Overbeck, Schri/tquellen, n"^ 11G
.5. Overbeck, Gricch, Kunstmythologie, III. AjioUon, Miimtafet, V, n"' 9, 10. Cf. Furtwaengler, Meister-
tî. Overbeck a proposé de le recounaitre dans un personnage assis, une divinité sans aucun doute
Nous cioyuns volontiers que l'Arès Liulovisi, conservé au musée Boucoiupagni, nous conserve le souvenir de l'Arès de Scopas (fig. 124) '. Dans cette œuvre robuste et forte, le dieu de la guerre est représenté au repos, le pied gauche posé sur sou casque, les mains croisées sur le genou, la gauche tenant l'épée au fourreau. C'est la même attitude familière que lui avait déjà prêtée Phidias, dans la frise du Parthénon. Mais il faut faire abstraction du petit Eros qui joue aux pieds du dieu, et lui touche familièrement la jambe. On y reconnaît sans peine une addition du copiste, qui complique inutilement les lignes, transforme en un sujet d'épigrammede l'Antliologie la conception de Scopas, et y introduit un accent de mièvrerie peu compatible avec l'aspect calme et tranquille de cette belle figure.
Le même Brutus Gallaecus avait eu la bonne fortune d'enrichir son temple d'une autre statue de Scopas, très admirée, une Aphrodite nue, qui, au dire de Pline, surpassait en beauté la fameuse Cnidienne de Praxitèle '. Si sommaire qu'il soit, ce renseignement ne doit pas passer inaperçu. C'est, en effet, la première fois que nous rencontrons la mention d'une œuvre statuaire montrant Aphrodite dans tout l'éclat de sa beauté dévoilée ". Voilà bien le dernier terme où conduisent ces essais progressifs de dévoilement c^u'oii peut observer, encore timides, dans la Vénus drapée d'Alcamènes. On a souvent reporté à Praxitèle l'honneur d'avoir, par un coup d'audace, enlevé à la déesse son dernier voile. Mais le maître athénien avait eu un prédécesseur; et des deux artistes contemporains, l'audacieux semble bien être Scopas.
Nous aurons aclievé d'énumérer les œuvres d'origine inconnue, en signalant un groupe considérable que Cn. Domitius Ahcnobarbus
Fig. 123. — Apollou Smiiithien. Monnaie d'AIexanciii.i Troas.
qui figure sur un médaillon de l'arc de Constantin, au<le^us des figures de Trajan et d'Hadrien i^Orhch. PUiitik, II, 3« éd., p. 13, fig. 97. Cf. Weil, art. Slopas, dans les DeiitinaWci-dcBaumcisIcr). Mais M. Petersen a démontré que ce personnage est Vl/erciUes l'icfor o\i Invtcttu. Itoem. ililllieil., IV, 188'.', p. 380 et suivantes. Ce médaillon est reproduit dans les Antike Denkmaeler, I, pi. li, fig. 1.
1. Helbig-Toutain, Guide, II, n» 883 et la bibliographie citée. Furtwaengler, Meisltnnerke, p. 525-J2(>, combat la théorie qui attribue l'Arès Ludovisi à l'école de Lysippe.
?.. L'Aphrodite sortant de l'onde, sculptée par Phidias sur le trône du Zeus olympien, était une figure en bas-relief ; et d'ailleurs nous ignorons absolument comment Phidias l'avait représentée.
SCOPAS
avait placé dans lo temple de Nejitune édifié à ses frais près du Cirque Flaininius'. Après avoir commandé la flotte romaine dans la mer ionienne en 42 av. J.-C,Domitins avait obtenu le gouvernement de la Bithyiiie; et peutêtre est-ce de quelque ville d'Asie Mineure qii'il avait emporté ces statues.
Quoi qu'il en soit, Pline ne leur marchande pas les éloges : i( Ce groupe, dit-il, aurait suffi à illustrer toute une vie. » C'était une vastecomposition, représentant Poséidon, Thétis et Achille , avec le chœur des Néréides montées sur des dauphins ou sur des chevaux marins, le cortège bruyant des Tritons , Phorkys, et une longue suite de divinités marines. Une belle frise conservée à Munich, et trouvée à Rome ', a paru à quelques critiques dériver de l'œuvre de Scopas ; mais outre que la composition est ici traitée en bas-relief, le
Fig. 124. — L'Aies Luduviei. ^liome. Musée Boncompagni.)
1. Pline, Xat. Hist., ^C, 2G, Cf. Urlichs, Slojms. p. 12(1 et .«nivnntes.