‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 113 sur 380 · Snétone, Nero, ch · texte numérisé non relu

Snétone, Nero, ch

tlil'se ne saurait suflirc à résoudre le problème. Le type figuré sur les inoiuiaies de Néron est en effet très répandu : c'est celui que nous conserve, entre autres, une statue du Vatican, en marbre italien, trouvée à Tivoli avec des statues de Muses, et il s'agit bien ici d'un Apollon, d'un type statuaire dont l'origine paraît remonter au quatrième siècle'. Admettons, ce qui est fort plausible, que les statues de Néron fussent de pures adaptations d'une a>uvre grecque : l'empereur ne pouvait trouver de meilleur modèle que l'Apollon palatin; et les resseniMances entre ses monnaies et la statue du Vatican trouvent dès lors une explication toute naturelle, si, comme nous le croyons, cette dernière dérive de l'iKUvre de Scopas '. Rien dans la conception ne dément cette hypothèse. L'attitude inspirée, l'expression pathétique du visage, le mouvement de la tête, répondent bien à ce que nous savons déjà des prédilections particulières du maître parien. Reste la question de style, et ici nous devons nous montrer fort réservé. Il serait injuste de juger Scopas d'après une copie luauifestemeut romaine, réplique banale, où le motif seul appartient au sculpteur grec.

Il faut sans doute rattacher encore à la période attique les œuvres exécutées pour Thèbes, comme l'Artémis Eukleia, et l'Athéna Pronaia de risménion. Un groupe qui se trouvait à Mégare mérite jilus qu'une simple mention. Sco])as avait représenté un Eros groupé avec Pothos, la passion, et Himéros, le désir. Voilà bien un des thèmes favoris de l'art du quatrième siècle ; les personnifications des sentiments sont bien dans le goût attique, et les peintres de vases multipHent à l'envi les gracieuses ligures ailées où elles ont pris corps. Mais qui pourra dire ce que Scopas avait pu y mettre de passion et de charme ?

La collaboration du maître de Paros aux travaux du Mausolée se place, nous l'avons vu, vers la lîn de sa carrière. Mais avant de mettre son talent au service de la veuve du roi carien Mausole, il avait sans doute trouvé dans les villes grecques de l'ionie un champ ouvert à son

1. Oveibeck, ibid.., p. 185, pi. XXI, n» 32. Helbig-Toutain, Guide, I, n"> 267. Cf. B.iumeister, Denkmudcr, I, p. 93, fig. 104. Tout en combattant l'identificiition avec la statue de Scopas, Overbcck reconnaît que l'invention du type appartient bien au quatrième siècle (p. 137). ÎI. Furtwaengler n'hésite pas ii y reconnaître la copie d'un bronze de Scopas. ( .l/ei.i^cnrcrfe, p. 528.)

2. Telle est aussi l'opinion du M. Furtnaeagler, dans le Lexikon der gr. itnd mem. Mythvtoi/ie de Bosclier, I, p. 403.

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activité. Avec les instincts voyageurs de sa race, un Grec des îles devait se sentir attiré vers des villes riches et populeuses, comme Éphèse et Cnide. Les Cnidiens possédaient, en effet, un Dionysos eu marbre de Scopas ' . Les Ephésiens montraient dans un de leurs temples une œuvre plus importante : une Latone et une Ortygie tenant dans ses bras Apollon et Artémis enfants, conception qui n'est pas sans rapport avec l'Eiréné de Képhisodote ■. Son séjour à Ephèse est certain puisqu'il sculpte une des colonnes du nouvel Artémision, commencé vers 340, et encore inachevé en 334. Une notable partie de ses œuvres était d'ailleurs disséminée dans les villes de la Grèce orientale. Ainsi à Samothrace, oii son groupe d'Aphrodite et de Pothos recevait les honneurs religieux dans un sanctuaire de l'île '. Non loin de là, la ville de Chrysé, en Troade, lui avait commandé une statue d'Apollon Smiutliien, destinée à un culte local ; le sculpteur n'avait eu garde d'oublier l'attribut du dieu, un rat, placé devant lui'. Des monnaies d'Alexandria Troas, frap- Fi-. 122. — L'Apoiion

/ /-w 1 j. n 1 1 L Sminthieu de Scop.'vs.

pees sous Uommode et Garacalla, nous ont con- „ „.,

^ ' Monnaie dAIexan-

servé le type de la statue. Le dieu avait le pied tiria Troas. droit posé sur une petite émiuence ; incliné vers le sol, il semblait avec un rameau de laurier agacer le petit animal (fig. 121) ■'. Par la liberté de l'attitude, l'Apollon de Scopas contrastait singulièrement avec la vieille idole de culte, raide et guindée, reproduite également sur des monnaies de la basse époque impériale (tig. 123).

Nous ignorons la provenance de plusieurs de ses statues enlevées à la Grèce et transportées à Rome. Quand le vainqueur des Lusitaniens, L. Junius Brutus Gallaecus, célébra sou triomphe, après ime campagne de deux années (138-13G av. J.-C), il construisit un temple à Mars, et y plaça uu Ares assis, statue colossale signée de Scopas.

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