Ross., Inselreisen, I, p
4. Welcker, Alte Denhnaeler, I, 400, Michaelis, Annàli, 1864, p. 253, Furtwaengler, Arch. Zeitung, 1882, p. 320. L'inscription qui existe encore, peut se traduire ainsi : a Je suis de la même pierre, statue et base ». T6 ôFuto Xiôo lin àvopii; xai to a^éla;. Voir Roberts, An Introduction to greek Epigraphy, n° 27.
.">. Voir le catalogue que j'ai dressé, Gaz. Arch., 1886 ; pour Paros, voir Lœwy, Antike Sculptural auf Paros {Arch. epigr. Mittheilungcu ans Œsterrcich, 1888, p. 161).
Il est intéressant de noter qu'une base de statue, à laquelle adhère encore un pied nu, a été trouvée à Delphes. Suivant toute vraisemblance c'était une statue virile, dédiée, nous dit l'inscription, par « les enfants de Charopinoa le Parien ». Elle était sans doute l'œuvre d'un artiste de Paros. Haussoullier, Bull, de corresp. hellén.. 1NN2, p. 145.
Nous voici amenés à poser une question souvent discutée, celle de l'introduction, dans la plastique grecque, de ce type viril dont nous avons reconnu l'origine égyptienne. Par quelle voie a-t-il pénétré en Grèce, et quelles écoles l'ont mis en faveur les premières? M. Furtwaengler n'hésite pas à désigner la Crète, et cette école d'artistes, qui sous le nom de Dédalides, conservaient les traditions du travail du bois et du métal '. Ce sont les représentants les plus célèbres et les plus connus de cette école, les deux Cretois Dipoinos et Skyllis, qui l'auraient introduit dans la Grèce continentale, où il a fait une si brillante fortune ; il serait d'ailleurs resté étranger aux écoles ioniennes, celles-ci traitant de préférence les figures vêtues. Si séduisante que soit cette théorie, la découverte de la base d'Iphikartidès nous force à l'abandonner. Oui, sans doute,
les Cretois ont pu traiter ce même type ; mais il était connu dans les îles bien avant qu'ils vinssent faire école dans le Péloponnèse; on peut même affirmer qu'il n'était pas étranger aux Ioniens de Samos et de la côte asiatique2. En tout cas, pour expliquer la présence, dans la Grèce continentale, d'innombrables statues du même type, il n'est pas besoin de faire intervenir les maîtres Cretois; la côte ionienne, les Sporades, les Cyclades, marquent assez clairement les étapes du chemin qui a fait pénétrer jusqu'en Béotie
1. Furtwaengler, A rch. Z:it.. 1882, p. 54-55. J'ai souscrit à cette théorie, Gaz. Arck., 1880, p. 255. Il me sera permis de me rectifier ici.
2. Statue du même type à Sarmi- : P. 'iiratd, Mon. grecs de l'Association des Etudes grecques, 188P, p. 10. Tête de Calymno, au British Muséum. {Boom nf archaic sculpture.')
Fig. 65. — Base d'une statue faite par Iphikartidès, Trouvée à Délos.
LES PlilMITIFS.
et même au delà, le type de la figure virile. A vrai dire, ce type
n'est ni ionien ni dorien ; il est commun à toutes les écoles ; il représente une convention uniformément acceptée par tout l'archaïsme grec.
Si l'école de Naxos a été une des premières à le traiter en marbre, aucun des monuments d'origine naxienne n'est assez complet pour nous permettre d'en analyser les caractères. Faute de mieux, nous emprunterons un exemple à l'une desCyclades, à l'île de Théra. La statue virile connue sous le nom d'Apollon de Théra peut nous donner une idée de celle qui surmontait la base d'Iphikartidès (fig.
00). Elle appartient encore aux dernières années du septième siècle; exécutée en marbre de Paros, elle accuse nettement son origine insulaire '. Qu'on la compare à sa contemporaine béotienne, à la statue d'Orchomène, on notera
Fig. G6. — Statue virile trouvée à Théra. (ilusée central d'Athènes.)
1. Musée central d'Athènes, n° 8 du Catalogue de Cavvadias. Elle a été publiée pour la première fois par Schœll, Arclt. Mitthtilungen aus GriechenlanJ, pi. 4, 8, p. 23. Pour la bibliographie ancienne voir Overbeck, Griech. Phistilc, 3e éd., I, note 33, 1. Friederichs Wolters, Gipsabgûsse, n° 14. D'après les conditions de la trouvaille, M. Loeschcke conclut que c'est une statue funéraire. Mittheil. Athen, IV, p. 304.
bien vite des différences assez sensibles'. Ici, le souvenir du travail du bois s'est singulièrement atténué; plus de plans heurtés, plus d'angles vifs. Les formes sont arrondies, les contours enveloppés et adoucis; esclave de son modèle pour le type, le sculpteur s'en est affranchi dans l'exécution. Mais les divergences apparaissent surtout dans la construction de la tête, et dans le modelé du visage. Un angle facial très aigu, un front légèrement fuyant; des yeux au globe saillant, un peu obliques ; une bouche aux lèvres nettement découpées, relevée aux coins par une ébauche de sourire; sur le front, des boucles régulières, voilà des traits qui composent une physionomie bien différente du visage plat et écrasé de la statue béotienne 2. Le sculpteur insulaire est supérieur à son confrère ; on voit poindre des conventions chères à l'archaïsme grec, le sourire, l'obliquité des yeux. Cette statue si rude encore contient déjà en germe les qualités propres à l'école des iles : le goût du fini, du modelé précis, et le soin de l'exécution.
Nous ne nous attarderons pas à signaler tous les monuments conservés qui attestent le développement de la sculpture sur marbre dans les Cyclades3. L'activité artistique se soutient à Naxos et à Paros pendant tout le sixième siècle ; on verra plus loin quelle part revient aux sculpteurs insulaires dans l'éducation de l'Attique et de la Grèce centrale. Mais dès à présent, nous pouvons admettre l'existence d'une très ancienne école naxienne, qui partage, avec celle de Chios, l'honneur d'avoir inauguré le travail du marbre.