‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 71 sur 280 · Furtwaengler. Arc/i. Zeitung, 1*8'.', y · texte numérisé non relu

Furtwaengler. Arc/i. Zeitung, 1*8'.', y

:>. Voir, sur cet usage, Schreiber, Arcli. Zeitung, 1883, p. 295.

4. c< Nicandra m'a consacré à la déesse qui frappe au loin et qui se plaît à lancer des fiYches: Nicandra, fille de Deinodikos le Naxien, distinguée entre toutes lus femmes, sœur de Deinoménès, femme de Phraxos... » Voir pour l'inscription, Homolle, Bull, de com-./,. hellén., 111. 1*79. p. 3-12, et la bibliographie citée par E. S. Roberts, .lu Introduction to greeJc Epigraphy, p. Gô, n° 25.

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n'arrive pas du premier coup à effacer toutes les traces laissées par les éléments primitifs ; l'influence de la forme génératrice se fait encore sentir. Entre tant d'exemples que nous fournissent les découvertes récentes, nous choisirons une statuette du Musée Central d'Athènes, trouvée à Eleusis ' (fig. 60). A coup sûr, comparée au xoanon deDélos, elle accuse un progrès sensible. Le torse se modèle sous l'épaisseur de

l'étoffe du chiton pliée en double; le sculpteur a rendu avec un certain soiu les ondulations des boucles frisées, et

Fie. 60. — Statuette de femme trouvée à Eleusis. (Musée d'Athènes.)

Hauteur, 0°\38.

Flu. 61. — Partie inférieure d'une statue en pierre calcaire, trouvée près du temple d'Apollon Ptoos. {Bulletin dr correspondance hellénique, 1886, pi. VII.)

s'est appliqué aux détails du costume. Et pourtant le bas du corps reste, comme la figure, emprisonné dans une gaîne plate; les membres ne se dessinent pas sous cette enveloppe rigide.

Dans les exemples que nous venons de citer, la forme aplatie dénonce l'imitation du xoanon taillé dans une planche large et peu

1. 'Eçr]u.spi; ipycetoXoyix^ 1881, pi. 8, n° 1-1 a, p. 179. N° f> du Catalogue de Cavvadias. La statuette est en marbre de Paros, et a sans doute été importée des Cyclades en Attique.

('paisse. La poutre équarrie est-elle au contraire le point de départ? la statue aura des proportions plus carrées. Nous en avons la preuve, grâce à un fragment de statue en pierre calcaire, provenant du temple d'Apollon Ptoos en Béotie' (fig. 01). La figure, dont l'identification reste incertaine, était vêtue. Intacte, la statue présentait une apparence rectangulaire, comme un kermès; sur les trois faces travaillées, perpendiculaires l'une à l'autre, des plans rigides figurent la chute d'une lourde tunique sans plis, que dépassent les extrémités des pieds. Si rude que fût son œuvre, le sculpteur y avait pourtant placé sa signature, au-dessous d'une dédicace à Apollon Ptoos 2 ; et de fait, il pouvait être fier d'avoir ainsi courageusement attaqué la pierre, car la statue est encore contemporaine du travail du bois. Vous retrouverez les mêmes formes carrées dans une statuette féminine de même provenance (fig. 02) :t, comme si les premiers sculpteurs béotiens avaient tiré de la poutre les éléments constitutifs de leurs xoana. Il serait fastidieux de décrire longuement un monument dont le lecteur reconnaîtra, au premier coup d'oeil, l'étroite parenté avec l'ex-voto délien de Nicandra. Ici, néanmoins, les formes sont plus accusées, fig. 62. — statuette ,ie femme moins écrasées, et le sculpteur a donné plus eQ fTe,d3 a°7>' Tl"

r r Bur remplacement du temple

de corps à la partie inférieure. <r Apollon Ptoos. (Musée central

... ,, , , ., d'Athènes.) Hauteur, 0"',4 2.

Keste un troisième élément : le tronc d arbre. Comme il est facile de le prévoir, la statue qui en dérivera sera cylindrique à sa base ; les jambes ne seront pas divisées. Pour accuser le renflement des hanches et l'évasement des cuisses, le sculpteur di-

1. Musée central d'Athènes, n° 2. Holleaux. lhill. de corresp. Indien., 188G, pi. VII, p. 77

2. Le nom est malheureusement mutilé : on lit ...oto; InoijeTE. C'est certainement une des plus anciennes signatures d'artiste qui soient connues.

3. Musée central d'Athènes, n" 4 du Catalogue de Cavvadias. La statuette a été trouvée en 1883 par M. Holleaux.

minuera près de la base le diamètre du cylindre; il l'effilera légèrement dans le bas, et ce parti pris ne fera que rendre plus sensible l'analogie avec le tronc d'arbre. Si, au lieu de tomber droit sur les pieds, l'étoffe du vêtement s'étale circulairement, ne donne-t-elle pas l'idée

des racines qui affleurent au sol, et d'où le tronc jaillit, svelte et élancé comme un fût de colonne? En étudiant les statues primitives de l'école ionienne, nous aurons à constater l'application de ce principe '. Bornonsnous à citer un seul exemple, à savoir une statue malheureusement mutilée, trouvée à Délos2 (fig. 63).

Ici, plus de surfaces planes, plus d'angles vifs ou amortis ; tout est franchement arrondi ; une section pratiquée dans la partie inférieure donnerait exactement celle d'un tronc d'arbre.

Ajoutez que le sculpteur a déjà fait effort pour assouplir la raideur de l'attitude. Malgré l'usure du marbre, on voit que le bras gauche était ramené sur la poitrine, par une convention très féconde en conséquences, et dont nous examinerons plus loin le développement. Pour le moment, nous devons surtout constater un principe de construction très différent de ceux que nous avons vus tout à l'heure : c'est le tronc d'arbre ou la colonne qui le déterminent.

Nous poserons, à propos du type féminin, la même question qu'au sujet du type viril. Les Grecs l'ont-ils créé spontanément? Faut-il au contraire faire la part des influences étrangères, assyriennes ou égyptiennes? La solution est ici beaucoup plus douteuse. En étudiant

Fig. C3. — Fragment d'une statue féminine en forme de xoanon, trouvée à Délos.

1. Il a été posé très nettement par Brunn. Ueber tefoonischen Styl., p. 511.

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