Les Amours
2. Fig. 135 A. Exemplaire du Cabinet des médailles de Paris, mallieurcnsement retouelié . Arcli. Zeilung, 187tl, p. U!). Percy Gardner, Types nf greck Coins, pi. l.'>, 21. Overbeck, Griech. Plast'd: II, p. 46, fig. 150 a. — Fig. 135 B. Second e.\eniplaire plus fruste da Cabinet des médailles. Cf. exemplaire de Berlin, Journal <if Hellen. Sludies, 1887, p. 310. Overbeck, oiir. citr, II, |). 40, fig. 1506. La collection de Berlin po.ssède un autre type, où Aphrodite est groupée avec Apollon tenant la lyre, Overbeck, iiiJ., fig. lôOc; le même dans la collection W.addington, Her. numismatiiiu;, 1851. p. 23!*. M. llichaelis signale à Arolsen un type analogue, où Asclépios occupe la place d'Apollon, Journal of IMIen. Studies, 1887, p. 340.
3. Pour une étude détaillée des répliques, voii' Michaulis, Arch. Zeitun;/, 187G, p. 145 et suivantes, et Journal nf Jlellenic Sludies, 1887, p. 324 et suivantes ; S. Reinach, Gazette des Beaux-Arts, XXX' année, 2" période, t. 37, p. 89-104. M. Furtwaengler, Meisterwerke, p. 551, note 2, classe à nouveau la série des répliques, en modifiant la liste dressée par M. Micliaclis.
4. Helbig-Toutain, Guide. 1. n" 31C. La statue est reproduite, sans la draperie moderne, d'après un
l'KAXITKrJ';. 27.'>
(II' iiK'tMl (|ui lialiillc l;i \>:\r['w iiifl'ricurc, et la considérer telle que nous la re]irn(liiisuiis ici iTapivs un iiKiiila-c (li^^ 137-loS).
\'uilà bien l'altitude et le double geste déjà eonnu.s par les monnaies. La déesse est surprise dans ee moment fugitif iiù, [irète ;\ entrer an bain, elle dépose sur ini vase à [larfuins le vêtement qu'elle vient de quitter; les genoux rapprochés comme par un léger frisson, elle abaisse la main droite d'un mouvement instinctif pour cacher sa nudité. Nulle inquiétude d'ailleurs ; elle ne redoute aucun regard indiscret, et son geste si naturel et si chaste semble être seulement l'expression toute spontanée d'une pudeur intime.
Suivant une théorie qui a trouvé des défenseurs, letype de la Vénus de Guide aurait été suggéré à Praxitèle par les anciennes idoles orientales, babyloniennes, phéniciennes ou chypriotes, montrant la déesse de la fécondité, Astarté, dans une nudité
moulage du Musée du Soutli-Kensington :
Journal n/Hell. Studies, 18S7, pi. LXXX. Ga:. ries Beaux-Arts, ibi'l., Brunn, Denkmaeler, ix" 371. Fig. 137.
L'Aphrodite de Guide. (Rome, Vatican.)
^., LE QTATRIKMR SIKCLE.
• .r.1,a,it 1.^ 'ïpxc l'autre ramenée vers la poitrine'. con>plc.te, nne man. cachant 1- , ^^^ .^ ^^^^^ ^^^^^ ^
été réfutée ',etd'ailleurs si l'on songe (jue r archaïsme grec et le cinquième siècle n'ont connu que le type de l'Aphrodite drapée, il serait bien difficile d'expliquer, au temps de Traxitèle, ce brusque retour à une vieille conception orientale.
L'idée du dévoilement est grecque, et l'art hellénique n'y est arrivé que progressivement.
La seule question qu'on puisse se poser est la suivante :
à quelle date ce motif est-il entré
1. Curtius, Aich./.tUuny, IfiC'J, p. G3. M. S. Reinacli a proposé rcoemmeiitde voir dans ces iiu.iges orientales lies dérivés d'un type qui aurait pris naissance eu Grèce, au temps de la civilisatiou égécnue. AVr. urch., lSi>5, t. 3ti7, p. XXVI.
2. Perrot, IlisloiredtV Art ((ans VantiqniU; III, P- 550, ,")59. Cf. Jamot, Momimculs H .lAmuira, I.p.lJO.
l'ig. 138. - L'Aplirodite de Cnide. (.Korae, Vatican. )
PIÎAXITKLE. 277
dans l'art, et dans quelle mesure Praxitèle en est-il l'inventeur? Nous avons déjà signalé l'Aphrodite nue (Venus jmda)de Scopas, et peut-être faut-il aussi se souvenir do l'Aphrodite sortant de la mer, sculptée par Phidias sur le trône de Zeus ol3'inpien. Il est fort possible que Praxitèle n'ait fait que traiter, avec un accent et un sentiment tout personnels, un motif déjà introduit dans la plastique par sou illustre contemporain. Ce motif plus ancien nous est-il connu, et faut-il le chercher, comme on l'a proposé, dans le type de la Vénus pudique, dont la Vénus de Médicis est l'exemple le plus célèbre ? Faut-il considérer comme antérieur à Praxitèle ce type de l'Aphrodite, cachant son sexe d'une main, et ramenant l'autre vers la poitrine, « type plus général, plus idéal, plus symbohque de la beauté féminine sans voile » ', que celui de l'Aphrodite de Cnide, dont l'idée première est celle d'une femme entrant au liain? Quel que soit l'intérêt des arguments développés à l'appui de cette opinion, la question est loin d'être tranchée. Jusqu'à preuve formelle du contraire, nous persistons à croire que le type cnidien, où la nudité de la déesse se justitie par l'idée du bain, est antérieur au type de la Vénus pudique, et ménage en quelque sorte la transition. Le motif sinon inventé, du moins traité par Praxitèle, a dû être bien souvent repris dans son école. Nous eu avons pour preuve les variantes, parfois très légères, qui suffisent à lui donner ime acception nouvelle. Une statue de Munich, moins voisine de l'original praxitélieu que celle du Vatican, nous montre qu'il a suffi d'une très faible modification pour transformer la Cnidienue en Aphrodite sortant du bain, et ramenant vers sa poitrine le vêtement qu'elle reprend '■. Peut-être est-ce dans l'école même de Praxitèle que s'est formé le type plus généralisé de la Vénus pudique, appelé à une popularité plus grande encore que celui de la Cnidienue'' .
Les copies nous permettent d'apprécier le rythme exquis des ligues, la souplesse onduleuse des contours, l'heureux emploi de la draperie qui servait de soutien, en même temps qu'elle faisait valoir par le contraste le travail poli et caressé des chairs. Mais les éloges décernés