TRAITEMENT HYGIÉNIQUE
L'hygiène des maladies éruptives a été longtemps dominée par une pratique incendiaire, à laquelle le brownisme a donné une nouvelle impulsion au commencement de ce siècle, et dont la doctrine physiologique n’a pas complètement triomphé : c’est celle de traïter les maladies dont il s’agit par un régime échauffant.
Des praticiens célèbres se sont élevés, à toutes
les époques, contre ce préjugé qui veut que l'on surcharge de couvertures les scarlatineux, et qu’on les gorge de boissons stimulantes. « Satis habeo, disait Sydenham", ut æger à carnibus in solidum abstineat et à liquoribus spirituosis quibuscunque, tüm ut neque usquam foràs prodeat, neque se perpetim lecto affigat. Lectis continenter incarcerati et cardiacis vel aliis remediis nimis doctè tractati sæpe nullà aliä de causà quàm ob nimiam medici diligentiam moriuntur. » Boerhave ?, Gorter *, Juncker”, Storch®, Quarin”‘, etc., tiennent le même langage. € Abstinendum à remediis sudorificis vel nimiis stragulis, dit ce dernier, quia et inde benignus morbus in periculosum et lethalem facilè vertitur. » M. Hondière assure avoir vu bien des fois cette mauvaise routine augmenter la fièvre, rendre plus intense une soif déjà insupportable, et aggraver des symptômes cérébraux qui se seraient bien certainement dissipés sans médication active.
Le malade sera donc placé dans une chambre
(1) Opera medica, Genevæ, 1736, L. 1, p.162. — (2) Aphorism., ed. quinta, $ 723, p. 160.—(3) Praxis med., t. 11, p. 196.— (4) Conspectus medicinæ , Halæ, 1730, p. 607. — (5) Theoretischer und praktischer Tractat vom Scharlachfieber, Gotha, 1741, p. 247. — (6) Method. med. febr., p.147. Traité des fièvres, etc., trad. d'Emonnot, Paris, an vtr, t.1, p. 193.