‹ Histoire de la scarlatineChapitre 63 sur 72 · HYGIÉNIQUE · texte numérisé non relu

HYGIÉNIQUE

spacieuse, assez éclairée, libre de tout courant d'air, et dont la température soit uniforme le jour et la nuit. La chaleur est au degré convenable, suivant fiosen de Rosenstein, lorsqu'en agitant vite un éventail, on sent à peine une légère fraicheur. Mais on conçoit que cette manière d’apprécier la température d’un appartement est très-im. parfaite, et qu’il vaut beaucoup mieux avoir

recours aux indications thermométriques. La température de 14° Réaumur paraît la plus convenable dans la scarlatine bénigne. Cependant les sujets chétifs, convalescents, lymphatiques, devront être tenus un peu plus chaudement. Les couvertures ne seront ni trop légères ni trop épaisses; on préfèrera les oreillers et les matelas de crin à ceux de plume. On tranquillisera le malade. et on évitera tout ce qui pourrait l’affecter désagréablement : les émotions tristes, dit Reil, suffisent quelquefois pour abattre les forces au point d’empècher l’éruption ou de donner à la maladie un caractère putride ou malin.

Nous avons vu que l’exposition prématurée du malade à l’air froid ou frais était la cause principale du développement de l’anasarque scarlatineuse. Mais quelle doit être la durée de la réclusion ? et à quelle époque peut-on permettre au convalescent de s’exposer au grand air, sans

crainte de voir survenir ce redoutable accident? Il ya, à cet égard, dissidence entre les auteurs. Selon Zfeister, 11 suffit que le malade garde la chambre pendant quelques jours après sa guérison. Rosen recommande de le tenir renfermé pendant trois semaines à dater de sa convalescence. M. Priou' pense qu’une réclusion de dix à douze jours est suffisante lorsque la maladie a été bénigne et que le temps est chaud. Vieusseux * impose des précautions beaucoup plus rigoureuses. &« Dans les temps froids, ou seulement frais, on ne doit pas permettre de sortir avant six semaines à compter de la fin de la fièvre. Les premières sorties doivent se borner à de courtes promenades pendant le temps chaud du jour, en évitant les endroits froids ou frais exposés au vent. En hiver, il faut non-seulement garder la chambre pendant six semaines, mais même ne point passer dans une chambre plus froide. On à vu l’anasarque survenir parce que des enfants s'étaient tenus un peu long-temps auprès d’une fenêtre fermée, où Pair était plus froid que dans le reste de la chambre, » MHéglin® reproduit les préceptes de ’ieus-

(1) Journal général de médecine, juillet 1826, t. xcr de la nouvelle série. — (2) Méum. sur l’Anasarque, etc. Recueil périodique de la Soc. de méd. de Paris , {. vr, p.108. — (3) Journal de médecine, chirurgie et pharmacie, elc., janvier 1811, t. XXI, p. 36.

Page 1