‹ Histoire de la scarlatineChapitre 57 sur 72 · ORIGINE · texte numérisé non relu

ORIGINE

ORIGINE DE LA MaraDte. — D'après #’endt, la scarlatine spontanée a plus de gravité et une marche plus rapide que celle qui a été transmise par voie de contagion. Lorsque plusieurs enfants d’une même famille sont atteints de la maladie, toutes choses égales d’ailleurs, ce sont les pre miers affectés qui sont le plus violemment attaqués. Les enfants qui ont recu le principe contagieux d’un adulte seraient, suivant le même auteur, pris moins violemment que les adultes qui ont été infectés par des enfants: ce qui n’est pas généralement admis. M. Janin de Saint-Just note, en effet, comme une chose digne de remarque et difficile à expliquer, que tous les virus contagieux paraissent avoir d'autant plus d’activité que l’individu dont ils émanent, qui les a élaborés pour ainsi dire, était plus âgé que celui qui s’y est exposé. Underwood * a fait une remarque analogue : Les adultes, dit-il, prennent assez rarement la scarlatine lorsqu'une épidémie sévit parmi les enfants; mais, en revanche, quand elle attaque d’abord les adultes et qu'elle passe à des individus

(1) Die Kinderkrankheiïten systematisch dargestellt. Breslau, 1835. — (2) Dictionnaire de médecine en 60 volumes, t.L, p. 132. — (3) Traité des maladies des enfants, Paris et Montpellier, 1823, p. 398.

moins âgés, elle en affecte un très-grand nombre, et cause une grande mortalité.

Du reste, un individu atteint d’une scarlatine très-orave peut communiquer une scarlatine bénigne, et réciproquement, le principe morbipare rencontrant dans l'organisme une foule de circonstances diverses qui modifient son évolution. « Plus, meà opinione, refert in quale corpus infundatur quäm de quali eximatur pestilentiæ vis, » disait Head’. — Pinel” cite une observation trèscurieuse sous ce rapport: Un jeune homme de quinze ans, affecté d’une scarlatine des plus VIiO— lentes, avec complication de fièvre gastrique, la communiqua à deux personnes de service, dont l’une eut un abcès à l’amygdale gauche; la mère du jeune homme eut une simple éruption scarlatine à la poitrine, avec affection très-légère de la gorge. Son instituteur eut en même temps un mouvement fébrile qui dura deux jours, avec gène de la déglutition, mais sans exanthème. De ses trois frères, lun fut atteint de la maladie, avec abcès de l’amygdale droite; le second fut affecté d’une manière différente; et le troisième succomba au bout de quatre jours à une scarlatine ataxique.

{) De Variolis et Morbillis, cap. 5, &. 1. — (2) Nosographie philosophique , 6° édit., 1818, t. 11, p. 75,

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