XII INTRODUCTION
manité. J'avoue que l'intervention de l'État dans le gouvernement des mœurs a pu avoir quelquefois, dans l'antiquité par exemple, de salutaires effets ; je ne méconnais pas ce qu'eut de grand et d'utile l'institution de la censure dans la république romaine; personne ne voudrait retrancher de l'histoire l'austère et noble figure de Caton le Censeur : cette institution peut encore être jusliflée, comme un reste du système patriarcal par lequel les républiques ont dû commencer, et où le père de famille avait à la fois le gouvernement et l'éducation, l'autorité politique et la correction morale. Enfin, il faut ajouter que le censeur n'avait à Rome aucun pouvoir par lui-même, et que son autorité était simplement morale. Il n'en est pas moins vrai que la censure des mœurs, prise en soi, est une institution fausse, et qu'elle est étrangère à la vraie destinée de l'État.
>• Cependant, le platonisme despotique, tel que nous
venons de le décrire, â sa beauté et sa grandeur.; mais il peut dégénérer encore, et devient alors ce que j'appellerai le faux platonisme, afin que le divin Platon ne paraisse en rien responsable de cette déplorable dépravation de ses principes. Le faux platonisme est un fanatisme hypocrite, qui, pour établir ce qu'il appelle arbitrairement la vertu, dans les États, ne craint pas d'employer tous les moyens et de violer toutes les lois de la justice et de l'humanité. Je ne parle pas du fanatisme religieux, qui a beaucoup de rapport avec celui-là, mais de cette fo-