‹ Histoire de la science politiqueChapitre 10 sur 71 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

la trahison : elle peut donc convenir aux peuples commeaux cours ; et, dans ce sens, le terrorisme luimême est machiavélisme.

A l'extrémité opposée se rencontre une doctrine que j'appellerai le platonisme, du nom de celui qui Fa le plus illustrée. Cette doctrine subordonne absolument la politique à la morale, établit que la vertu est la fin de l'État comme de l'individu, se propose pour modèle le gouvernement de Lacédémone, et remet le gouvernement entre les mains des sages et des philosophes. Tels sont les traits généraux et constants de la politique de Platon dans ses deux plus grands ouvrages, la République et les Lois. Mais il y a, dans ces deux applications d'une même politique, une difiérence capitale. Dans la République^ la vertu est obtenue sans le secours des lois, et par le seul moyen de l'éducation. Dans les Lois^ au contraire, la vertu est l'œuvre du législateur, l'effet de la surveillance de l'État, en un mot, de la contrainte. De là deux sortes de platonisme : le platonisme chimérique, qui se plaît dans la contemplation d'un état impossible, confond la politique avec la pédagogie, et croit à la toute-puissance et à l'infaillibilité de la science ; le platonisme despotique, qui, moins confiant dans la perfection des hommes, ne recule pas devant les moyens ordinaires de la politique, et se propose pour fin de rendre les hommes heureux et vertueux, sans les consulter, qu'ils'y consentent ou non, par l'autorité de l'État.

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