‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 62 sur 280 · Perret et Chipiez, vue. cité, III, fig. 19, p. C · texte numérisé non relu

Perret et Chipiez, vue. cité, III, fig. 19, p. C

4. Lucien, Pseudom., 30. Clément d'Alexandrie, Strom. VII, p. 713.

Quand la main de l'homme essayait de façonner ces pierres sacrées, elle leur donnait une forme rigide et géométrique. La pierre prenait tantôt l'apparence d'une pyramide, tantôt celle d'un cône ; en s'amincissant encore, elle devenait une colonne renflée par le bas (•/.îwv iMovoetSvi'ç) comme l'Artémis Patrôa de Sicyone ' , comme l'Apollon « des carrefours 3> (âyuu'jç) représenté sur les monnaies d'Ambracie (fig. 51) 2. D'autres fois, c'était un pilier carré. Pausanias vit encore sur l'agora de la ville de Pharae, en Acliaïe, trente pierres quadrangulaires, à chacune desquelles on avait attribué le nom d'un dieu 3. Les monnaies et les peintures de vases nous aident à comprendre le témoignage des textes ; elles nous mettent sous les yeux ces formes rudimentaires. Ainsi, sur une monnaie de Céos, Héra et Zeus ont l'aspect de deux cônes allongés. Zeus est figuré comme un pilier quadrangulaire sur un vase peint de l'Italie méridionale'. Nous savons même quel culte on rendait encore aux pierres sacrées, à une épo-

Flti. 51. — Image de

que relativement récente. Les monnaies de Pergé, rApoiion Agyieus,

T> il* n vt m monnaie d'argent

en ramphvhe, celles d lasos, en Cane, nous mon- „. .

r ■/ J ' d Arnbracie.

trent Artémis représentée sous la forme d'une pierre affublée d'ornements; un manteau, des bandelettes, une mitre ou un diadème lui donnent l'apparence d'une poupée informe, d'une vague ébauche de figure humaine :;.

La pierre n'était pas la seule matière qui convint aux symboles du culte. Les premiers habitants de la Grèce, adorateurs des forces naturelles, avaient entouré d'un respect religieux des arbres sacrés que la divinité était censée habiter0. L'arbre sacré venait-il à périr? Son tronc desséché n'en restait pas moins saint. Dépouillé de ses branches, il devenait une colonne légèrement évasée à la base ; équarri à coups

l. Pausaniaa, II, 9, li.

•J. Il est représenté de la même manière sur les monnaies d'Apollonie il'Epire, de Mégarc, de Byzance, d'Oricos, d'Aptera. Voir Overbeck, Griech. Kun$tmythologie,~V. Apollon, p. 1-5 , Mûnztafd, I, n • 1-7.

:!. Pau.-.. nias, VII, 22, 4.

■I. Voir Overbeck. ouv. cité, I, Zeus, p. 5.

."». Voir Gerhard, AkademUche Abhondluiiffen, pi. LIX. n' 2. '■>. *1. 7.

G. Voir tous les textes réunis par Bœtticher, Der Baumcultm der Hellenen ; cf. Dictionn. I

tés, article .1/ boret \ac\ a

de hache, il figurait une poutre (âo'xavov) ou une planche (cocv£ç) ; sous ces formes diverses, il conservait le privilège d'être la demeure de la divinité. Les Dioscures, à Sparte, étaient deux poutres ', et la plus ancienne image de Héra, à Samos, était une planche i\ peine dégrossie 2 .

Ainsi, qu'ils fussent de pierre ou de bois, ces premiers symboles de la divinité, ces images aniconîques, comme on les a appelées, ne présentaient que des formes géométriques ; on peut les ramener à quelques types fort simples, le cône, la colonne, la poutre équarrie, la planche. Tels sont les éléments rudimentaires dont, par un lent progrès, sont sorties les premières statues grecques. Si barbares que soient de tels fétiches, l'historien de l'art doit cependant en tenir compte. Pendant longtemps, la main timide des premiers sculpteurs respectera ces formes génératrices; elles se feront sentir encore dans la statue primitive, dans l'humble ex-voto modelé en terre par le fabricant d'images religieuses; c'est seulement par une suite de conquêtes patientes que l'art naissant des Hellènes dégagera la forme humaine de ce qui n'est encore qu'une matière brute.

§ 2. — LES XOANA.

La conception anthropomorphique de la divinité a été pour l'art grec la source des premiers progrès ; c'est sous son empire que les imagiers grecs se sont efforcés de façonner la poutre et la colonne, de leur donner quelque analogie lointaine, au moins dans les parties supérieures, avec le corps humain. A quelle date ce progrès s'est-i! fait sentir? Il est bien difficile de fixer des points de repère dans ces ténèbres. Les fouilles de Mycènes et de Tirynthe n'ont livré que des terres cuites primitives, où l'imitation de la forme humaine est encore rudimentaire \ Dans les poèmes homériques, où les types

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