‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 58 sur 280 · Cf. un relief d'Orvieto, Arch. Ztitung, 1*77, pi. XI · texte numérisé non relu

Cf. un relief d'Orvieto, Arch. Ztitung, 1*77, pi. XI

'2. Cf. la peinture d'un sarcophage de Clazomène conservé au Louvre. Pottier, Bull. Je corresp. hellén.* 1800, pi. II, p. 376. Voir pour le sujet de la cbasse au lièvre, les rapprochements établis par M. G. Loi chcko. Arch. Zeilung, 1881, p. 11.

d'un monument célèbre que Pausanias a pu voir dans l'Héraiond'Olympie, où il était conservé '.

Le voyageur grec n'a pas manqué de recueillir les traditions relatives à cet ex-voto, que les exégètes d'Olvmpie montraient avec orgueil aux visiteurs". En voici l'histoire. Au temps où la famille des Bacchiades formait à Corinthe une oligarchie paissante, un oracle promit de hautes destinées au fils né de l'union d'une Bacchiade, Labda, avec un des membres d'une famille rivale, Eétion. Les Bacchiades tentent de faire périr l'enfant, que sa mère sauve en le cachant dans un coffre. Cet enfant n'était autre que Kypsélos, le fondateur de la dynastie qui devait supplanter celle des Bacchiades \ En souvenir de cet événement, les Kypsélides avaient consacré dans l'opisthodome de l'Héraion le coffre fameux. Four lui donner encore le prestige d'une antiquité très vénérable, les exégètes ajoutaient qu'il avait appartenu au grand-père de l'enfant'. Or, Kypsélos ayant exercé la tyrannie à Corinthe de 657 à 625, l'ex-voto d'Olympie remonterait aux premières années du septième siècle. De son côté, Pausanias reconnaît, dans les inscriptions métriques tracées sur le meuble, des emprunts faits aux poèmes d'Eumélos de Corinthe, qui vivait vers 744. Nous avons peine à accepter une date aussi reculée. En dépit de l'affirmation de Pausanias, il est bien douteux que le coffre conservé à Olympie fût celui-là même qui avait joué un rôle si décisif dans l'histoire du tyran corinthien. Une œuvre si remarquable, véritable merveille de ciselure et d'incrustation, avait sans doute été exécutée en vue d'une offrande à liera. Nous savons d'ailleurs qu'elle avait été con-

1. Pausanias, V, 17, 18. Dion Chrysostome dit qu'il était conservé dans l'opisthodome. Oral. II, 15, i>. 325, éd. Eeiske.

2. Le coffre de Kypsélos a été bien souvent étudié. Nous ne citerons que les travaux les plus récents : Overbeck, Ueber die Lade des Kypsélos {Abhandlungen der Koen. Sachs. Geselischa.fi der Wissenschaften, Philos. Histor. Classe, IV, p. 591), avec une restauration graphique; Schubart, Fleckàseris Jahrbuchfûr Philologie, 1865, p. 639. Panta/.idis. 'AOrjveaov, t. IX. fasc. 2. avec .'S pi. Klein, ZurKypsele der Kypseliden in Olympia (Berichte <l<-r Wiener Ahademie der Wissenschaften, 1884, Vienne, 1885). P. Knapp, Die Kypseliden und die Kypseloslade (Korrespondenz^Blatt fur die Gelehrten und lïealschulen Wûrtemhergs 1888, 1-2, p. 28, 4ô). Pernice, Zur Kypseloslade und :»»t Âmyklaeischen Thron (Jalirbuch des arch. J/ist., III, 1888, p. 305). On consultera surtout avec profit le chapitre où M. Du mont, établit des rapprochements entre le coffre de Kypsélos et les peintures de vases : les Céram. Je lu Gr'eo propre, 1, ch. xv, p. 221-230.

3. Cf. Curtius, Hist. grecque, trad. fï.. I. p. 333. -}. Pausanias, Y, is.

sacrée, non pas du vivant de Kypsélos, mais par ses descendants1. Il est très naturel de songer à Périandre, le fils du fondateur de la dynastie (629-585), celui-là même à qui certains textes attribuent la dédicace du colosse d'or conservé à Olympie dans le temple de Zeus ". C'est un calcul assez modéré que de placer l'exécution du coffre dans le dernier quart du septième siècle, sinon dans les premières années du sixième1.

Le coffre était en bois de cèdre, et couvert de figures, les unes sculptées dans le bois, les autres incrustées en ivoire ou en or. Si la description que nous a laissée Pausanias donne encore lieu à bien des hypothèses, en revanche le périégète a noté avec un soin minutieux tous les sujets, qui étaient répartis en cinq zones (xûP*0 sj d '<?s ^'numère en commençant tantôt par la droite, tantôt parla gauche, quand il est revenu à son point de départ. Voici quel est l'ordre suivi par Pausanias :

I. Sur la zone inférieure, en commençant par la droite, on voyait Œnomaos poursuivant Pélops et Hippodamie qui s'enfuyaient sur un char attelé de chevaux ailés ; la maison d'Amphiaraos, et le héros prêt à monter sur son char que conduit le cocher Bâton; irrité de la trahison de sa femme Eriphyle, Amphiaraos a dégainé son épée et contient à grand'peine le désir furieux de la tuer. Viennent ensuite les jeux funèbres en l'honneur de Pélias, célébrés en présence d'Héraclès assis sur un trône; une femme, jouant de la double flûte phrygienne, anime l'ardeur des champions qui luttent au pugilat, à la paie, à la course; il y a là une scène très étendue, dont Pausanias nomme tous les acteurs, grâce aux inscriptions qui les désignent. Plus loin sont figurés Héraclès tuant l'hydre de Lerne, et assisié

1. Oi ovojiaÇôjisvoi K'j'liXiSai trjv lôpvxxo h 'OXujimïv àvéfleo-av. Paus., T, 17, 5.

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