ne réussit pas cependant à porter la n^oeCte a la liaut^-ur df^ défx^nses, ainsi que le prouve un bilan dressé pour

Taoïiée 45(i9 où le« recettes sont évaluées à livres d'Artob: U5,0i7

El ïtiâ dépenses a 531,910

Uissant un déficit annuel de livres d'Artois 86,863

\'oir Notice hittoriffue gur len impôts communaux d€ la ritte d'Anvers. par M. Kftfccu^CLii, archiviste de la province, p. 137.

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