Hayet, Mon. de l'art antique, I, notice de la pi
2. Pausanias, VI, i, ll.Loewy, Insehr. f/riech. Bildhau?r, nn ">n.
3. Kekulé, Ueber 'lie Bronzestatue des sog. Idolino, pi. IV. Brunn, Denhmaeler, n" 16. Cf. Petersen, Aicli. Zeititng, ISiU, p. 130 et Trou, Philolog. Wockenschri/l, février 18P8. On peut en rapprocher nn torsede la collection Barracco (Kekuli-. Idolino, pi. tV) et une statue de marbre de Berlin (Furtwaen- ^'ler. Coll. Sahouroff, vignette dans le texte de la notice de la pi. VIII-XI).
Aristion d'Épidaure1, appartiennent à l'homonyme plus jeune du maître d'Argos. Une autre découverte, la trouvaille faite à Olympie d'une base de statue en forme d'osselet, nous donne la solution d'un problème souvent discuté. On ne savait trop comment expliquer le passage où Pline signale, parmi les œuvres de Polyclète, le « ni/dus talo incessens 2. » L'hypothèse la plus plausible était encore que la statue représentait un athlète nu, cherchant à renverser son adversaire d'un coup de talon (<xiccwropv£Ç<i>v) 2.
La base d'Olympie, où l'on distingue des trous de scellement pour les pieds d'une statue, nous fait comprendre le sens du mot talus : c'est la traduction latine du mot grec qui signifie un osselet (àcTpaya^o;), et le personnage de Polyclète était en
1. Pausanias,VI, 9, 2; VI, 7, 10; VI, 13, (j. Cf. pour les inscriptions des bases, Loewy, Inschr. griech. Bihlliauer, n»» 90, 91, 92. La statue d'Antipatros de Milet (Pausanias VI, 2, Ci) est aussi de Polyclète le jeune.
2. Pline, Xat. Ilist., 34, 55, « fecit et destringenteni se et nudum talo incessentem. » On sait que ce texte a donné lieu
Fie:. 255. —Jeune athlète vainqueur. Statue en marbre. -\ un curieux contre-sens, dans la restau- (British Muséum.) ration de la copie de V Apoxyomenos de
Lysippeau Vatican. Cf. notre notice dans O. Rayet, A/bn. dé Vart antique, t. II, pi. 55.
POLYCLETE. 501
réalité debout sur un osselet de grandes dimensions, emblème du hasard, des chances amenées par un caprice du sort1. On peut même aller plus loin, en admettant avec M. Benndorfque cette base est bien celle de la statue de Polyclète, et que l'artiste avait représenté une figure allégorique, le Kairos ou l'Occasion, honoré à Olympie, et célébré dans un hymne par le poète Ion de Chios. Chose curieuse : une autre statue célèbre de Lysippe, le Kairos de Sicyone, trouverait encore ici son prototype.
Polyclète semble être un des précurseurs des artistes du quatrième siècle qui traitent si volontiers le portrait. Suivant Pline, il avait fait le portrait de l'ingénieur Artémon, personnage fort connu, qui, en 440, dirigea sous les ordres de Périclès les travaux d'approche du siège de Samos. Paralysé d'une jambe, il se faisait porter en litière; de là son surnom de Pèrvphorêtos, qui suggère à Aristophane dans les Acharniens une plaisanterie d'ailleurs fort innocente. La' pièce étant de 425, Artémon est donc un contemporain de Polyclète, et il n'y a aucune raison de mettre en doute le témoignage de Pline 2. D'autres œuvres ont été quelquefois classées parmi les sujets de genre, sans qu'on puisse avec toute certitude leur prêter ce caractère. Telles sont les deux Canéphores de bronze que le Mamertin Héius montrait avec orgueil dans sa collection au temps de Cicéron; c'étaient, affirmait-il, des œuvres originales du grand maître3. L'artiste avait représenté deux jeunes filles argiennes, assistant aux sacrifices des fêtes de Héra, et soutenant de leurs bras nus des corbeilles posées sur leur tête. On admirait fort, à Rome, les deux enfants nus jouant aux dés (astragalizontes) que Titus avait fait placer dans l'atrium de son palais. Mais ne nous hâtons pas d'y reconnaître un sujet de genre. Savons-nous si l'artiste n'avait pas donné à son groupe un sens mythologique ou religieux qui nous échappe ' ?
1. Voir Benndorf, Uber eine Statue du PolgJilet, dans les Gaammelte Studien zur Kniutgetchichte, eine Festgabe znm 4 mai 1885 fur Anton Springer, Leipzig, 1885.
■'. Pline. Xat. Ilist., 3-1, 56. Voir, sur Artémon, Plutarqne, Périclit, 27. Diodore de Sicile, XII. 28. Aristophane, les Acharniens, vers 850.
3. Cicéron, In Verrem, IV, 3, 5. Cf. Otto Jahn, Arch. Zeitung, 1866, p. 254.
4. M. Percy Gardner signale sur une monnaie de Samos des enfants jouant aux dés devant la statue delà Héra samienne. Xumismatic Chronicle, 1882, p. 277, pi. XII, 8.
Polyclète avait trouvé dans le cycle héroïque le sujet de quelquesunes de ses statues. Tel était l'Héraclès tuant l'hydre de Lerne, et couvert de la peau du lion de Némée; ce bronze avait été transporté à Rome'. Un personnage prenant ses armes, désigné sous le nom peu intelligible d'Hageter, était peut-être l'image de quelque héros grec2. Mais dans cet ordre de sujets, aucune œuvre du maître n'égalait en renommée la célèbre Amazone d'Ephèse, qui fournit à Pline le sujet d'une anecdote aussi amusante que suspecte. Des artistes connus, appartenant à des générations différentes, avaient exécuté chacun pour l'Artémision d'Ephèse une statue d'Amazone : c'étaient Polyclète, Phidias, Crésilas le Cydoniate, et Phradmon. Les statues mises en place dans le sanctuaire, les Ephésiens laissent aux artistes eux-mêmes le soin de décider laquelle est la plus belle. Chacun d'eux se décerne le premier prix, mais classe au second rang la statue de Polyclète. On vit bien , ajoute Pline, à qui revenait le prix :t. De ce récit, il n'y a guère à retenir qu'un fait, à savoir la présence dans l'Artémision de statues d'Amazones, signées par différents maîtres du cinquième siècle. Celle de Phidias est mentionnée par Lucien, qui trouve surtout à y louer le dessin élégant de la nuque et de la bouche. Celle de Crésilas, nous le savons par un autre passage de Pline, était représentée avec une blessure au flanc. Sans doute ces statues rappelaient une légende locale, suivant laquelle les Amazones, poursuivies par Héraclès et par Dionysos, se seraient réfugiées dans le temple d'Artémis éphésienne1. Quant à l'épisode du jugement des artistes, on peut sans hésiter le mettre au nombre de ces historiettes qui constituaient le répertoire des exégètes, et amusaient la curiosité des touristes.
Les principaux musées européens, surtout ceux d'Italie, possèdent des statues d'Amazones où l'on reconnaît facilement des copies d'originaux célèbres, exécutés dans la seconde moitié du cinquième siècle. Il est bien séduisant d'y voir des répliques des statues éphésiennes, et de chercher à les répartir entre les maîtres dont Pline mentionne les