‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 17 sur 280 · B corr. hellén., 188G, pi. I · texte numérisé non relu

B corr. hellén., 188G, pi. I

2. Maspero, l'Archéologie égyptienne, p. 310, cf. Montelius, Bronsaldern in Egypten, 1888, fig. 1.

gnards. Mais out-ils été directement importés d'Egypte, ou liien sontils l'œuvre d'artistes qui auraient imité des modèles égyptiens? Nous adoptons cette seconde hypothèse, et nous reconnaissons volontiers ici des produits de l'industrie phénicienne. M. G. Perrot remarque justement que le style n'a pas une franche saveur égyptienne : il a plutôt le caractère d'une interprétation. Suivant toute vraisemblance, ces armes de prix, apportées parle commerce sur la côte de l'Argolide, sont sorties des ateliers sidoniens'. Leur caractère égyptisant ne doit pas nous surprendre : c'est le temps où la Phénicie, rattachée à l'Egypte par un lien de vassalité, s'inspire des arts de la vallée du Xil dans ses productions industrielles.

PANTHÈRES l HASSAKT DES CANARDS.

FiG. 9. — Lame de poignard incrustée, trouvée dans le cinquième toniheau.

(Musée du Polytechneion, Athènes.)

Voici d'ailleurs d'autres pièces qui trahissent l'application des procédés de placage empruntés à l'Egypte par les orfèvres de la Syrie. In gobelet en argent, sur la panse duquel est répétée trois fois une corbeille de fleurs en placage d'or, rappelle de tous points la technique des poignards. M. Koehler y voit une œuvre phénicienne 2. Môme emploi du placage de l'or sur l'argent dans une superhe tète de taureau qui mérite une place d'honneur parmi les trouvailles de Mycènes (fig. 10) \ La tète est en argent, les cornes en or, le mufle, les oreilles, et la rosace qui étoile le front, sont recouverts d'une feuille d'or. Par

1. Des poignards du même style, trouvés à Théra, et conservés! Copenhague, paraissent être également des produits phéniciens. Mémoires des Antiquaires du Nord, 1880, pi. VIII. p. 316. MM. Loeschcke et Furtwaengler ont cependant proposé d'y reconnaître, ainsi que dans les armes de Mycènes, des produits de l'industrie indigène du Péloponnèse : Mykemsche Vasen, p. XXV.

2. Koehler, Miitheil. Athen, VIII. 1889, p. X-'k pi. I. C'est le vase qui porte le n° 348 dans .l/'/c 'nés. Le travail de placage a été découvert à la suite d'un nettoyage.

:;. Schliemann, Mycènes, pp. 296-297, fig. 327-328.

la largeur du style, par les mérites de l'exécution, cette pièce soutient la comparaison avec les types d'animaux les plus achevés de l'art oriental ; elle n'est pas inférieure à la tête de vache en bronze rapportée de Bagdad par M. Rassam , et conservée au British Muséum'.

Si l'on était tenté de contester ici l'influence de l'art phénicien, il suffirait de jeter les yeux sur les peintures du tombeau de Rekhmara, l'intendant de Touthmès III 2 : parmi les objets apportés en tribut au Pharaon par les Kéfas , c'est-à-dire par les Phéniciens, figure une tête de taureau tout à fait semblable avec le même type, les mêmes cornes allongées et redressées'1.

C'est aussi à l'art phénicien êgyptisan t que nous sommes tenté d'attribuer les modèles de curieux cachets d'or gravés en creux, découverts dans les tombes de l'acropole ''. Sur l'un d'eux est repré-

^-fï!

Fie.;. 10. — Tète de taureau eu argent, avec corues d'or. Trouvée dans le quatrième tombeau.

(Schliemann, Mycines, fig. 327-328.)

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