‹ Histoire de la scarlatineChapitre 56 sur 72 · SAISONS · texte numérisé non relu

SAISONS

quoique Struve ‘ prétende avoir remarqué qu’elle est ordinairement moins grave chez ces derniers que chez les individus d’une classe plus élevée. Il faut en rechercher la cause dans de mauvaises conditions hygiéniques, dans le défaut de soins, et dans la mal-propreté de la peau, qui imprime souvent à la maladie un caractère anormal.

Saisons, CLimats, LocariTés. — L'influence des saisons sur la marche et la gravité de la scarlatine a été diversement appréciée. Pfeufer * prétend que c’est vers les équinoxes et pendant la canicule que cette maladie a le plus de tendance à revêtir une forme maligne. Coventry assure également avoir remarqué qu’elle est plus grave pendant la canicule qu’à toute autre époque de l’année. Suivant Cappel”, la scarlatine serait ordinaire= ment plus bénigne au printemps ou en automne que dans les autres saisons, et c’est pendant les chaleurs de l’été ou les froids rigoureux de l'hiver qu'elle offrirait le plus de danger. Host° dit, au

(4) Vom Scharlachfieber, Leipzig, 1802, p.10. — (2) Loc. cit., P. 98. —-(3) Disserlatio de scarlatinà cynanchicà, Edinburgh, 1783, p- 28. — (4) Loc. cit., p.154. — (5) Geschichle des Scharlachfiebers, 1826, t.r1, S$ 82, 114, 117, elc.

contraire, qu’un froid vif et sec amende la ma ladie. Un point sur lequel presque tous les auteurs sont du reste d'accord, c’est que les épidémies sont surtout meurtrières par une température humide et variable.

Quant aux climats, la scarlatine, selon M. Guersant, serait beaucoup plus grave dans le Nord que dans le Midi. Most" soutient la proposition contraire : & Cette maladie est plus meurtrière dans » les pays chauds, où elle s'accompagne fréquem- » ment d’'angine gangréneuse, que dans les -ré- » gions septentrionales, où elle revêt généralement » un caractère inflammatoire. » J. Frank ?, qui a pratiqué la médecine en Russie, en Allemagne et en Italie, n’a pas remarqué que le climat exerçàt quelque influence sur l'issue de la maladie.

La scarlatine est surtout à redouter dans les grandes villes et dans les habitations mal-saines. À Paris, pendant l'épidémie de mars 1789, les enfants traités à la Salpêtrière furent tous guéris, et ceux de la Pitié, qu’on transporta à l’'Hôtel-Dieu, y moururent presque tous *.

(1) Gesch. des Scharl., Leipzig, 1826, t1, p.135. —(2) Op. cit., trad. franc., t.11, p.123. — (3) Chambon. Traité des maladies des femmes, etc., t.11, p. 260.

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