SI
autant ou plus qu’il eusl oneques à autre... Je vous asseure, Madame, que vous aurez un des plus grands chiefs d’œuvre qu’il fit oneques en sa vie... » Des œuvres que fit Colomb pour la ville de Tours, on ne connaît qu’une staVae de saint Maur et un grand bas-relief du Trépassement de Notre-Dame. Ces deux ouvrages ont probablement péri ; je n'ai pu en retrouver la trace.
» Colomb avait, pour compagnons de ses travaux, ses trois neveux *< ouvriers en perfection : l’un , en taille d’ymaigerie, l’autre, en architecture et maçonnerie, » le troisième en l’art d’enluminer. Le tailleur d’images se nommait Guillaume Régnault; l’architecte, Bastyen François; l’enlumineur, François Coulombe. Régnault travailla, quarante ans, avec son oncle, « en toutes grandes besoignes, petites et moyennes... » Michel Colomb eut aussi , « pour disciple et serviteur, » pendant dixhuit ou vingt ans, Jehan de Chartes.
» ... Il n’y avait pas plus de deux ans, à l’époque ou Lemaire vint à Tours , que Colomb, dont le talent ne vieillissait point, avait terminé le mausolée de Nantes... et dont il envoya « un pourtrait » à l’archiduchesse. Pour prouver que sa main n’avait pas faibli et qu’il était encore capable, <« à l’aide de Dieu, de faire un chief d’œuvre, » il tailla lui-même « ung visaije de saincte Marguerite » en albâtre de Saint-Lothain-lès-Poligny; il chargea son neveu Guillaume dé le polir et de le mettre en œuvre, et en fit un « petit présent à Marguerite d’Autriche, la priant de le recevoir en gré.
» Mais la mort vint arrêter les maîtres de Tours, au commencement de leurs nouveaux travaux. Jean Lemaire écrit de Blois, le 14 mai 1512, que « François Coulombe, neveu du bon maître, est allé à Dieu. » Or, les expressions de sa lettre donnent à penser que Michel Colomb était lui-même mort récemment, sans avoir achevé tous les patrons. On ignore absolument jusqu’à quel point l’ouvrage se trouvait avancé, et si les artistes chargés de l’exécution des tombeaux de Brou ont suivi en rien les dessins du maître de Tours. »
D’après la date et les termes employés dans la rédaction du « marché fait par madame (Marguerite d’Autriche) avec maistre Conrad Meyt, tailleur d’ymages, ce jourd’huy Xli II d’avril anno XXVI (1526), après Pasques, » (ce marché est imprimé dans les Ann. archéol ., t. 1er p. 94), on peut supposer que Conrad Meyt fut seulement chargé d’exécuter en marbre ou en albâtre les grandes statues des tombeaux de Brou, d’après les
ET observations. 313
(( patrons (modèles) en terre cuite » faits à Tours, et les statues dont les « patrons » seraient restés imparfaits, par la mort de Michel Colomb, furent probablement terminés par maître Loys van Beuglien, «commis par madite dame à la conduite de l’édiftice de Brouz. » Pourquoi, après tant d’empressement, aurait-on attendu quatorze ans pour s’occuper des statues, quand, seize ans auparavant, l’archiduchesse était si pressée de les avoir, qu’elle avait, en quelque sorte, transformé son historiographe, Jean Lemaire, en agent artistique, chargé de suivre l’état d’avancement des « patrons » de l’illustre sculpteur? Les modèles étaient donc faits.
Page 155, ligne 3. Conrad Meyt, tailleur d’images, était d’origine suisse ; il demeurait à Malines, à l’époque du marché faitavec Marguerite d’Autriche, le « xxim® d’avril l’an XXVI. » Il a exécuté en entier la statue représentant le duc Philibert le Beau, mort; il a terminé celle qui le représente vivant, après qu’elle eut été ébauchée par Gilles Vambelli. Les six génies, autour de la statue de Philibert, sont faits par deux sculpteurs : Benoit de Serins a exécuté les deux génies, placés à la tête, et celui qui soutient le casque; Iionoffre Campitoglio est l’auteur des trois autres. Ces six statues sont presque nues et ont environ 0,75e de proportion. Thomas Meyt, frère de Conrad, a sculpté les deux génies en marbre placés aux pieds de la statue de Marguerite d’Autriche représentée vivante. Dans les Analecies historiques , de M. Le Glay, on trouve deux lettres de Jean Perreal (surnommé Jean de Paris), peintre de Louis XII et de Marguerite d’Autriche; il aurait travaillé aux dessins des tombeaux de l’église de Brou, avec les neveux de Michel Coulomb. Amé le Picard, Amé Carré et Jean Rolin ont exécuté la plupart des statues en pierre du jubé de la chapelle de Marguerite d’Autriche, dans l’église de Brou.
Page 160, après la ligne 5. Dans les Comptes du château de Gaillon (p. cxxiv), M. A. Deville fait cette remarque : « Antoine » Juste était-il de cette même École de Tours? Est-ce un père, » un parent de Jean Juste, de cette ville? Jean et Anthoine, par » confusion ou double emploi de prénoms, ne seraient-ils pas » un seul et même artiste? » Antoine Juste, dans les comptes de Gaillon, est qualifié de : « Fleurenlin, faiseur d’ymages. » Je suppose que celle qualilication pourrait bien ne rappeler qu’un séjour de quelques années d’étude passées à Florence.
Pendant les deux années 1508 et 1509 , il lut chargé de nombreux travaux à Gaillon, et cependant la récapitulation, faite
n or*, s
par M. Deville, des sommes touchées par Anthoine ne forme qu’un total de 4471, chiffre bien faible, si on le compare avec les honoraires des autres artistes. Faul-il déduire de ce fait, |avec M. Deville (p. cxxv), que son talent était inférieur à celui de ses confrères, ou du moins « était jugé tel par ceux qui l’employaient?» Je crois qu’Antoine était surtout chargé des ornements et Jtas animaux. Les Comptes ne spécifient qu’une seule fois ses ouvrages : « A maislre Anthoine Ju>l, pour Je parpaiemenl de la Bataille de bennes, d'un grant levrier, d’une grande teste de serf, de la pourtraiture de Monseigneur et d’un enfant, oultie IIe 1 par lui receuz, comme il appert pu” les parties et quictance, quai ente livres tournois, pour ce, cy, XL1, * L zRalaide de Geuncs était un grand bas-relief en marbre, lequel fut terminé avant le 25 août 1 5o 8 , parce que, ce jour-là, Jehan Fauart, peintre à Amboise, passe un marché pour le rehausser d’or et de couleurs. Ordinairement, quand il s’agit de notre artiste, on emploie ces mots : « pour ouvrages de son mestier. » Cependant, il a beaucoup travaillé dans la chapelle de Gaillon, du lt,f novembre 1508 au 2 3 octobre 1509, et les comptes n’indiquent que des sommes minimes, dont le total est : « 11e llllxx XYllIs xs, » Si Anthoine Juste eut exécuté des statues pour la chapelle, elles seraient désignées dans les comptes; d’où je conclus qu’il fut surtout chargé des ornements du château et de la chapelle de Gaillon. Je finis celle note, en affirmant qu’il était le propre frère de Jean Juste, de Tours.
M. Félix Bourquelot , ancien élève de l’Ecole des Charles, dans Patrice (ch. XXVII, colonne 2213), nomme, après Jean Juste, un « Juste de J ust, chargé, en 1530, de faire pour le roi une statue d’Hercule et une statue de Léda. » M. Bouiquelot ne dit pas d’où vient ce renseignement ; je le cite, pour appeler l’attention des savants sur l’imagier Juste de Just. Dans les Comptes , on lit une fois : « A Anthoine de Juste. » Mais il ne faut peut-être pas plus faire attention à cette particule, qu’à la qualification de : « Fleurentin», qu’on ne trouve aussi qu’une seule mis dans ces mêmes Comptes cl dépenses du château de Gaillon.
Xous plaçons ici Laurent de Muguxo, sculpteur de Milan, parce qu’il a exécuté trois statues pour Gaillon. Dans les Comptes , on lit que « trois personnages de marbre » furent envoyés de Milan à Gaillon, au commencement de 1509 ; la dernière quittance aux charretiers est « du XXVe lévrier Ve et huit» (25 février 1 509). La tète de la quittance est ainsi : « Les poriraiclures du roy, de M. le légal et de M. le grant maistre. » Le roy était Louis XII; le légat était le cardinal Georges d’Amboise, pre-
mier du nom ; et le grant maistre était son neveu, Charles d’Amboise. Cette statue de Louis XII fut exécutée en albâtre. C’était primitivement une statue à mi-corps, ordonnée par le cardinal pour son château de Gaillon, où elle figurait parmi les statues des douze Césars. En 1 793, elle se trouvait encore à Gaillon; la tête, qu’on avait brisée à cette époque, fut refaite par Pierre Beauvallet , pour Alexandre Lenoir, qui exposa celte belle statue au Musée des Monuments fiança s, n° 446 ; transportée au Louvre, d’où elle fut enlevée pour le Musée historique de Versailles ; elle est enfin revenue au Louvre, depuis peu de temps, dans la salle de la Sculpture de la Renaissance. Sur le bord inférieur delà cuirasse, on lit : mediolanensis. lavrencins.
DE MÜG1ANO. OPVS. FECIT. 1 508.
Voici quelques notes sur les artistes de Rouen, au sujet desquels nous devons les meil'eurs renseignements à M. A. Deville, conservateur du Musée d’antiquités à Rouen. Jacques Leroux, architecte de la cathédra'e, demandait, le 8 février 1508, au chapitre la permission de se démettre de ses fonctions, à raison de sa débilité et de sa vieillesse. Il présenta, auilit chapitre, son neveu Roullant Leroux, qui fut accepté comme son successeur. Le 27 mars 1510, on déposait, avec l’autorisation du chapitre, les restes mortels de Jacques Leroux, sous le dallage de la grande nef, près de l’orgue. En 1508, Roullant Leroux quitta, il est vrai pour peu de temps, les travaux du grand portail, pour faire démolir, par ordre de Louis XII, les échoppes qui défiguraient les murs extérieurs de la nef, depuis la tour de Beurre jusqu’au portail de la Calande. La première pierre de la porte centrale de la façade (achevée vers 1530) fut posée le 18 juin 1509. Le chapitre demandait à Roullant Leroux, le 17 mai 1509, un plan de détails, un papier ou parchemin pourtraité et figuré de la forme de l’ouvrage , et, le 1er août, le chapitre l’avait réprimandé du retard qu’il metlairà produire ce dessin; mais, le même jour, il dépose deux plans en parchemin, l’un grand et l’autre petit.
A la porte de la façade, dont il fut l’architecte, Roullant Leroux avait sculpté quelques statues en pierre.
Comme le dit une note de l’éditeur, au bas de la page 141, Georges d’Amboise, deuxièmedu nom, chargea Roullant Leroux, du monument de son onde, le cardinal Georges d’Amboise, premier du nom : le plan de ce tombeau avait été fait en 1516, et la première pierre posée en 1520 ; le monument fut achevé dans l’espace de cinq ans.
Roullant Leroux avait été nommé architecte du Palais de jus-
tice de Rouen, mais, M. A. Deville n’ose affirmer qq’il ait pris part à sa construction. « Roullant Leroux, vieux et malade, » dit M. A. Deville, « pressentant sa lin prochaine, supplia, le 3 février 1527, le chapitre de transmettre sa charge d’architecte à son gendre, Julien Chennevière; » quelques jours après, Roullant rendait le dernier soupir.
Tierre Desaubeaulx, sculpteur, né à Rouen, fut probablement le chef des sculpteurs du tombeau de Georges d’Amboise ; il recevait trois fois la somme qu’on donnait aux autres artistes : vingt sols par jour pour lui et son serviteur. Il ne travailla à ce monument, qu’une seule année. Il avait exécuté, avant ce tombeau, de 1513 ou 1514 à 1520, plusieurs des grandes statues qui ornent le portail de la façade de la cathédrale, et le grand bas-relief du tympan de la voussure, représentant l’arbre généalogique de Jessé. Ce remarquable travail lui avait été payé 500 livres, environ 10,000 francs de notre temps.
Le nom de notre artiste est écrit, (p. 53) dans la Revue des architectes de la cathédrale de Rouen , par M. A. Deville : Desobeaulx ; Mans les comptes de dépenses de l’église Saint- Gervais et Saint-Protais, à Gisors, publiés par M. le comte Léon de Laborde (Ann. Archéol ., t. IX, p. 151), il est écrit : Pierre des Aubeaux. Il paraîtrait, d’après une mention faite dans ces Comptes, qu’il travaillait, eu 1513, pour l’église de Gisors; voici cette mention : « De Pierre des Aubeaux, raaistre tailleur d’ymaiges, demeurant à Rouen, duqel est faict recepte au chapitre des Amortisses...., n’a esté aucune chose receu, pour cecy, par le marché que ledit des Aubeaux a avec messiers (es gouverneurs. »
Voici les noms des autres sculpteurs chargés des statues du portail élevé par Roullant Leroux : Jean Tiieroulde, Pierre Dulis, Richard Leroux, Nicolas Quesnel, Denis Lerebours et IIance de Bony ou Jehan de Bony. M. Deville nous apprend que IIance de Bony faisait partie de la corporation des imagiers de Rouen , et qu’après avoir achevé des travaux à Gaillon, il travailla, en 1 5 1 1 , à la cathédrale, oùil fit, au grand portail, deux statues qu’on y voit encore, lesquelles lui furent payées 22 livres 10 sols chaque (Comptes manuscr. delà Fabrique, cités dans les Comptes de Gaillon, p.cxx), Ace grand portail, il y avait deux cents soixante et une statues petites ou grandes. Les grandes étaient payées depuis 22 livres 10 sols jusqu’à 55 livres 10 sols pièce; les moyennes, 4 livres, et les petites, 10 sols. IIance de Bony est cité quatre fois, dit M. Deville, dans les Comptes de Gaillon (p. cxix) ; la première, en juillet 1508, « pour avoir fait un
saint Jehan pour asseoir au pavillon du jardin, au prix de 12 livres, » (p. 310); la seconde, en août de la même année, « pour avoir fait ung monstre, une melusine, des anges de boiz, » payés 24 livres (p. 31 1); la troisième fois, en avril 1509, «pour quinze testes de serf de boiz », payées 18 livres (p. 357), qui furent placées dans la galerie basse allant de la tour au portail du jardin; enfin, le 20 du même mois, « pour avoir fait la façon du saint Georges qui sera assiz sur la grant viz, » moyennant la somme de 20 livres (p. 403). Cette ligure avait été fondue en bronze.
M. le comte Léon de Laborde, dans les « Comptes (t dépenses de i'église Saint-Gervais et Saint-Protais » [Ann. Archéol ., t. IX, p. 160 etsuiv.), nous signale quelques artistes architectes-sculpteurs qui nous étaient encore inconnus. Voici toute une même famille, probablement née à Gisors, élevée dans le monument même auquel ou la voit se consacrer, pendant quatrevingts ans, avec tout le zèle qu’au moyen âge on mettait au service de l’Église. Vers 1520, Robert Grappin, « maislre maçon et ymagier, » travaillait sous la direction de Robert Jumel, « maislre maçon, » au portail latéral du nord. En 1521, il exécutait les sept grandes statues qui remplissent encore aujourd’hui une série de niches, au haut du portail nord ; ce fait est certifié par la mention suivante : « Item a esté paié à maistre Robert Grappin , maislre maçon de l’œuvrage de ladite église, sur et tant rnoings de la somme de 2 0 livres tournois, par marché à luy faict, pour faire tous les ymaiges qui conviendra faire au dernier et plus haut estaige du portail neul, pour ce XIII livres X sols. » En 1524, il « faict X1III ymages duporlail neuf, » et en 1525, il compte, « parmy ses aydes, ung Jacques Grappin, qui reçoit 3 sols par jour. » En 1547, Robert Grappin ligure dans les Comptes, en même temps que Jacques et Jehan Grappin.
Jehan Grappin était fils de maislre Robert. Depuis 1539, et probablement jusqu’à ce qu’il fut nommé « maistre masson, conducteur de l’œuvre d’icelle église, » vers 154 7 ; il paraît surtout chargé de travaux de statuaire; mais, depuis 15 47,- ses occupations sont celles d’un architecte en chef, jusqu’en 1580 : à « partir du 15 may » de cette année-là, son nom fait place à celui de Bogue! , maçon, qui était en second sous ses ordres. Cependant, on lit encore : « Le 27 février 1583, à maislre Jehan Grappin, C*. », ainsi qu’en 1598 « 16 mars, à Jehan Grappin, maistre maçon, et à Roguet, pour leur peine et pierre qu’il a convenu pour racoustrer le pilier du pupitre. » Ce puis.
pitre avait été fait par lui, de 1570 à 1572, et il reçut alors la somme de 735 livres pour ce travail, qui devait être orné d’un grand nombre de figures.
Dans les mêmes Comptes, depuis 1536, on lit : « Il a esté paié à Nycoullas Coulle, ymaginier, douze ymages en fasson d’apostres, avesque l’ymage de Nostre-Signieur, posées à la tour de ladite église, estant de VIII à neuf piés de hauteur chacun ymage, au pris de 1111 livres X sols la piesse, valent la somme de LVIH livres X sols. » Il exécute aussi, pour la même tour « les Sept Vertuz, avesques sept autres ymages. » En 1538, notre artiste travaille à la journée avec les maçons, et en 1540, « faict ung ymage qui a esté mis sur le grant portail de ladite église auprès de la tour qui fait l'amortissement ; » et en 1552, 1553 et 1654, il exécute « les ymaiges des Trois Marie, mises entor la tour neufve et portail de ladite église. »
Pierre du Fresnov, « ymaginier, » à Beauvais, reçoit, les 16 juillet et 22 septembre 1585, deux à-compte pour l’exécution de la contretable de la chapelle du Rosaire, dans l’église Saint- Protais et Saint-Gervais; ce bas-relief a environ 9 mètres de haut et « n’est dépassé, dit M. Léon de Laborde, que par sa médiocrité. »
Nous terminerons celle liste des artistes de Gisors par les noms de deux sculpteurs en bois. Philippe Fortin avait fait, pendant les années 1566-67, « deux portes neufves pour le grant portail; » et en 1578, le 9 septembre, « pour le buffet des orgues, » il reçoit 900 livres. Quant à l’autre sculpteur en bois, on lit dans les Comptes (art. 220), « 16 septembre 1584, à Nicollas le Pelletier, sur son marché de la closture du cœur, XXX livres, » et en 1 585. il fait un marché « pour les sièges de l’église. »
M. le baron de Girardot, conseiller de préfecture à Bourges, a publié un Compte des dépenses faites à l’occasion de l’entrée à Bourges, en 1 493, de la reine Anne de Bretagne; on y lit : « A Guillaume l’ymaigier, pour une journée, V sols. » Guillaumb l’vmaigier était de Bourges. Voici que M. Deville trouve, dans les Comptes du château de Gaillon (p. ccc), ce Guillaume de Bourges, et dit : « Cet artiste devait être originaire de la ville de Bourges, ainsi que l’indique son nom. Nous n’hésitons pas cependant à le ranger parmi les artistes Rouennais. En effet, il faisait nominativement, partie de la corporation des peintres et tailleurs d'ymages de Rouen. Il est cité trois fois dans les Comptes de Gaillon, et, à ces trois articles, il est qualifié d 'ymagicr *
l®«PourlV médailles de bois au pris de XXVI 1® pièce, et pour V pelitsenfants au pris de II8 VId pièce, parquictance du XXIXe janvier mil Ve etsept, VI1 Vld. — 2° De dix livres onze sols tournois de reste et parpaye d’avoir fait XLII médailles, parquictance du XXe may Ve et huit, XI1 XI8. — 3e Pour trois ymages de pierre à mectre sur la chapelle, par quictance du IXe aoust Ve neuf, XV1. »
Page 162, après la dernière ligne, ajoutez aux artistes déjà nommés les noms des suivants. On lit dans le Registre manuscrit des chapitres généraux de la cathédrale d’Amiens : « Quant aux sculptures et histoires des scellettes ( stalles ), le marché en fut fait à part, avec Antoine Avernier, tailleur d’images à Amiens, moyennant 32 sols la pièce. » Toute la boiserie et les deux faces latérales furent exécutées sous la conduite et la direction de Jean Türpin ; son nom se lit sur une des stalles, suivi de : « Dieu te pourvoie. » Une autre stalle, portant la date de 1508, fut exécutée par Alexandre Huet et Arnoult Boullin, maistres menuisiers à Amiens : le premier lit le côté droit, et le second, le côté gauche. Cet ouvrage avait été commencé le 3 juillet (508, et achevé le 24 juin 1522. Ua totalité de la dépense s’élève à 1 1,230 livres 5 sols.
Jean Rupin avait travaillé aux sculptures de ces mêmes stalles, de 1 508 à 1519, et il y mit son portrait.
Henri Vogtiierr, originaire de Wimpfen, peintre, sculpteur et musicien, s’établit à Strasbourg, et y fut reçu bourgeois en 1526 (Buil. Archêol ., t. IV, p. 566). Cet artiste est auteur d’un chant protestant, en allemand, intitulé: « Un nouveau Chant évangélique , bon à chanter comme consolation par tous les chrétiens en toute espèce d’adversités, tiré des saintes Ecritures, en l’année où l’on comptait 1526 ans. Fait par Henri Voglherr, peintre et bourgeois à Strasbourg; imprimé à Augsbourg, par Pierre Kornman, en l’année 1526. »
Le protestantisme ayant déclaré la guerre à toute œuvre d’art, les peintres et les sculpteurs de Strasbourg en 1525, prièrent le magistrat de celle ville de les admettre aux emplois vacants, de préférence à tous autres, « vu que la parole de Dieu les prive de leurs métiers ou professions. » (Bull. Archêol. , t. IV, p. 566.)
Nicolas de Haguenau, sculpteur, avait fait en 1501 l’ancien grand autel de la cathédrale de Strasbourg.
Jehan Blotin avait sculpté en bois les statues et les bas-reliefs du grand autel de l’abbaye de Vauluys'-A (arrond. de Sens),
pendant la durée de l’administration de l’abbé Antoine-Pierre (1502 à 1549).
Falaise, de Paris (j’en doute beaucoup; il est présumable qu’il était Normand), vivait en 1522* Il a exécuté les cinquantequatre stalles historiées de la collégiale de Campeaux.
Jacques Lefèvre, de Caen, fit, en 1 588 et 1589, les stalles du chœur de la cathédrale de Caen.
Voici encore un sculpteur en bois, travaillant en Italie; Jean Barille, d’origine française, sculptait à Home, sous la direction de Raphaël, les portes et autres boiseries du Vatican.
Huguet ou Hugues Sambin, sculpteur et architecte, né à Dijon, vivait encore en 1581, élève de Michel- Ange. A Dijon, où il travailla comme statuaire, on voit encore le bas-relief du tympan de la porte centrale de l’église de Saint-Michel, représentant le Jugement dernier. Cet ouvrage est signé : Hugues Sambin fecit ; mais, une quittance, conservée aux archives de la Côte-d’Or, est signée : Huguet Sambin (Voy. la description de celte étrange composition dans le Bull. Archéol ., t. III, p. 129.)
Denis Soürisseau, « maistre ymagier» à Poitiers, en 1562. D’après un renseignement communiqué à M. Didron [Ann. Archéol., t. XI, p. 372) par M. l’abbé X. Barbier, on lirait en- . pore sur les murs du château de la Chapelle-Bellouin, près Loudun (Vienne), les dates de 1551, 1558 et 1575, et en caractères du seizième siècle : Symon Delavot, dont le prénom est séparé du nom par un arbre fleuri.
Dans le cimetière de Montfermy (Puy-de-Dôme), il y a une croix en pierre sculptée, de quatre mètres de haut, portant le millésime de MIL Ve XXXVI, et l’inscription suivante, sur trois autres faces de pied : Fut faite par messire Bounet Burdeix.
Dans une note adressée aux Annales archéologiques , de M. Didron, M. Quantin, le savant archiviste d’Auxerre, dit qu’une délibération du chapitre de cette ville, en 1551, porte «que certains lalhomi faisant grossièrement une statue de saint Christophe, M® Balleur, chanoine, qui faisait exécuter cette statue, est invité à y mettre des ouvriers plus habiles. » On voit plus loin que l’ouvrier incapable s’appelait maître Imbert. Un tailleur de pierre, portant ce nom, travaillait à la cathédrale de Sens, un peu avant cette époque.
Baslien Van der Van-Hue, tailleur d’images, demeurant à Valenciennes, fait un marché, en 155 3, dans la ville d’Arras, pour l’achèvement d’un tombeau commencé « par delfunt maistre Eustace Bauduin, tailleur d’images. » Dans l’église de Notre- Dame, à Saint-Omer, on voit encore, à l’entrée de la chapelle de
Saint-Jean-l’Evangéliste, Yex-volo de Syderack de Lallaing, représentant les trois enfants dans la fournaise, parce que l’un de ces saints enfants portait le nom du défunt chanoine et doyen de Notre-Dame ; les deux autres se nommaient Misac et Abdenago. Ce bas-relief est en albâtre, ainsi que son encadrement et son couronnement; le reste est en pierre; le tout offre une composition charmante, exécutée, en 1 53 4, par Georges Monnover, « tailleur d’ymaiges. »
A Nancy, vers la fin du seizième siècle, Drouin s’est fait remarquer par les statues de saint Georges et du cardinal de Vaudemont, mort à Nancy en 1587.
Page 169, après la ligne 16. Nous ajouterons peu de chose aux lignes consacrées à Jean Goujon par M. Einéric David ; nous nous bornerons à quelques renseignements historiques. Ce grand artiste est probablement né, vers 1510, à Alençon, ce qui expliquerait suffisamment la tradition qui lui attribue un ouvrage placé dans l’église Saint-Gervais et Saint-Protais, à Gisors, représentant un moribond tout amaigri, dont l’inscription est terminée par : « Je fus mis en ce lieu l’an 1526. » Je pense que cette sculpture pourrait bien être son premier travail ; Gisors était une partie de la Normandie, et Jean Goujon n’était-il pas Normand ? Alençon dépendait de la Basse-Normandie. La tradition, conservant un fait non politique pendant plusieurs siècles, n’équivaut-elle pas à un fait authentique bien prouvé? Cependant, je rencontre un savant contradicteur, M. le comte Léon de Laborde [Ann. Archêol. , t. IX, p. 328) : ce qui semble surtout l’empêcher d’attribuer cet ouvrage à Jean Goujon, « c’est la vulgarité de cette œuvre en opposition avec le beau talent de notre grand artiste. » Mais, vingtcinq ans plus tard, cette appréciation eut été plus vraie : en 1551, Jean Goujon terminait la fontaine des Nymphes, aujourd’hui dans le milieu du marché des Innocents. Cette belle sculpture, en effet, n’est rien moins que vulgaire, et je dirai même, avecM. Gustave Planche : « La réalité a perdu tout ce qui la déparait, gagné tout » ce qui lui manquait; interprétée par le génie, elle a conquis » l’immortalité. » [Revue des Deux-Mondes , 15 juillet 1850.) Jean Goujon, comme beaucoup d’autres, n’était pas venu au monde avec ce « beau talent ; » n’oublions pas qu’il ne pouvait alors avoir que seize à dix-sept ans ; du reste, il a beaucoup travaillé en Normandie, surtout à Rouen, jusqu’en 154 2 : cette Jivême année, il reçoit le prix de son dernier ouvrage dans cette v^e, avant de se rendre à Paris pour la première fois. La preuve en est dans le compte des dépenses du tombeau de Georges d’Amboise, pour l’exécution de la teste de Georges d’Amboise II,
que celui-ci avait commandée , avant son élévation à la dignité de cardinal ; « Année 154 1-1542, Jean Goujon, tailleur de » pierre et masson, pour faire la teste du prians et sépulture » de Monseigneur, et pour parfaire et asseoir icelle en sa place où » elle doibt demeurer, par le marché du VIe avril et par ses » quittances, XXX L8. » (M. Deville, Tomb. de la cathéd. de Rouen y p. 97.) Le 18 mai 1542 , il recevait à Paris « la somme de dix escus d’or soleil, » à valoir sur les sculptures qu'il exécutait pour la décoration du jubé de Saint-Germain l’Auxerrois, dont l’architecture était de Pierre Lescot, abbé de Clagny. [Journal des Débats , 12 mars 1850, article de M. Léon de Laborde.) Les ouvrages qu’il exécutait pour Saint-Germain l’Auxerrois sont placés aujourd’hui au Louvre, dans le Musée de la sculpture de la Renaissance. Ils représentent « une Nostre-Dame-de- Pilié et quatre évangélistes à demye taille. »
Dans les notes de sa traduction des a Tableaux de plate peinture, » de Philoslrate, Biaise de Vigenère (édit, de 1614 et suivantes) dit que Jean Goujon exécutait ses cariatides « sur le » crayon de la main dudit sieur de Clany ; si fort esloit, pour ce » regard, le naturel en ce personnage de bonne maison. » Ce sieur de Clany était Pierre Lescot, le célèbre architecte. On a dit déjà plusieurs fois que Jean Goujon était élève de Nicolas Quesnel, sculpteur, né à Rouen, auteur de la statue en plomb de la Sainte- Vierge, faite en 1 540 (dont la façon avait été payée vingt livres) pour le faîte de la chapelle de la cathédrale de Rouen. Avant cette époque, Quesnel travaillait à l’église de Saint-Maclou de Rouen, sous la direction de Jean Goujon, d’où j’en conclus qu’il aidait notre grand artiste, mais qu’il n’avait jamais été son maître. Comme architecte, nous devons à Jean Goujon l’architecture de la fontaine des Nymphes et l’hôtel de Carnavalet, à Paris ; probablement l’architecture du tombeau de Louis de Brézé, à Rouen, et toutes les figures dessinées pour la traduction de Vitruve, faite par Ian Martin pour le roi Henri II. Jean Goujon y a joint la description de ses planches, et cette partie de l’ouvrage n’est pas la moins intéressante. Ce Vitruve a plusieurs éditions: la première est de 1 547, la deuxième de 1 552, et la troisième de 1572, in-folio de 351 pages, imprimé à Paris, par Hierosme de Marnef et Guillaume Cavellat.
Rien, jusqu’à présent, ne prouve que Jean Goujon ait été calviniste, et cependant, depuis longtemps, tout le monde le croit, parce que ce grand artiste, en elfet, a été tué le jour de la Saint- Barthélemy ? Niais ce fait ne suflirait pas pour prouver que Jean Goujon, qui travaillait pour les églises catholiques, fût huguenot;
aux jours d’émeute, les vengeances particulières ne s’exercent-elles pas impunément? Dans le très-remarquable article de M. Gustave Planche, déjà cité, on lit, page 302 : « Quoiqu’une tradition gé- » néralement acceptée place la mort de Jean Goujon dans la cour » du Louvre, M. Gallet a forme que Jean Goujon fut tué le jour » de la Saint-Barlhclemy, non pas au Louvre, mais à l'hôtel du » comte de Poitou, dans la rue qui s’appelle aujourd'hui rue de » la Harpe, dont il décorait la cour intérieure, et que les meur- » Iriers étaient conduits par un compagnon nommé Phédeau, que » Jean Goujon avait congédié pour quelque méfait. »
Page 170, après la ligne 21, ajoutez : Pierre Bontemps, demeurait rue « Sainte-Catherine, » à Paris, en 1555. Cette même année, il faisait, pour la cheminée de la chambre du roi, à Fontainebleau, un bas-relief en marbre représentant les quatre saisons; le marché, passé pour ce travail, est daté du 1 2 août i 555, et la quittance pour solde, dont le total est 4 1 l livres, est datée du 26 avril 1556.
Pierre Bigoigne, Jean de Bourges et Bastion Galles, ont tous les trois travaillé aux ornements du tombeau de François 1er sous la direction de Pierre Bontemps. On conserve la quittance pour le solde de ces travaux ; elle est datée du 28 février i 555.
Page 171, après la ligne 14, ajoutez : Germain Pilon, « sculpy> teur ordinaire du roy et controleur général sur les fabriques de » ses monnoyes, bourgeois de Paris ; » il a pris ces titres dans un marché du 17 janvier 1580, que l’on conserve aux Archives du Cher; ce marché était passé, pour une pierre sépulcrale, « avec Guillaume Pot , seigneur de Rodes ; » la quittance du solde, pour ce travail, est du 3 janvier 1 585. {Bull. Arche ol.t t. II, p. 24 3). — M. Albert Lenoir, auteur de la remarquable « Slatistique monumentale de Paris , montrait, en 1 8 4 3 , au Comité des Arts et Monuments, un dessin sur parchemin, attribué, par le savant Alexandre Lenoir, son père, à Germain Piion; représentant le tombeau élevé, par ordre de Henri 111, a la mémoire de Sainl-Mégrin. Ce tombeau, autrefois placé dans l’ancienne église de Saint-Paul, où il est resté quelques années seulement, fut entièrement détruit un jour d’émeute. Feu Alexandre Lenoir en a publié une gravure (Musée des Monuments français , t. III, p. 5)6, n° 4 56 bis). Derrière ce dessin, on lit : « Parraphé » par les notaires soubs signez ne vaïielar , suyvant le marché » passé entre madame de Chasse (?) et Germain l'idon, par « devantlesdiis notaires, cemercredy i 8ejour de may, l’an 1 588.» (Bull. Archëol t. 11, p. 575.) — Germain Pillon avait reçu,
pour le tombeau de Henri II, la somme de 3,172 livres 4 sols; ses « ouvriès besognans à gages » recevaient 1 5 livres par mois, et « le conducteur de ladite sépulture » recevait par mois 20 livres 1 6 sols 8 deniers, somme considérable pour le temps ; ce conducteur des travaux se nommait : François Lerambekt.
Fage 172, ajoutez après le renvoi, à la note 1 : On conserve, de François Briot, au Musée de l’hôtel de Cluny, à Paris, une aiguière en étain (n° 1 36 4). Au dos du bassin, se trouve le portrait de l’auteur, avec la légende : Sculpebal Francisais Briot. Les belles et très-regrettables collections Didier-Petit et Debruge- Dumenil, n09 453 et 970, possédaient deux aiguières en étain, véritables chefs-d’œuvre de l'orfèvrerie française au seizième siècle. Dans la collection Didier-Petit, on voyait une aiguière (n° 4 54) portant la marque de l’auteur : G. F., dans les ornements. Dans la même collection (n° 455), il y avait une aiguière en étain, imitation de Briot ; le bassin portait le médaillon et la marque de l’auteur, avec l iuscription : Sculpebal GasparENDE KLEIN.
Page 1 76, après la ligne 7, ajoutez : Jacques Bachot était né en Lorraine, mais il avait demeuré à Troyes pendant dix ans, de 1 495 à 1 505. Le fait est démontré par le compte des dépenses, déposé aux archives de la Haute-Marne, du 1er octobre 1 4 95 au 2 décembre 1504, faites pour les tombeaux des Guise à Joinville, approuvé et signé de la main de Henri de Lorraine, évêque de Metz. Jacques Bachot a sculpté tous les marbres du tombeau de Henri de Lorraine et celui, non moins riche, élevé à la mémoire de Ferry II de Lorraine, seigneur de Joinville, et d’Yolande d’Anjou, reine de Sicile, sa femme, inhumés dans la même chapelle du château de Joinville. La statue du prélat, revêtu de ses habits pontificaux et agenouillé sur sa tombe, avait été faite par Henrion Costerel. Les marbres de ces tombeaux et la statue en bronze furent saccagés en 1793 ; le bronze fut fondu la même année, li était tout simple, même convenable, que l’évêque de Metz, originaire de Lorraine, confiât l’exécution de ces deux monuments a des artistes lorrains. On comprend qu’Arnoul Vivien, secrétaire de Henri de Lorraine et chanoine de Tours, chargé du compte des dépenses, ait fait résider près de lui, à Troyes, les deux artistes pendant la durée des travaux.
Ajoutons ici les noms de quelques artistes de Troyes ; citons d’abord Jean Gailde, sculpteur et architecte, qu’on lâche encore de faire passer pour Italien; cc nom est cependant connu dans plusieurs parties de l’ancienne Champagne. Gailde gagnait 5 sols, 6 sols, et jusqu’à 7 sols 6 deniers tournois par jour, en travail-
tant ru jubé de l’église Sainte -Madeleine de Troyes. Il dirigeait toute l’œuvre et sculptait lui-même; ses élèves ou serviteurs étaient François Matray, Hugues Bailly, Martin de Vaux, Nicolas Mauvoisin et Jean Brisset, qui tous devinrent des artistes remarquables. Ce jubé avait été commencé en 1503, Yambon • fut achevé en 1514; trois années furent employées à construire les arcades qui l’accompagnent. Maître Jean Gailde en sculpta lui-même tous les ornements; puis, en 1517, il en retoucha quelques parties, et ce jubé fut inauguré à la Noël de cette même année. (Arch. hist. de l'Aube, par M. Vallet de Viriville, p. 312.) De 1511 à 1512, Nicolas Havelin sculptait « les troys ymaiges en rondeaulx du devant du jubé. »
Le 4 janvier 1549 (1550), Rinuccini (Dominique) passe un marché devant notaires: « Dominique Renouce (Rinuccini), dict » Florentin, et Gabriel Le Fandreau, son gendre, demourans à » Troyes, » d’une part, et l’église Saint-Etienne, de l’autre, pour « faire et parfaire, » avant Pasques de l’an 1551, « un jubé en » pierre de Tonnerre..., moyennant la somme de 8 1 0 livres tour- » nois, payables 50 livres comptant, et le reste au feur et à mex sure de la confection. » Le chapitre fournissait tous les matériaux. La statuaire est ainsi décrite dans le marché : « Les ymages » de Foy et de Charité, et sur le frontdespice ung Cruciliment,
» avec les ymages de Notre-Dame et saint Jehan... ; plus, quatre » ystoires de M. saint Eslienne, à demi-taille. » [Arch. de V Aube, p. 126.) Dans l'église Saint-Jean, il avait fait une statue du patron, pour le maître-autel. Gabriel Noblet y avait travaillé pour la même église, pendant les années 1571 et 72.
Jacques Millon, sculpteur en bois, ornemaniste d’un grand talent, avait fait marché, le 15 janvier 1550, avec le chapitre de Saint-Etienne de Troyes, pour présider à la confection et à l’installation de l’orgue. Il avait, quelques années auparavant, fait la menuiserie et les ornements de l’autel de l’abbaye de Vauluysant (arrond. de Sens).
Page 180, après la ligne 10, ajoutez : Ce monument, élevé à Jeanne d’Arc (voy. la descript., p. 127 de ce volume), fut transporté en 17 45, du pont, menaçant ruine, sur lequel il était placé, dans un hangar de la Maison commune, où il fut oublié pendant vingt-six ans; en 1771, il avait été mis à l’angle des rues Rovale et de la Vieille- Poterie. Mais, le 2 3 août. 1792, la section Saint- Fictor de la ville d’Orléans demande sa destruction; h conseil -général refuse, pour céder quelques jours plus tard (le 21 septembre suivant). Les statues furent fondues pour faire des canons»
‘Ji*
Pierre et François l’HGureux, sculpteurs tous le règne de Henri IV, probablement élèves de Barthélémy Prieur. On leur attribue les Renommées, sculptées des deux côtés de l’arcade du pavillon du jardin de l’Infante, au Louvre; mais Sauvai dit qu’elles sont de Barthélémy Prieur. Plusloin, Sauvai dit qu’ils ont sculpté, au milieu des attributs de la marine, des enfants ou génies, se jouant avec des monstres marins, dans la première partie de l’ancienne galerie du Louvre, qui longe la Seine et touche au pavillon du jardin de l’Infante
Paris, — Typ, Walder, rue Bonaparte, 44*