‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 130 sur 380 · Pliitaniue, De l'ylhiae oraculis,\b · texte numérisé non relu

Pliitaniue, De l'ylhiae oraculis,\b

2. AtUùniic, X[I[. p. J9J. D'après ClémîUt d'A!es>n(Jiie(/-'/o(rt7»(., 53). le modèle aurait étc la courlisuue Crutiuil'.

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de Cos, on sait sciiloment qu'elle était drapée, sans qu'il soit possible (le l'identilier avec une réplique conservée'. La grande célébrité de l'Aplirodite de Cnide, où l'antiquité recoiniaissait le chef-d'œuvre de Praxitèle (twv npa;tT2/.ou; -wr,[j.7-iov to x'/Aaittov) -, nous a valu des renseignements plus précis. La statue, en mari ire, était placée dans un petit temple ouvert de tous côtés, où l'on pouvait l'admirer sous tous ses aspects ; et combien de visiteurs faisaient, tout exprès, le voyage de Cnide! Si l'on se reporte aux propos qu'échangent, dans le Dialogue des Amours attribué à Lucien, les deux interlocuteurs, tous n'y venaient pas en dévots pèlerins; mais, en vrais Grecs, tous écoutaient les belles histoires des exégètes. Ils apprenaient comment Nicomède, roi de Bithynie, avait offert aux Cnidiens de payer leur dette publique, s'ils consentaient à lui céder la statue, ou comment l'ienvre de Praxitèle avait provoqué de folles et criminelles passions. Elle avait fait naître toute une littérature d'épigrammes, dont voici un échantillon. <( Cythérée vint sur les flots de Paphos à Cnide, voulant contempler sa propre image. Après l'avoir bien examinée dans son sanctuaire : Où Praxitèle a-t-il pu me voir nue, s'écria-t-elle? Praxitèle n'a pas vu ce qu'il n'est pas permis de voir : c'est le fer d'Ares qui a sculpté la déesse de Paphos telle que l'aima le dieu de la guerre '. )> Longtemps la statue reçut les hommages des poètes et charma les regards des dilettiintes ; c'est à la fin du cinquième siècle de notre ère qu'elle [)érit dans un incendie, à Constantinople; elle s'y trouvait depuis un siècle, dans le palais de Lausus.

Les écrivains grecs la louent plutôt qu'ils ne la décrivent. Seules,

1 . L'Aphrodite de Cos a été identifiée par Gerhard, Brizio et Ernest Curtius avec la Vernis genitrix du Louvre, où nous avons reconnu l'Aphrodite des Jardins d'Alcamènes. Nous avons déjà signalé la théorie de M. S. Reiuach. qui admet que le motif original a été créé par Alcamènes et repris par Praxitèle dans la statue de Cos. {Gaz.arch., 1887. Cf. de Witte, Gaz. arch., 1885, p.91). Mais le fait que ce type est traité par les coroplastes de ilyrina (ia Xi'crnjmle de M>/r!na, pi. TIII, p. 309-3J5), en même temps que celui de la Vénus de Cnide, ne suffît p.as à rendre la démonstration décisive. Plus récemment, M. Furtwaengler a proposé de reconnaître l'Aphrodite de Cos dans nue statue du Louvre, représentant Aphrodite appuyant la main gauche sur un Eros, et portant sur la plinthe l'inscription flpaÇ'.Ti/.r,; ènotïiuev. (Clarac, pi. 341, 1291 ; Froehner, A'biic:', 151 ; Loewy, Insch.gr. BiW/iaMe)-,n''50'2. Furtwaengler Meisterwerhe, p. 552, fig. 10-1). Mais VÉros a tous les ciractères de l'art hellénistique, et nous savons d'ailleurs qu'il y a en d'autres sculpteurs du nom de Praxitèle.

2. Lucien, Imag., 4. Voir pour les textes, Overbeck, SchrifuiueUen, n»' 1227-1245.

:î. Anthologie palat., I, 404, trad. Dehèque, t. Il, p. IGO.

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quelques lignes dnpsondo-Lucien font allusion à son attitude. « Toute sa beauté se laisse voir à découvert ; aucun voile ne la dissimule ; d'une main seulement elle cache furtivement sa pudeur' )'. Or, tel estbien le geste de la déesse, telle qu'elle est reproduite sur des monnaies de Guide (tig. 13G). Les cabinets de Paris et de Berlin en possèdent chacun des exemplaires, portant au revers les têtes de Caracalla et de Plautilla'. La déesse est debout, un vase placé à sa gauche; de la main gauche, elle laisse tomber sur le vase le vêtement qu'elle vient de dépouiller; le geste pudique de la main droite est conforme ù la description du pseudo- Lucien. Que le graveur monétaire se soit inspiré de la célèbre statue,

cela n'est i)as douteux. Les monnaies de Cnide permettent donc de reconnaître, dans la foule des Aphrodites de marbre qui peuplent nos musées, les copies ou les adaptations dérivant de l'original praxitélien', en négligeant les nombreuses variantes imaginées par les successeurs de Praxitèle. Parmi les marbres, celui qui peut le plus nous inspirer conliance, est la statue du Vatican, conservée dans la Sala a Croce greca '. Pour en juger, il faut tout d'abord la dépouiller de la draperie

Fig. 130. — L'ApliroiUte Je Ciiiile. >[onnaies de Guide. (Cabinet dos médailles.)

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