‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 160 sur 280 · Percy Gardner, Types o/greeh coins, pi. XV, n · texte numérisé non relu

Percy Gardner, Types o/greeh coins, pi. XV, n

:!. Muller-Wieseler, DenkmaéUr der alten Kunst, I, n" 20.

4. Ces répliques sont énumérées par Rayet , Études d'archéologie et d'art, p. 164. Cf. Overbeck. ouvr.citi, pp. 21-25. Beulé, Histoire de l'art grec avant Périclis, p, 421-427.

D I D YM E e entronze trouvée à. Rombmo ( Musée duLoi

est une imitation assez grossière de la statue de Kanakhos. Une statuette du British Muséum, le bronze Payne-Knight, nous rend bien la pose, la forme de la chevelure, l'attribut de la main droite, le geste du bras gauche ; mais le style, un peu mou, accuse une date beaucoup plus récente que celle de l'original, et ne saurait nous donner une idée exacte du talent de l'artiste (fig. 156)'.

On éprouve un sentiment tout différent, en examinant l'admirable bronze du Louvre trouvé à Piombino, eu Toscane, et reproduit ci-joint en héliogravure (planche V)2. Ici, nous sommes en présence d'une œuvre vraiment archaïque, à peine postérieure de quelques années à l'Apollon Didyméen, et s'y rattachant par d'étroites analogies de type et d'attitude. C'est d'ailleurs une copie librement faite que nous offre le bronze du Louvre; on s'en aperçoit à la disposition de la chevelure qui , au lieu de s'étaler en boucles sur les épaules, comme le montrent les monnaies, est ra massée sur la nuque, et se termine en une sorte de catogan attaché par une rosette. Mais l'attitude est bien celle de l'Apollon des Branchides ; on restitue sans peine le faon sur la main droite, et l'arc sur la main gauche. Quant au style, Rayet l'a apprécié en des termes excellents : « La poitrine est saillante et modelée largement, le ventre est maigre et plat; les jambes sont sèches et nerveuses, la musculature en est vigoureusement indiquée ; les hommes que l'ar-

Fig. 156. —Apollon Payne-Knight.

Statuette de bronze du British Muséum. Hauteur, environ 0"Y-0-

1. Spécimens of anc. sculpture, I, pi. 12. Rayet et Thomas. Milet, pi. 28, 2. Overbeck, ouït, cili ' , p. .M, fig. 5.

2. Longpérier, Catalogne des bronzes du Louvre, n° G!>. Rayet et Thomas, Milet, pi. 29. Brunn, Denkmaeler, n° 78.

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tiste avait sous les yeux vivaient au grand air, peinaient beaucoup et mangeaient sobrement. »' Ajoutez que l'exécution trahit au plus haut degré cette précision sévère où l'on reconnaît la marque des bronziers péloponnésiens. Les genoux bien nettoyés, les pieds aux phalanges longues et nettement détachées, sont des morceaux qui révèlent une étude savante ; le travail de la chevelure, le rendu des boucles frisées sur le front, sont d'une rare perfection. Enfin l'artiste avait mis un singulier raffinement à égayer ç^i et là, par des notes plus claires, la couleur sombre du bronze; il avait incrusté de cuivre rouge les sourcils, les lèvres, les mamelons des seins; enchâssé dans l'orbite des yeux, aujourd'hui vide, un globe en argent ou en pierre précieuse, et coulé en lettres d'argent l'inscription votive dont on distingue encore sur le pied gauche les deux derniers mots : A0ANAIAI AEKATAN « dîme offerte à Athéna » 2. Ces procédés d'incrustation , employés déjà par Klécetas dans sa statue de l'Acropole, le dialecte dorien de l'inscription, nous autorisent à chercher du côté de Sicyone l'auteur de la statue de Piombino. Rien île plus légitime que d'y voir une réplique libre de l'Apollon Didyméen , exécutée vers la fin du sixième siècle, c'est-à-dire au temps de Kanakhos, et peut-être par un de ses élèves.

L'Apollon des Branchides avait un frère jumeau. A Thèbes, l'Apollon Isménien lui ressemblait exactement pour la pose, pour la grandeur, pour les attributs ; seulement il était en bois de cèdre. C'était l'unique différence, car, au dire de Pausanias, pour qui avait vu l'une des statues et en connaissait l'auteur, il était facile de désigner l'autre comme une œuvre de Kanakhos \ S'agit-il d'une simple copie ou d'un original sculpté en bois par le maître de Sicyone? Nous l'ignorons. Tout au moins il ressort de là que son influence rayonnait jusqu'eu Béotie '. Ce fait se trouve confirmé d'une manière très inattendue par une découverte faite au temple d'Apollon Ptoos. En fouil-

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