CHAPITRE IX
Pronostic.
« La scarlatine grave, disait Plenciz', mérite bien le nom de maligne : car elle semble se plaire à tromper toutes les espérances , à déjouer toutes les prévisions. » Il est, en effet, peu de maladies dont la marche soit aussi capricieuse, les symptômes aussi variables, le caractère aussi insidieux. Telle scarlatine, bénigne au début, revêt tout-à-
(4) Fractalus de scarlatinà, Vienne, 1762, p. 173,
coup la forme la plus terrible, et brave tous les efforts de l’art. Le cas le plus simple, le plus ré gulier, peut, sous l'influence de circonstances imprévues et le plus souvent inappréciables, se compliquer de la manière la plus fâcheuse. La convalescence elle-même n’est pas une garantie de sécurité : car une affection secondaire peut en quelques jours, et même en quelques heures, entrainer le malade au tombeau. Le pronostic de la scarlatine doit donc être toujours réservé. Néanmoins, en faisant abstraction des accidents éven— tuels, 1l existe certaines considérations sur les= quelles on peut le baser d’une manière générale : ces considérations, que nous allons passer en revue, se tirent de l’âge, du sexe, de la constitution, du climat, des localités, etc.
AGE, SEXE. — Lomnius' a dit avec raison, en parlant des exanthèmes : « Magis expositi exan- » thematibus sunt infantes atque pueri ; seniores » rarissimè et non nisi summo periculo ita ægro- » tant. » Les enfants supportent, en effet, beaucoup mieux la scarlatine que les adultes ?. Mais
(1) Med. observ., lib. 2. — ‘2) Navier, Plenciz, Rosen de Rosenstein, Reich, Cappel, Robert de Langres, ele.