Heuzey, ovxr. cité, pi. 12, fig
2. La statue de Lyon, trouvée à Marseille, a été signalée et publiée pour la première fois par F. Lenormant, qui en a reconnu les véritables caractères; Gaz. arch., 1876, pi. XXI, p. 133. M. H. Bazin l'a étudiée à nouveau, dans un mémoire dont les conclusions sont justes, malgré certaines hypothèses contestables : l'Aphrodite marszillaUe <hi Musée de Lyon, Paris, Leroux, 1886.
Pourtant ces faiblesses, que nous signalons surtout comme un trait de physionomie, ne doivent pas nous faire oublier les qualités. L'art de la Grèce asiatique est déjà singulièrement vivace, et possède la force d'expansion, qui dénote un art jeune et robuste. Faut-il rappeler qu'à Chypre, dès le sixième siècle, son influence est assez puissante pour supplanter celle de l'Assyrie et de l'Egypte? C'est grâce au voisinage de l'Ionie que les sculpteurs chypriotes, réagissant contre le style égypto-phénicien, commencent à diminuer dans leurs statues l'ampleur des hautes coiffures orientales, à faire sourire les visages, à suivre docilement les principes de style adoptés par l'école grecque ' . Depuis les travaux de M. Heuzey 2, personne n'ignore comment la Phénicie ellemême se laisse gagner à la séduction de l'art grec naissant; comment ses ateliers de coroplastes, subissant ce que le savant archéologue a appelé l'action en retour de l'art nouveau, empruntent les types et les formes de l'archaïsme grec. Encore quelques années, et l'art ionien étendra plus loin encore sa zone de rayonnement. La Perse se fera à son tour l'élève des Ioniens ; ses sculpteurs apprendront d'eux à mieux faire sentir le corps sous le vêtement, à disposer avec plus d'élégance les plis d'une longue tunique. Entre les bas-reliefs d'Ephèse et les archers de la célèbre frise émaillée de Suse, il y a non pas une analogie fortuite, mais une filiation directe.
1. Voir Perrot et Chipiez, But. de Vint, t. III, p. 53(i et suivantes.
2. Catalogue des figurines antiques de terre enite du musée du Louvre, p. 84-85.