Percy Garduer, Types qf greek coins, pi. XV, fig
sur un bas-relief attique du quatrième siècle montraut une prêtresse couronnée par la Victoire que tient la déesse ', et sur un jeton de plomb d'Athènes ~. Bien plus, une monnaie de Cilicie, frappée au quatrième siècle, nous fournit un curieux exemple d'une méprise causée par la présence insolite de cette colonne; le graveur ne l'a pas comprise et l'a remplacée par un tronc d'arbre. Peut-être même est-ce bien là la colonne dont parle Plutarque, et sur laquelle Phidias avait placé sa signature 3. Voilà donc des arguments décisifs, et l'on peut affirmer qu'au Parthénon la statue de la Victoire reposait sur une colonne; sans doute Phidias avait jugé insuffisante, pour supporter un tel poids, l'armature intérieure du bras droit de la déesse, et sacrifié l'esthétique à la sécurité.
Il n'est pas douteux que l'effet général de la statue chryséléphantine ait été d'une grande richesse. Les parties nues exécutées en ivoire, les yeux en pierres précieuses, le vêtement en or, le bouclier orné de reliefs d'ivoire sur fond d'or et d'un gorgonéion en argent doré, le casque, le serpent en bronze doré, tout cela devait former un ensemble dont nous avons peine à nous figurer l'éclat. Dans quelle mesure l'éclairage du temple pouvait-il adoucir l'opposition de l'or et de l'ivoire, et atténuer le brillant de ces grandes masses métalliques? Comment, par l'emploi des ors verts ou pilles, par le patinage de l'ivoire, Phidias avait-il su éviter la monotonie et varier les nuances? Autant de questions sur lesquelles on peut discuter à l'infini, sans sortir du domaine de l'hypothèse. Nous ne savons pas davantage comment l'antiquité jugeait la Parthénos : les textes en signalent la grandeur et la richesse, mais aucun témoignage précis ne peut guider notre appréciation. Ce qui est certain, c'est que des copies multiples en attestent la renommée, et que l'art grec y reconnaissait l'expression la plus parfaite de la vierge divine.
Phidias semble avoir traité avec une prédilection particulière le
1. Au Musée de Berlin. Arch. Zeitung, L857, pi. loô. Schoene Griechischt Reliefs, p. II. Cf. Ba
<'/ der antiken Skulpturen, p. 3">.'î. n" NSI.