‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 77 sur 280 · LES MAITRES PRIMITIFS A CHIOS · texte numérisé non relu

LES MAITRES PRIMITIFS A CHIOS

Des affinités de race, d'origine, de dialecte, rattachent aux Cyclades ioniennes la grande île de Chios. Là aussi, les premiers sculpteurs mettent en œuvre le marbre de Paros, et il est difficile de dire si l'école chiote précède ou suit celle de Naxos dans l'emploi de cette ma-

1. Voir les remarques de M. Holleaux, Bull, decorresp. hellài., 188ti, p. 72.

2. Ces caractères se retrouvent dans tout un groupe de monuments, classés par M. Milchhoefer, Mittheil. AthaijTV, p. 68.

3. M. Loewy a mentionné, dans le mémoire cité plus haut, toutes les anciennes sculptures qu'il a vues à Paros.

tière. S'il fallait en croire Pline, les débuts de la sculpture à Chios remonteraient fort loin'. L'écrivain latin nous a conservé la généalogie d'une famille d'artistes où la pratique de cet art se transmettait de génération en génération. C'est d'abord Mêlas, l'ancêtre, qui aurait vécu vers le début de l'ère des olympiades, à savoir vers 776 ; puis son fils, Mikkiadès, et son petit-fils Archermos ; enfin ses arrière-petits-fils, Boupalos et Athénis, contemporains du poète Hipponax qui vivait vers l'année 540. Voilà donc quatre générations réparties sur un espace d'environ 240 ans.

L'erreur de Pline est manifeste, soit qu'il ait compté à tort soixante ans pour une génération, soit qu'il ait mal copié ses sources". Il faut renoncer à reculer aussi loin les origines de la famille des Chiotes. Et d'ailleurs Mêlas est-il réellement un sculpteur? Est-il même un personnage réel? Dans l'histoire légendaire de Chios, ce nom est porté par un fils de Poséidon, par le fondateur mythique d'une des villes de l'île, celle, sans doute, où se fabriquait le vin « noir » 3. Et si, comme nous le verrons tout à l'heure, Mikkiadès et Archermos se disent originaires de « la ville de Mêlas », n'est-ce pas aussi bien à l'ancêtre légendaire qu'ils font allusion? Laissons donc là un nom justement suspect, pour arriver à des artistes que nous avons la bonne fortune de connaître par leurs œuvres.

Une des plus précieuses découvertes de M. Homolle, dans ses fouilles de Délos si fécondes en résultats, est celle de l'œuvre faite et dédiée en commun par Mikkiadès et par son fils Archermos. C'est une statue plus petite que nature, mesurant dans son état actuel, 0m,90 de hauteur; elle a été trouvée en 1877, en avant du temple d'Artémis'' (fig..G7). Telle qu'on peut la restituer, d'après le témoignage de petits

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