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l'œil l'âge et la complexion des athlètes! Aussi, en étudiant de près la statue de Vaison, il est possible de reconnaître à certains indices dans le Diaduinène l'aîué du Doryphore; un fin critique a noté « le torse plus bombé en avant et plus tassé sur lui-même , des attaches plus sèches et plus nerveuses'. » Mais, en dépit de ces légères dissemblances, les deux œuvres sont pour ainsi dire jumelles, et le jeune athlète qui s'avance modestement au milieu du stade, nouant autour de son front la bandelette du vainqueur, est bien de la même famille que l'éphèbe encore novice, si fier de porter allègrement la lourde lance de guerre.
Nous sommes moins bien renseignés sur les autres statues d'athlètes exécutées par Polyclète. Vn athlète se frottant avec le strigile présentait sans doute le type repris par Lysippe dans son Apoxyomenos. De la statue du Mantinéen Kyniskos, vainqueur au pugilat des enfants, il ne reste que la base avec la dédicace, retrouvée à Olympie2. Au moins la trace laissée par les trous de scellement nous fait-elle connaître un détail digne d'attention. Le poids du corps portait sur le pied gauche, l'autre étant légèrement ramené en arrière ; et ainsi se trouve confirmée la prédilection de Polyclète pour le rythme qu'il avait mis en honneur. L'image de Kyniskos était celle d'un adolescent. On cède donc volontiers à la tentation d'en rapprocher une charmante statue du British Muséum, un jeune garçon aux formes élégantes et encore un peu grêles, inclinant la tête avec modestie, et relevant le bras droit, sans doute pour approcher de son front la bandelette du vainqueur (fi g. 255).' C'est une œuvre du meilleur style, offrant tous les caractères de l'art polyclétéen, et digne de prendre place à côté du Diaduinène.
Depuis les fouilles d'Olympie, il faut restreindre le chiffre des statues d'athlètes qu'on attribuait autrefois à Polyclète l'ancien. Une série de bases, portant la signature de Polyclète le jeune, prouvent que les statues des Olympioniques Xénoklès de Ménale, Pythoklès d'Aléa,