‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 127 sur 380 · Fnrtwaengler, Mei$lerwerhe, p. 63'.l, note · texte numérisé non relu

Fnrtwaengler, Mei$lerwerhe, p. 63'.l, note

II. Helbig-Toutain, II, n» 881, Ghirardmi, Bull, tlellu cummiss. arch. communale, 1892. XX, p. 2117, pi. XI-XII. Réplique de Dresde, Mon. ined., XI, pi. VII, fig. 2. Les répliques sont éuuraérées par Schreiber, Villa Liidovisi, p. 93, cf. Furtwaengler, .^feUlerwer^•e, p. A.'i.'i, note 3. Plusieurs sont reproduite.'* li.ar Ghirardini (oui: cité) ; notiimment les deux torses du Capitole et du Vatic;in, et une tête du Vatican (pi. XUI-XIV).

PltAXITKLE.

Itronze, et qu'il faut, par suite, mettre au compte (lu copiste, dans la statue Boucompagni, le tronc d'arl»re de soutien avec la peau de cht'vre qui le recouvre, la syrinx accrocLi'e à l'arbre et le pedum appuyccontre le tronc. Ajoutez ([u'ime restauration malencontreuse dénature le sujet.

11 y a lieu de remplacer par un vase la grappe de raisin (pie le Satyre tient de la main droite, et de sul»stituer à la corne à boire une coupe qui reçoit le liquide. Si l'on supprime les restaurations, le sens de la composition devient fort clair : un adolescent élève la main droite audessus de sa tête, comme pour verser le contenu d'une œnoclioé dans la coupe que tenait la main gauche. Des attributs propres à la race des Satyres, il n'a gardé que les oreilles pointues. Le visage est fin et régulier; un large bandeau et une couronne où s'attachent en bouquets des baies de lierre, compriment mal une chevelure courte et

rebelle. Sans doute l'invention de l'attitude n'appartient pas à Praxitèle; l'école de Myrou et celle de Polyclète avaient déjà traité un

SfULl'Tl'lIE GUEiyUE. — T. II. 34

Fig. 131. — Le Satyre versant à boire. (Rome, Musée Boucompagni.)

2()6 LE QUATRIEJIE SIECLE.

motif analogue, celui de l'athlète versaut dans sa main le contenu d'un flacon d'huile, et le sculiiteur athénien s'est souvenu d'un modèle pél()]toiiuésien. Mais à ce sujet devenu courant, il a donné un caractère personnel. C'est bien un type nouveau que ce beau Satyre adolescent, svelte et souple comme un éphèbe, où rien ne rappelle ]ilus la nature triviale et pétulante des compagnons ordinaires de Dionysos. Le maître qui l'a créé se révèle comme un artiste épris de toutes les élégances de la forme et des grâces de la jeunesse.

On connaît par les textes, dans l'œuvre de Praxitèle, trois statues d'Eros : celui de Thespies, celui de Parion, et un troisième dont Callistrate a laissé une description, sans en indiquer la provenance '. De ces trois Eros, celui de Thespies est exactement contemporain du Satyre. C'était une statue de marbre, et l'on sait déjà comment Phryné en prit possession pour la consacrer dans le temple du dieu, à Thespies. Elle y resta jusqu'au premier siècle de notre ère, jusqu'au jour où Caligula, suivant Pausanias, la fit transporter à Rome ■. Claude la rendit aux Thespiens. Néron la leur reprit, et fit dorer les ailes de marbre. Au temps de Pline, on pouvait la voir dans les Scholae d'Octavie; elle périt dans un incendie. Quant au sanctuaire de Thespies, on n'y montrait plus aux touristes, quand Pausanias le visita, qu'une copie faite par l'Athénien Ménodoros. Un Eros donné à sa maîtresse par l'amant qui l'a sculpté : c'était là un thème à souhait pour la poésie légère; aussi la statue de Thespies est-elle célébrée dans plusieurs épigrammes, parmi lesquelles il faut surtout citer celle qu'on lisait, au dire d'Athénée, sur une base placée au-dessous de la scène du théâtre de Dionysos, à Athènes 2. « Cet amour dont il a souffert, Praxitèle l'a représenté au vrai, il en a tiré l'image de son propre cœur. Pour prix de moi-même, il lu'a donné à Phryné, et de là je lance encore des charmes, non plus avec mes flèches, mais avec mes regards, ^i

1. Oveibeck, Hchriftquellen, p. 2-10-24-I, n"» 34, 31a, 35, 3l>. L'Eiosde marbre payé seize cents sesterces par Verres & Héius, était sans doute une copie de TKros de Thespies. Cicéron, In Vrntm, IV, 2, 4.

2. Pausanias, IX, 27, 3. n est vrai que Strabon (IX, p. 410), parle de renlcvement comme d'uu fait accompli. Or, en 18 ap. J. C, Strabon a 80 ans, et Caligula G. Le transport à Rome est donc antérieur. Cf. Benndorf, BuUm. detla commhs. arch. comunaU, 1886, p. 70. Pour les textes relatifs i l'Éros de Thespies, voir Overbcck, Sclin/tquelleii, 1249-1261.

3. Athéuée, XIII, p. .VJl A, .l«(Ao^ grecque, I, 75, 84. Cf. Bcundorf, ibiJ., p. 66. L'épigrammc est attribuée par Athénée à Praxitèle.

PRAXITKLE.

Une œuvre aussi vantée, entourée d'une sorte de prestige ronianes- (jue, avait du être souvent reproduite par les copistes de l'antiquité. Aussi est-on fondé ù eu rechercher l'original dans le prototype d'une série de répliques, dont la meilleure est une statue du musée de Kaples (fig. 132) '. Éros est figuré comme unjeune garçon, aux formes encore un peu grêles; la main gauche, d'après une réplique de Turin "', s'appuyait sur l'arc ; la droite tomlic négligemment. Par les ligues sinueuses du torse, par la pose traînante de la jambe droite, l'Eros rapjielle encore le Satyre de la rue des Trépieds. La légère inclinaison de la tête donne au regard une expression un peu sournoise, et nous trouvons là le commentaire de l'épigramme citée plus haut, qui relève, comme un trait de physionomie, le regard in<|uiétant et charmeur de l'Eros (iT£vi"Co|/.£vo;). L'agencement presque féminin de la chevelure flottante est rendu assez fidèlement, semble-t-il, dansun torse de travail romain, trouvé à Centocelle , près de la voie Labicane '

(fig. 133;

Fig. 132. — Éro.=. (ilusée de Naples.j

l.ClaraC; 649. 1487. Fuitwaengler, M<!lstinci!rl.e, p. 540, où sont énumérées les autres répliques. if. Benndorf a proposé de reconnaître l'Eros de

Thespies dans un torse d'éphèbe portant un baudrier, conservé au Capitole, Palais des Conservateurs : Bulleltino délia commiss. arch. di Roma, 18S6, pi. I-II, p. 54. L'hypothèse a été réfutée par M. C. Robert, Der Eros vou Thespiai, Arch. Maerclien, p. IIÎO.

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