CHAPITRE II
Sympiômes et Marche de la Scarlatine,
On ignore combien de temps le principe producteur de la scarlatinedemeure inactif chez l'individu qui l’a absorbé. L’intervalle qui s'écoule depuis le moment où il a pénétré dans l’économie jusqu’à l’époque oùil traduit sa présence au dehors par des symptômes, serait de deux jours suivant Binns, de trois selon #ithering", de cinq d’après Jo.
(4) An Account of the scarlet-fever, London, 1779, p. 61.
Frank", de sept suivant Grant et Heberden * : tandis que Bateman * le suppose de trois à cinq jours; MM. Cazenave et Schedel", de trois à six jours; MM. Guersant et Blache *, de trois à sept jours, ete. M. Gendron ‘ pense que la durée de cette période n’excède pas quatre jours. M. Hondière” la vue dans un cas dépasser ce terme; mais il ajoute qu’on ne peut rien conclure de ce fait isolé. M. Guérétin * assure qu’elle peut se prolonger douze ou quinze jours. Most * cite même une ob= servation qui semble prouver que la période d’incubation peut durer un mois. Un enfant de trois ans et sa mère, âgée de vingt-cinq ans, furent atteints de la scarlatine à leur retour d’un pays assez éloigné où sévissait cette maladie. Au bout d’un mois à dater de leur guérison complète, il se manifesta plusieurs cas de scarlatine dans le village; et, ce qui doit faire supposer que le foyer de la contagion était chez ces deux sujets, c’estque
(1) Comment. de morborum historià et curatione, Francof., 1804, p. 18. — (2) A shor: Account of a fever, etc., London, 1777, p. 565. — (3) Abrégé pratique des maladies de la peau, trad. Bertrand, 41820, p. 106. — (4) Abrégé pratique des maladies de la peau, in-8°, Paris, 1838, p.46. — (5) Dictionnaire de médecine, Paris, 1844, L XXVIN, p.173. — (6) Journal des connaissances médico-chirurg., janvier 1845. — (7) Revue médicale, 1842, t. 1, p. 174-175.— (8) Archives génér. de méd. , 1842, EL. xx, p. 284. — (9) Geschichte des Scharlachfiebers, 1826, t. 11, p. 178.
la maladie commença dans le voisinage de leur habitation.
Bateman croit avoir remarqué que la durée de l’incubation est plus longue chez les adultes que chez les enfants .
Les auteurs n’ont généralement pas noté de phénomènes pendant cette période. Cependant Alibert” prétend que les individus menacés éprouvent de la chaleur à la peau, qu'ils ont une sorte de tristesse compressive, de retirement de l’action tonique à l’intérieur, avec faiblesse de tout ce qui appartient à la vie relative. Ces symptômes, quelque peu prononcés qu'ils soient, peuvent avoir une certaine valeur en temps d’épidémie. Willan assure que ceux qui reçoivent de près les émanations des scarlatineux éprouvent une sensation cuivreuse sur la langue, et quelquefois des nausées et de la salivation , ce que Jo. Frank n'a jamais constaté. Le même auteur a avancé que, lorsqu'on examine le fond de la bouche de ceux qui ont été exposés à la contagion, on y découvre des traces d'infection plusieurs jours avant le commencement de la fièvre. L'action du virus serait indiquée par une ligne rouge foncée qui
(4) Ouvrage précité, trad. Bertrand, p.106. — (2) Monographie des dermatoses, t 1, p. 375.
S0 SYMPTOMES ET MARCILE.
s’'étendrait le long du voile du palais et de la partie inférieure de la luette.