Pausauias, IX
2. Pausauias, 1,14, 7. Cf. Michaelis, M'Mhe'd, Athen, II, p. 2.
3. C'est l'hypothèse aurnise par M. Kekulé, Commentationea in honorem Th. Mvmmscui, p. 481.
d'un tin connaisseur tel que Lucien. L'écrivain de Samosate la qualifie de chef-d'œuvre; il la rapproche de la Sosandra de Calamis, et, de l'Aphrodite de Cnide de Praxitèle ; il y admire surtout les contours délicats de la bouche, et le beau dessin de la nuque1. Quelques mots du même auteur nous apprennent en outre que la jeune guerrière s'appuyait sur une courte lance, et ce détail a fourni à quelques érudits un argument pour reconnaître dans l'Amazone du Vatican une copie de la statue de Phidias2. Nous avons cru pouvoir écarter cette identification, et nous renonçons à trouver ailleurs que dans les textes le souvenir d'une œuvre où le maître athénien n'avait sans doute pas encore donné toute sa mesure.
Sous le gouvernement de Cimon, la réputation de Phidias est déjà faite. Nous le voyons recevoir une commande officielle, celle du groupe de Delphes ; il est donc naturel que Cimon l'associe aux travaux d'embellissement de l'Acropole, et lui confie la mission d'exécuter, aux frais du trésor public, une statue colossale, rappelant la part prise par les Athéniens à la défense de la Grèce contre les Perses. Cette statue, consacrée sur l'Acropole, est celle que Démosthènes appelle «la grande Athéna de bronze, » celle qui reçut plus tard le surnom de Promachos 3 et où il faut sans doute reconnaître la statue que Pline appelle « Cliduchus » (celle qui tient les clefs) '' ; placée en arrière des Propylées, la déesse apparaissait en effet comme la gardienne de l'enceinte sacrée de l'Acropole. On a souvent proposé d'identifier le piédestal de la Promachos avec une base en tuf qu'on voit encore en place sur l'Acropole'; la statue se serait trouvée placée à mi-chemin entre les Propylées et l'Erechthéion, et dans le prolongement de l'entrée construite par Mnésiclès. Ainsi, bien qu'élevée au temps de Cimon, et avant les travaux qui devaient, sous Périclès, modifier si profondé-