‹ Histoire de la scarlatineChapitre 54 sur 72 · AGE, SEXE · texte numérisé non relu

AGE, SEXE

cette assertion ne doit pas être prise dans un sens trop absolu, et il ne faut pas en conclure que la gravité du pronostic soit toujours en raison directe de l’âge du sujet: car il est en général beaucoup moins grave chez l'adulte que chez le nou= veau-né et l'enfant à la mamelle'. Une proposition que je crois bien fondée, c’est que la maladie est d'autant moins grave que le sujet y était mieux prédisposé : ce qui s’applique non-seulement à l’âge, mais aussi, comme nous le verrons, au sexe et au tempérament. Ainsi, pour ce qui concerne l’âge, depuis la naissance jusqu’à trois ou quatre ans, le danger diminue avec les années, tandis qu’il augmente avec elles passé la puberté.

La scarlatine, comme nous l'avons dit en parlant de l'étiologie, est au total moins fréquente chez les hommes que chez les femmes : aussi le sexe masculin est-il en général attaqué plus violemment de cette maladie que le sexe féminin. Le chiffre de la mortalité paraît aussi différer notablement pour les deux sexes. Dans une épidémie relatée par Pfeufer, la proportion des décès a été de 1 pour les femmes et de 2 pour les hommes. Ceux-ci paraissent plus exposés aux affections inflammatoi-

(1) Guersant et Blache. Loc. cit., p.170. Heberden. Annales de Éttérature médicale étrangère, t.1y, 2€ année, p.23.

res du cerveau et aux otorrhées chroniques; celleslà seraient au contraire plus sujettes aux tumeurs glandulaires et à l’anasarque ".

CONSTITUTION, ETAT DE SANTÉ, DisPosiTIoN D'ESPRIT. — Les enfants chétifs et délicats supportent beaucoup mieux la scarlatine que les enfants robustes, pourvu que la débilité soit, pour ainsi dire, naturelle, et indépendante de toute lésion locale : car le pronostic est toujours grave chez les convalescents et lorsque l'organisme a été ébranlé par une maladie antérieure *. Il doit être réservé, a-t-on dit, chez les individus sujets aux crampes, aux congestions à la tête, aux céphalalgies, chez ceux qui ont üne disposition à l’hydrocéphalie Ÿ, qui sont affectés d’une maladie organique du cerveau, ou qui ont fait peu de temps avant l'invasion de la maladie une chute sur la tête”. Il serait toujours très-fâcheux, suivant Pfeufer *, chez les individus doués d’une archi-

(1) Pfeufer. Op. cit., p. 101.— (2) J. Frank, loc. cit., p.123. Zeroni, Beobachtungen gezogen aus der Epid. des Scharlachs, etc., Mannheim, 1819, p. 91; de Monchy, ete.—(3) Benedict. Geschichte des Scharlachfiebers, Leipzig, 1810, p.17. — (4) Benedict, ibidem. Méglin, Journal de médecine, chirurgie et pharmacie, de Leroux, Corvisart, etc., t. xxII1, p. 324. — (5) Op. cit., p. 103.

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