‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 188 sur 280 · Conzc Memorie ddV Inst., II. pi. 13, p · texte numérisé non relu

Conzc Memorie ddV Inst., II. pi. 13, p

L'AItl'lIAISME AVANCE.

vivantes, les mouvements déjà très justes, et que le caractère élancé des proportions donne un grand charme d'élégance à cette œuvre où se reflète le plus pur atticisme.

Tous les bas-reliefs attiques n'ont pas cette valeur1. Mais, même dans les œuvres les plus modestes, on retrouve quelque chose de ces qualités et comme un goût inné de distinction.

Voici , par exemple , une sculpture dont le caractère industriel est évident.

C'est un bas-relief votif, trouvé sur l'Acropole, et représentant une scène d'offrande à Athéna (fig. 19G) ~. Une famille, composée des deux époux et de trois enfants, amène devant la déesse une truie destinée au sacrifice ; ces cinq personnages ont l'attitude grave et recueillie des adorants. En face d'eux , Athéna, représentée avec des proportions plus grandes, accueille leurs hommages; elle est sans armes, et porte seulement le casque, dont le haut cimier était peint sur le fond du bas-relief. Pour traduire le caractère bienveillant de la divinité qui accepte l'offrande, l'artiste n'a rien trouvé de mieux que de lui prêter l'attitude des

Flaque de bronze en relief avec dorure.

(Musée de l'Acropole. ) statues votives ; c'est avec un geste

1. Ainsi, un bas-relief trouvé sur l'Acropole, et représentant Hermès conduisant les trois Kharites dansant au son de sa flûte, est une œuvre d'une facture ronde et négligée. M. Lechat a publié ce bas-relief (Bull, decorresj). 7icllc».,Xlll, 1889, pi. XIV. p. 167), qui offre des analogies avec le bas- relief de Kara- Kouya reproduit par notre fig. 126. J'y verrais volontiers avec M. S. Beinach l'œuvre d'un artiste ionien d'Asie Mineure. (S. Beinach, Chronique d'Orient, p. COU.) On peut aussi ranger parmi les œuvres médiocres uu bas-relief de Lamptrae. montrant Héraclès luttant contre le lion de Némée. E. Eeisch, AtitlheU. Athen, XII, 1887, pi. Ht, 1.

2. Staïs, 'E?»in. àpy.., 1886, p. 179 et 272, pi. 9. Boetticber, Die AJcropolU,y\, IX. Brunn, Denkmae- Ur,iO.

d'une naïve gaucherie qu'Athéna relève les plis de son chitou ; la grave déesse se fait coquette pour agréer l'acte de dévotion des mortels.

Une grâce plus sévère, un style beaucoup plus fin recommandent à notre attention un remarquable ex-voto de bronze , qui peut prendre place parmi les bas-reliefs (fig. 197)'. Il se compose de deux plaques de bronze fondues à part, et représentant chacune la figure d'Athéna vue de profil; rajustées et réunies, elles formaient une sorte de plaquette à double face, sans épaisseur, qui pouvait se fixer sur une base. Seul, l'examen de l'original permet d'apprécier à sa valeur cette délicate œuvre d'art, où le modelé si fin est rehaussé par un travail de gravure qui détaille avec un soin exquis les boucles des cheveux et les écailles de l'égide; certaines parties, comme l'égide et le visage de la déesse, étaient dorées. Peu de monuments nous donnent mieux l'idée de ce qu'est l'atticisme dans sa première fleur de jeunesse. Le jet si élégant des draperies, les proportions élancées du corps, la pureté de contours de ces membres aux fines attaches, le type du visage qui rappelle l'Egypte avec ses yeux obliques et son profil un peu arqué, tout cela révèle le goût subtil d'une race qui semble avoir en partage le sentiment inné de la grâce.

Parmi les monuments conservés de l'ancien art attique, la sculptuie funéraire tient une large place. Mais si les stèles sculptées prédominent, nous ne devons pas oublier que ce n'était pas la seule forme usitée en Attique pour la décoration des tombeaux. Un décret de Solon, cité par Cicéron 2, mentionne deux types bien distincts de monuments funéraires; il signale d'une part les monumenta (p^ara) qui admettent des figures en ronde bosse, de l'autre les columnœ (<rr7j}.ai) où il est facile de reconnaître les stèles proprement dites. La première catégorie de monuments nous est encore assez mal connue. Toutefois, depuis que l'attention des archéologues a été éveillée sur cette question, on a pu recueillir des faits qui permettent de conclure à l'existence en Attique

1. 'Y.or^.xy/.. 1887, pi. 4; Brunn, Denimaeler, n° 81. Brunn a rapproché, sur la même planche, un bas-relief archaïque il'un puteal de Corinthe, qui montre Athéna dans 1 1 même attitude, tenant sou casque de la main gauche. Il faut sans doute restituer ainsi la âgure du relief de bronze.

'.'. Deleyib'tfi, 11.20'.

d'une statuaire funéraire fort ancienne'. Ainsi, plusieurs bases, où nous lisons lesépitaphes de Xénophantos , de Phrasikleia, d'Autilokhos, avec la signature du sculpteur parien Aristion2, supportaient certainement des statues, et offrent encore la trace des trous de scellement. On peut considérer comme provenant d'un tombeau les fragments d'une statue virile conservés au Louvre :| et qui nous font entrevoir un type analogue à la statue funéraire de Ténéa; la même hypothèse convient à une statue très mutilée trouvée près du Dipylon, et où l'on reconnaît une femme assise, analogue aux statues funéraires ioniennes de la nécropole de Milet '. Enfin, un cavalier, découvert dans la nécropole de Vari5, nous met sans aucun doute sous les yeux une de ces statues qu'on plaçait sur les tombeaux, images conventionnelles rappelant, non point les traits, mais le sexe, l'âge, et parfois les occupations du défunt. Le Musée central d'Athènes possède une curieuse base qui appartenait à un monument de cette nature, et servait de support à une sculpture en ronde bosse ; cette base, d'un type très original, a été trouvée en Attique, à Lambrika, l'ancienne Lamptrae (fig. 198) °. Taillée dans le marbre bleu de l'Hymette, à une date très voisine de 550, elle se compose d'une stèle quadrangulaire et plate, qui se termine à sa partie supérieure par une gorge et un abaque; elle présente ainsi de grandes analogies avec les bases employées pour les statues votives. Sur la gorge court un ornement en forme de godrons ; l'abaque est décoré de rosettes alternées de deux types différents. La face antérieure de la stèle et les deux côtés latéraux sont ornés de reliefs très peu saillants, très archaïques de style. Le sujet principal est l'image même du mort, en costume de cavalier, conduisant à côté de sa monture un second cheval ; sur les petits côtés, un homme mûr et deux femmes font les gestes habituels

1. Voir G. Loeschcke, Mittheil. Athen, IV. 1870. p. 290 suit. Milchhoefer, ilnd., p. G4. Furtwaengler. Coll. Sabouroff, Introduction, p. 53 et suivantes.

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