Brunn, Denhnarhr, w
2. MonumeiUiinediti, vol. X, i)l. 12, fig. XVI et XVII. ;t. /W., pi. 12, fig. XL XII, XIV. XV.
•I. L'interprétation la plus cx.icte de ces groupes et leur restitution sont duesù M. Furtivaengler. Arch. Ze'Uitng, 1882, p. 347 et suivantes. ,
Parmi les morceaux exécutés en ronde bosse, figurent deux lions rampant, la gueule entr'ouverte et grondante, d'un type un peu conventionnel, mais dont l'échiné saillante et les flancs maigres sont traités avec une souplesse très heureuse (fig.
114)'. On discute encore sur la place qu'il convient de leur attribuer. Fautil les replacer sur les acrotères latéraux des frontons, ou bien, avec M.
Michaelis, les disposer à l'entrée de la cella, comme des gardiens de l'hérûon "■? La seconde hypothèse nous paraît plus vraisemblable. On n'hésite pas, en revanche, à restituer entre les colonnes, sur le rebord du soubassement, les statues féminines, au nombre de douze, que j^ossède le British Muséum, et qui forment la partie essentielle des sculptures en ronde bosse. Le thème, traité par le sculpteur avec une curieuse variété, est le suivant : un chœur de figures féminines glissant ii la surface des flots, emportées par un mouvement rapide, et faisant flotter leur manteau où le vent s'engouffre comme dans luie voile toute grande ouverte.
Sur chaque base est représenté un
1. Mon. i)ie<l., pi. 1-2, n" XVIIL Brunn, Denkmaeler, n° 219. Il faut les rapprocher pour l'attitude du lion de m.irbre acquis en 18!I2 par le musée de Berlin, et qui appartenait à la famille vénitienne deg Sagredo. .lalirhicli .lesarch. //i..■^, VIII. 1893. Arcli. Aii~ejger. p. 73.
•>. Michaelis. Annali. 1871, p. -235.
scn.PTonE GUEfgriî, — t. h.
LE QUATRIIÈME SIÈCLE.
attribut, crabe, coquillage, oiseau de mer, dauphin, qui ne laisse pas de doute sur le caractère de divinités marines prêté par l'artiste à ces
Fig. 110. —
.-lii de- NiiuMi;?. (^ Eiitisli Mnscimi.)
figures'. Mais que sout-elles au juste? Quel nom convient à ces jeunes filles qui accourent de tous côtés, rasant la surface des flots dans leur course aérienne? Personnifient-elles la brise de n\v\\ ot l'aut-il clior-
1. ^fun. iiwlili, t. X, pi. Vî, fig. I-XII. Biumi, Deidmaclci; n"' Jll^ia. cf. Michaelis, Anuali, 1874, \t. 220 et suivantes.
L'KPOnrE DK TRANSITION. 227
clier ici un symbole adouci de ces Harp3'ies, sonftles mortels de la tempête, qui figurent à titre d'emblème funéraire sur le tombeau lycieiides Ilarpyit's ' ? Nous nous en tiendrons à l'interprétation courante, et nous reconnaîtrons ici des Néréides, sans pouvoir préciser davantage les raisons qui avaient dicté au sculpteur le choix de cette allégorie ". Aussi bien c'est le style qui nous intéresse ici, et à ce point de vue, on ne saurait attribuer trop d'importance aux statues de Xantlios. L'impétuosité des attitudes, le rythme hardi des mouvements, l'audace que révèle le jet des draperies, nous avertissent que nous ne sommes pas eu présence d'œuvres banales. Celle-ci semble bondir, effleurant d'un seul pied la crête des vagues, suspendue dans le vide, tendant par un beau geste d'une singulière ampleur l'étoffe de son manteau (jue gonfle la brise de nier (fig. 111) '. Une autre marche à grands pas, avec des mouvements de danseuse, retenant son himation drapé comme une écharpe (fig. 112) \ La plus remarquable encore est cette Néréide vêtue d'un chiton ionique d'étoffe transparente, dont la partie supérieure forme pèlerine et se rabat sur le sein, maintenue sous les bras par un ruban : l'étoffe légère colle sur le corps qui paraît nu, sur la poitrine palpitante, et à ce ruissellement de plis menus, s'oppose la masse solide du manteau rejeté sur l'épaule (fig. 113). Sans doute l'artiste a eu déjà des devanciers, et la sculpture lui a offert de merveilleux modèles de figures courant ou volant dans un fiottement de draperies. Il n'a pu ignorer ni l'Iris, ni la Victoire du Parthénon, ni la Niké de Pœonios, dont la conception générale offre avec celle des Néréides de saisissantes analogies, et il semble bien qu'il ait quelques affinités d'école avec le maître de Mendé. Mais l'auteur des Néréides va plus loin encore dans la voie de la virtuosité: il semble prendre plaisir à se jouer des difficultés, à distendre les draperies de marbre, à les lancer d'une seule venue; il conçoit son œuvre en peintre autant qu'en sculpteur, comme s'il avait à cohu- de reculer les limites de son art, et il y ap-
1. C'est rhyiX'thèse iudiquée par M. J. Six. qui les rapproche de statues décrites par Pliue, des Aurnc, tendant leurs vêteuieats comme des voiles, (faa<'î«eJ« rue celijiciiiiles sua veste (Pline, Nul. Uisi,. ■M, 29). Journal ofHellen. Slud.XUÏ, 1892-1893, p. 131.
2. Voir les différentes hypothèses discutées par ilichaelis, Auiiali, 1874, loc.cU.