LES PIEBEES GRAVÉES « DES ILES
L'art de la gravure sur pierre fine n'était pas ignoré à Mycènes. Ou sait que, dès la plus haute antiquité, cet art était pratiqué en Chaldée : c'est là qu'il avait pris naissance, et les graveurs chaldéens excellaient à couvrir de figures les cylindres, les cônes, les gemmes qui servaient d'amulettes ou de cachets. Pour pénétrer jusqu'en Argolide, les procédés de la glyptique chaldéenne ont dû passer par l'intermédiaire des peuples de l'Asie Mineure et de la Syrie du Nord. Que l'industrie mycénienne ait eu pour premiers modèles des intailles chaldéennes, hittites ou phéniciennes, il nous importe peu. Il nous suffira de constater que cette technique s'est acclimatée dans les régions où s'étend la civilisation mycénienne, et qu'elle est d'origine asiatique.
Les premières fouilles de Schliemann n'avaient livré qu'une quinzaine de pierres gravées ; ce chiffre s'est accru avec les trouvailles récentes de la société archéologique d'Athènes. Si l'on y joint celles qui proviennent de la Tltolos de Ménidi, et du tombeau à coupole de Vaphio, on arrive à un total respectable pour les intailles qui se rattachent directement à la civilisation de Mycènes. En général, ces gemmes sont en pierre dure, agate, sardoine, jaspe, calcédoine, cristal de roche. Quant aux sujets qui les décorent, ce sont des lions affrontés hérakliquement ou passant, des griffons courant ou dévorant un faon, des animaux indigènes, tels que bouquetins, vaches, porcs, enfin des êtres fantastiques empruntés sans doute à la démonologie orientale (fig. 29-32)'.
M. Newton a signalé les analogies que présentent les pierres gravées mycéniennes avec tout un groupe d'intailles désignées sous le nom, impropre d'ailleurs, de « pierres gravées des îles » '-. Les
1. I. sgemmesque nous reproduisons sont empruntées à l'Kjr.ti. àpx-i 1888, pi. 10, n" 2, 3, 11, 19. Cf. Do .' haut Menidi, pi. VI. Les gemmes île Vaphio sont publiées : 'Eyriji. if/... 1889, pi. 10.