Diitsehcke, A nt. Bildn-erle in OberilalUn, IV, n
3. Bniun, Denlmaeler. 379. Helbig-Toutain, Guiih; I, n" 18.5. M. Helbig l'interprète comme une statue de Thanatos, et combat l'identification avec l'Eros de Pi-axitèle. M. Wolters {Gipsabgûsse, lôTS], y voit un Amour funèbre.
boucles, qui s'enroulent capricieusement et ondulent sur les tempes et sur le cou, a fait naître des doutes sur la date de l'original ; on a allégiié (lue ce type de coiffure n'est pas antérieur à Alexandre: mais pouvons-nous raffirnier? Il nous semble au contraire
que si un maître a su introduire dans le traitement de la chevelure cette souplesse et cette coquetterie raffinée, c'est bien Praxitèle. La peinture de vases, au quatrième siècle, nous offi"e ]ilns d'un exenqilede la chevelure ainsi liliremeiit traitée ' ; Praxitèle a pu mettre à profit les progrès de la peinture , |iour renouveler sur ce point les liabitudes de la statuaire.
L'Eros de Praxitèle était consacré, dans le temple de Thespies, avec deux autres œuvres du maître qui com]détaient l'ex-voto de Phryné; c'étaient deux statues, en marbre comme Fflros, une Aphrodite, et un ])ortrait de la courtisane'. Si l'on admet une hypothèse très jilausible, suivant laquelle, à une date postérieure, une copie de l'Eros aurait été placée au théâtre d'Athènes '', on peut faire, au .sujet dv l'Aphrodite de Thespies, la même conjecture. Or, un torse d'Aphrodite
Fig. 133. - Er..-. l-Mi-e. -oau^ (llonie, Vatican.)
1. Ainsi dans les lécythes h fond blanc, DumonI et C'iiaplain, /,s CiTiimi^jurs tie la Crîce inojtr, pi. XXV, XXVI.
2. Pausanias, IX, 27, 'i : Pliitai-quc, ^l»ia<oi-., IX, 10. 8. Fiirtwacnglcr, Meiaterwevkt, p. 54,5, note 1.
Fig. 134. — La <( "\ éims d'Arles. » (Musée du Louvre.)
du musée d'Atlièues, trouvé dans le voisinage du théâtre de Dionysos ', nous offre une copie d'un original évidemment très célèbre, car c'est le même qui a inspiré la belle statue du Louvre connue sous le nom de « Vénus d'Arles » (6g. loi) -, et il est fort séduisant d'y reconnaître l'Aphrodite de Thespies. Trouvée en 1G51 dans les ruines du théâtre d'Arles, la statue du Louvre a été restaurée par le sculpteur Girardon qui a i)lacé dans la main gauche un miroir, dans la droite une pomme. 11 faut sans doute corriger le geste de la main droite, et la rapprocher de la tête, comme si la déesse venait de terminer l'arrangement de sa coiffiire, et donnait à son miroir un dernier coup d'œil. On a depuis longtemps reconnu dans la Vénus d'Arles une œuvre de style praxitélieu. Malgré le faire un peu sec des draperies, et les formes grêles de la poitrine, dont le copiste paraît avoir exagéré le caractt>re juvénile, c'est une réplique fort soignée, datant des premiers temps de l'Empire. Le visage, incliné vers le miroir, a une expression charmante de coquetterie grave, et la chevelure, serrée par le double tour d'une bandelette, offi"e la disposition élégante et simple que nous retrouverons dans l'Aphrodite de Cnide (fig. 135). Si, comme il est permis de le croire, la Vénus d'Arles nous conserve l'image de l'Aphrodite thespienne, elle nous montre en même temps un type nouveau dont l'importance historique est considérable, celui de la déesse à demi dévoilée, resté étranger à l'art du cinquième siècle. Reportons-nous, en effet, à l'Aphrodite d'Alcamènes : seuls l'épaule et le sein droits sont discrètement découverts, comme si l'artiste n'osait pas encore dégager des vêtements la nudité du torse. Plus audacieux, moins religieux aussi, l'art du quatrième siècle développe un motif (pii autorise le dévoilement graduel, celui d'Aphrodite ;\ sa toilette, et la Vénus d'Arles marque, pour ainsi dire, une des phases de l'évolution qui conduit au dévoilement total. Praxitèle est-il l'auteur de cette innovation? At-il été précédé dans cette voie par Scopas, dont nous connaissons par les textes une Aphrodite nue ^? Il est bien difticile de trancher la ques-
1. Brmin. iJtnlmarler. u° 300 A. Cavvadias, Calalogut, u" J27.
i. Froehnev, Xulict de la sculpl. aiit., n" 137. Bruiin, Denlmaeler, n° 2l'6. L'identification de la Vénus d'Arles avec l'Aphrodite de Thespies a été proposée par M. Furtwaengler, Mtisttnctrlf , p. .'i-l".
3. M. Furtwaengler attribue & Scopas l'invention du type de la Vénus de Capone, ù demi dévoilée et dont l'attitude rappelle celle de b Véuus de Milo. MeisUncerie, p. 6ÎS et suivantes.
PRAXITELE.
tiou. (Je qui est certain, c'est que cette conception se manifeste dans l'art au temps de Praxitèle, et qu'elle fait une rapide fortune. Une statue du Britisli Muséum, trouvée à Ostie', est comme une variante do la Vénus d'Arles, et appartient à l'école de l'raxitèle, à moins qu'elle ne reproduise une des Aphrodites du maître signalées par les textes. Quel qu'en soit l'inventeur, le ty[)e de l'Aphrodite demi-nue est bien un-' création de la première moitié du quatrième siècle; représenter la déesse occupé^ à s;i toilette, y trnuver l'occasion de dévoiler aveiune hardiesse croissante les formes du corps féminin, telle est l'idée qui lui donne naissance, et il suffira H Praxitèle d'en tirer toute!? les conséquences pour créer un peu plus tard le type de la Cuidienue.
Du portrait de Phryué qui complétait l'exvoto de Thespies, nous ne savons rien, sinon qu'il était en marbre, et qu'on le voyait dans le temple d'Éros. Les textes sont plus explicites sur un autre portrait de la courtisane tkespienne, exécuté par Praxitèle, et consacré à Delphes par le modèle à titre d'ex-voto. C'était un bronze doré, et sur la colonne en marbre qui le supportait on lisait la dédicace suivante « Phryné, fille d'Épiklès, Thespienne" a>. Au temps de Plu-
1. Specimetu of ancUnt Sculpture, I, pi. 41. IL Fartwaengler propose d'y reconoaitre le portrait de Phryné, ce qui semble nue hypothèse bien hardie. ifeUUrmrte, p. .550, fig. 103.