G8 SUR LES SCULPTURES *U PARTHÉNON
sans doute une loi pour l’archéologue, comme pour tout écrivain qui discute des faits, mais qu’on reconnut si rarement dans les prédécesseurs de celui-ci ; celte élégante simplicité, cette grâce naturelle, enfin, qui ornent tous ses étrils, sans qu’il paraisse s’en être occupé : on y retrouvera, en un mot, l’auteur du Musée Pio-Clémentin, de l’Iconographie grecque et romaine, et de l’explication de la plus grande partie des antiques du Musée français.
Important pour l’Angleterre, puisqu’il doit contribuer à l’illustration des objets les plus précieux du Musée britannique, cet ouvrage peut avoir bientôt pour la France un intérêt particulier. Sa Majesté a ordonné en dernier lieu l'acquisition d’un des basreliefs en marbre des Métopes du Parlhénon, qui appartenait à M. de Cboiseul-Gouffier. Nous possédons déjà, au Musée royal, un fragment important, aussi en marbre, de la frise de la cella, et dans les dépôts du Musée, dit des Monuments français, un nombre considérable de plâtres moulés sur la même frise ; d’autres plâtres, qui font suite à ceux-là, ont aussi été acquis par ordre du roi à la vente de M. de Cboiseul-Gouffier ; on nous flatte que notre gouvernement ne lardera pas à obtenir des plâtres moulés sur les figures en ronde-bosse des deux frontons du même monument, et l’on assure enfin que tous ces plâtres doivent être réunis dans des salles qui seront ajoutées à celles de notre Musée royal des Antiques. Si ce beau projet s'exécute, comme la munificence du roi et le zèle éclairé de monsieur le directeur général des Musées doivent le faire espérer, l’ouvrage de M. Visconti acquerra une nouvelle importance, en facilitant l’intelligence de tant de curieux monuments.
Cet écrit se lie encore à d’autres faits que nous ne saurions passer entièrement sous silence. Quoique nous n’ayons eu pour objet que de donner une idée du travail de 51. Viscouti, et de faire connaître les principales opinions émises jusqu’à ce jour sur les marbres du Parthénon, nous ne terminerons point l'analyse d’un deS derniers écrits du savant que nous avons perdu, sans rappeler les honneurs que l’Italie, sa patrie, a rendus à sa mé-
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moire, et l’estime qu’elle a témoignée particulièrement pour cette dernière production.
A peine la nouvelle de la mort de M. Visconli a été parvenue à Rome, que le 5 mars dernier, l'Académie d’Archéologie s'est réunie dans une séance publique, extraordinaire, pour y entendre son éloge prononcé par M. G. Glierardo de Rossi, correspondant de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut royal de France. Vers e milieu du même mois, les artistes composant l'Académie de Saint-Luc ont tenu pareillement une séance extraordinaire dans une des salles de l'ancien collège de l’Apollinara, disposée à cet effet, et un discours y a été prononcé en présence d’une nombreuse assemblée, composée des personnages les plus distingués de Rome. Le 26 juillet dernier, une réunion libre de littérateurs, d’artistes et de savants, a tenu encore une séance publique à Bologne, dans le même objet, et un littérateur distingué, M. Strocchi, y a prononcé, devant un concours nombreux d’auditeurs, l'éloge de notre illustre antiquaire.
Déjà l’on a commencé, en Italie, trois éditions des OEuvres complètes de M. Fisconti. Ces éditions, accompagnées de gravures au simple trait, ne sauraient offrir le mérite des éditions » originales; elles ne peuvent rivaliser notamment avec celle de l’Iconographie grecque et romaine, qui a été imprimée par M. Didot l’aîné, et qui est accompagnée de gravures exécutées au burin avec le plus grand soin, et souvent d’un travail très-précieux; mais le concours de ces trois éditions, entreprises dans le même moment, est un hommage éclatant rendu au mérite de l’auteur, en même temps qu'il atteste l’amour constant de l’Italie pour l’élude des antiquités.
A la tête du premier volume du Musée Pio-Clémentin, publié à Milan, par M.' Giegler, se trouve une notice historique sur M. Visconti, composée par M. Labus, et dans celte notice est inséré un éloge de M. Visconti, en forme d’inscription, par le savant et respectable Morelli, l’auteur de l’excellent Traité sur le Style des Inscriptions latines. Nous aurions voulu faire connaître cette inscription dans son entier, mais l’espace nous man •
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que. L’histoire de la vie de M. Viscouti, les sujets de ses ouvrages, le tableau de ses qualités morales, y sont retracés avec autant de précision que de brièveté et de goût. Nous n’en citerons qu’un seul passage, qui se rapporte à notre sujet : Prorexit . Ennii . gloriam . ea . Britannorum . scnttntia . qua . unus . arbiicr . oplalus . est . qui . adquisila . monutnenla . ipsurum . dijudicaret . pretiumque . singulorum . ediceret.
Toutes ces circonstances inspireront, sans doute, aux amis des arts le désir de connaître l’écrit de M. Viscouti, dont nous n’avons présenté qu’une faible esquisse. Nous pouvons dire avec satisfaction, qu’au jugement de l’Italie comme de l'Angleterre, cette dernière production a ajouté de nouveaux titres à la gloire du savant qui a fait faire un si,grand pas à la science de l'archéologie.