‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 12 sur 380 · LE PART II EN ON · texte numérisé non relu

LE PART II EN ON

La tradition moderne a consacré le nom de Tliésée qu'on lui prête d'iiabitude. Pourtant il va de soi que le héros attique ne peut assister, parmi les immortels, à la naissance de sa protectrice Atliéna. Le nom d'Héraclès conviendrait bien au type de la statue; mais Atliéna étant l'introductrice d'Héraclès dans l'Olympe, la présence du héros constituerait une sorte d'anachronisme '. Il est plus légitime de reconnaître ici un des grands dieux, Dionysos, couché sur une peau de

Fig. 11. — Déméter et Coré. Fronton oriental du Parthéuon, aile gauche. (British Muséum.)

panthère, et tenant une coupe de la main droite ". Quel que soit le nom auquel il ait droit, le prétendu Thésée est une de ces œuvres qui restent comme un modèle inimitable de grandeur et de noblesse. Examinez-le sous tous ses aspects, tel, par exemple, que le montre notre

1. Petersen, Die KunsI des PheiJias, p. 116-122. JI. 'Waldstein a repris une interprétation déjà proposée par Brunn (^Berichte der bayer. Atad., 1874) et reconnaît ici la personnification du mont Olympe. (Essaya on the art of Phddias, p. 185). M. Furtwaengler le nomme Céphale, omr. cité, p. 240.

2 . Voir le rapprochement établi entre la statue du Parthénon et un relief d'un vase en terre cuite du British Muséum : Cataloyue of Sculpture iii Ihe Brtlish Muséum de A. H. Smith, 1892, p. 108.

figure 12, du côté où il était adossé au tjmpau du fronton; l'art y est si parfait, il satisfait si complètement l'œil et l'esprit qu'il faut quelque réflexion pour comprendre par quelle simplicité de moyens il atteint cette suprême aisance et cette largeur magistrale. Rien qui sente l'effort ou l'étude : la pose pleine d'abandon et de naturel fait valoir le jet libre et harmonieux des lignes, dessine la souple flexion du torse, et donne une grâce tranquille à ce corps robuste où la beauté resplendit dans tout son éclat. Un modelé large et gras, sobrement rehaussé par des accents d'une saveur exquise, fait courir à fleur de marbre comme le frémissement de la vie, avec un dédain superbe du détail inutile. Mais ce que les mots sont impuissants à exprimer, c'est la fraîcheur d'inspiration, la limpidité de cet art qui trouve comme en se jouant la véritable grandeur.

A l'extrémité gauche du fronton, prend place la figure d'Hélios guidant son char qui sort de la mer '. Par une conception hardie, toute nouvelle dans la sculpture, l'artiste a résolument supprimé la plus grande partie des figures; seuls la tête et les bras d'Hélios et les têtes des chevaux émergent des flots. C'est là, sans aucun doute, un de ces emprunts à la peinture murale que nous aurons plus d'une fois l'occasion de relever. Dans ses grandes fresques de Delphes, Polygnote avait dorme l'exemple de ces figures en partie cachées ; une des scènes de rilioupcrsis montrait Epeios détruisant les murailles de Troie, et {\ côté de lui, la tête du cheval dourien seule visible ". A Athènes, dans une frestjue de l'Anakeion, Micon avait sacrifié une des figures, celle de Boutés; le héros aitique était caché par un pli de terrain; on ne voyait que son casque et le haut de sou visage''. En s'emparant de cette invention la sculpture décorative pouvait en tirer de très heureux eftets, et nous en voyons l'emploi auParthénon. Ainsi coupée, la figure d'Hélios n'en a pas moins tout son mouvement. Le dieu du soleil, les bras tendus, tient les rênes de l'attelage, tandis que les chevaux, pleins de feu, redressant leur tête nerveuse, tout frémissants sous la

1. Fig. 8, A, 11, c. Brnnn, Denkmaeler, ii" 180. Calulogiic o/ Sculplun; p. 10:!, n'" 3u:t A, ïi, C.

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