Bulletin de eorri'sp. Jielh'n., 1880, pi. II
SCULPTORE GRECQUE. — T. I. 4
de lances et de boucliers échancrés ou rectangulaires, sont aux prises avec un lion qui bondit vers eux ; le fauve a renversé un des chasseurs et
tient tête aux autres, tandis que dans la partie la plus étroite du champ, deux lions détalent à toute vitesse. Sur le revers, est figuré un lion dévorant une gazelle, et mettant en fuite le reste du troupeau. A voir le costume des personnages , leur armement, l'allongement excessif du corps des animaux, on songe tout d'abord à l'art de l'Egypte. L'influence égyptienne est encore plus marquée dans le décor d'une autre lame, où l'on reconnaît sans peine un sujet très familier aux artistes des bords du Nil (fig. 9)'. Sur les rives d'un fleuve représenté par un ruban d'or pâle parsemé de poissons, deux panthères poursuivent des canards qui s'envolent à tire d'aile au milieu de bouquets de plantes fleuries, inclinées par le courant : ces plantes sont des lotus, et le fleuve n'est autre que le Nil. Le caractère de la composition, le choix du sujet, le lieu de la scène, tout cela nous transporte bien loin de la Grèce. Ajoutez que des armes semblables, offrant le même travail de#damasquinure, ont été trouvées clans le tombeau de la reine Ahhotep, femme d'un roi de la XVIIe dynastie (seizième siècle) 2 ; que l'art de travailler les métaux précieux était arrivé à sa perfection au temps des premiers Ramessides, et qu'enfin une pareille technique, si minutieuse et si délicate, dépassait sans doute l'habileté des orfèvres mycéniens : tout cela constitue des présomptions bien fortes en faveur de l'origine étrangère de ces poi-