‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 35 sur 280 · MykenUcht Vasen, pi. XII, n · texte numérisé non relu

MykenUcht Vasen, pi. XII, n

moins d'habileté, mais avec le même sentiment naturaliste qui a poussé l'artiste à figurer les touffes de poils et les mouchetures de la robe de l'animal. D'autre part, de nombreux fragments de peintures murales, découverts à Mycènes et à Tiryntlie, attestent que Fart de peindre à fresque était connu et pratiqué par les artistes du pays ' : c'est là une nouvelle surprise, entre bien d'autres qu'ont ménagées à la science contemporaine les fouilles de Schliemann.

Résumons brièvement les conclusions auxquelles nous conduit l'étude des monuments. Nous constatons tout d'abord un développement régulier, ininterrompu, de l'art que nous ont révélé les plus anciennes tombes de Mycènes. Si les emprunts faits à l'Orient sont manifestes, si la forme des tombes à coupole et leur décoration métallique sont inspirées par des modèles asiatiques, enfin si l'art industriel mélange des motifs phéniciens et égyptiens, l'industrie mycénienne sait donner à tous ces éléments divers un réel caractère d'unité; elle les amalgame librement, et elle y met sa marque. Nous voyons se constituer en Grèce un style indigène, qui a contracté comme une physionomie personnelle, en dépit de ses origines orientales.

Pendant toute cette période, la plaine d'Argos est, à n'en pas douter, un centre industriel très actif. On y coule le verre, on y travaille les métaux précieux, on y sculpte l'ivoire. A cette activité industrielle correspond sans doute un commerce d'exportation assez étendu. Une route pavée, dont M. Steffen a reconnu les vestiges, reliait Mycènes au port de Corinthe, et ouvrait à l'industrie argienne des débouchés vers le Nord. On sait déjà que la culture mycénienne s'étend jusqu'en Thessalie. Au sud, la Laconie était aussi sa tributaire. Enfin, si l'on trouve dans les îles, jusqu'à Rhodes et en Crète, des objets semblables à ceux de Mycènes, il faut bien admettre que cette civilisation primitive avait acquis une force d'expansion remarquable.

Ces faits ne peuvent s'expliquer que si l'on admet les conclusions suivantes : 1° l'Argolide est, pour cette époque, un grand centre in-

1. Nous citerons notamment une peinture représentant trois personnages a, tête dane portant une poutre sur leurs épaules, trouvée dans le palais de Mycènes ('Ef/lll. "?'/■! 1887, pi. 10, n° 1), et une tablette de calcaire sur laquelle on voit deux femmes faisant un sacrifice devant une idole (Jbid., pi. 10, n"2). Cf. d'autres fragments, pi. 11.

dustriel, qui exporte ses produits; 2° la civilisation de Mycènes correspond à une période très étendue, qui doit se compter par siècles.

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