Pausanias
droite dans l'attitude de la prière ; c'était, au dire de Pausanias, un exvoto offert an Zeus d'Olympie par les Agrigentius eu souvenir d'une victoire remportée sur les Libyens et les Phéniciens qui occupaient la ville sicilienne de Motyé'. Toujours à Olympie, on voyait du même maître une Atliéna Niké, dédiée par les Mantinéens, et représentée sans ailes, à l'imitation d'un vieux xoanon d'Athènes2. Il avait fait pour Sicyone un Asclépios d'or et d'ivoire; pour les Lacédémoniens , une statue d'Hermione consacrée à Delphes, et sa réputation s'étendant jusqu'au Pont Euxin, la ville d'Apollonie du Pont lui avait demandé une statue de bronze colossale d'Apollon, enlevée plus tard par Lucullus, et placée dans un temple de Rome3.
D'autres œuvres du maître, et non des moins renommées, se trouvaient en Béotie. Il avait fait pour les ïanagréens une statue de Dionvsos en marbre de Paros : c'était la statue de culte consacrée dans le temple du dieu. Mais malgré la réputation de l'artiste, les visiteurs du temple regardaient avec plus de curiosité l'image d'un Triton décapité, à propos de laquelle les exégètes racontaient une curieuse légende4. Un jour que les femmes de Tanagra se baignaient à la mer pour se purifier, la veille des fêtes de Dionysos, elles sont attaquées par un Triton ; les nageuses épouvantées invoquent le dieu, et Dionysos vient en personne les délivrer du monstre. Or, ce Triton, nous le voyons reproduit sur une monnaie de bronze de Tanagra (fig. 205) 3 ;
1. Pausanias, V, 25, 5. Il est probable que Pausanias transcrit inexactement le nom de la ville. Celle qu'il appelle Motyé est sans doute Motykha, située sur le territoire des Agrigentins. En 451, le chef sicule Ducétios s'en empara, et l'été suivant les Agrigentins reprirent le fort de Motykha, d'où ils chassèrent la garnison laissée par lui. (Diodore, 91-92 j Silius Italiens, XIV, 268.) Il est fort possible que cet événement ait été l'occasion de la dédicace du groupe de Calamis , qui serait ainsi des dernières années du maître. Pour le type des figures qui composaient le groupe, on peut songer à une statue de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, représentant un jeune garçon dans l'attitude de la prière. Conze, Arch. Beitrage, pi. IX, p. 22. Flascb, Arch. Zeitung, 1378, pi. 1G.
2. M. Benndorf a essayé de démontrer que le modèle imité par Calamis n'était autre que la statue de culte du temple d'Athéna Niké, dont ii aurait été lui-même l'auteur. QUeber dos Cultusbild der Athena Nike; Festschrift turfiinfzigj&hrigen Grûndungs/eier des arch. Inst.in Rom, Vienne, 1879.) Voiries objections de M. C. Robert. Au< Kydathe.il, p. 184, dans lesPhilologischs Untersuchungen deUZieaslmg et Wilamowitz Jloellendorff, 1880. I.
3. Une soi-disant Alcmène doit être rayée de la liste des œuvres de Calamis. M.Beundorfa démontré qnele passage de Pline (Xnt. Hist. .3i, 71) est corrompu, et qu'il s'agit du sculpteur Alcamènes. Mémoire cité j p. 4(>, note 2.