LES COLLABORATEURS DE SCOPAS
cette qualité '. Mais ce qui est certain, c'est qu'il travaille à Athènes, qu'il y fonde sa réputation par des œuvres nombreuses, et que, par la nature de son talent, il se rattache ;\ la tradition attique. ]\Ioins âgé que Scopas, il appartient à la jeune génération de l'école athénienne; s'il débute vers 3G0, il peut encore assister au drame de Chéronée, et se laisser séduire par l'éclat de la royauté macédonienne. Ses dernières œuvres sont consacrées à glorifier la famille de Philippe au lendemain de Chéronée (338), et à illustrer un épisode de la vie d'Alexandre. La date extrême de sa période d'activité nous conduit vers l'année 323 ^
Une des ceuvres les plus anciennes de Léocharès est un portrait, celui d'Isocrate, dédié par le général athénien Timothéos, en avant du graud tenqde d'Eleusis ; il est forcément antérieur à l'exil de Timothéos, banni en 355 ^ Le sculpteur paraît avoir cultivé avec succès le genre du portrait, auquel le réalisme de Démétrios a donné des ressources toutes nouvelles. C'est bien une œuvre réaliste que ce portrait du marchand d'esclaves Lykiskos, où bartiste avait rendu, avec une vérité saisissante, l'expression rusée et seryde du maquignon ''. La vanité des bourgeois d'Athènes, qui multiplie les commandes de portraits, lui fournit d'autres occasions de manifester son talent. Avec la collaboration de son contemporain Sthennis, il exécute le portrait en pied des membres de toute une famille athénienne, celle de Pasiclès, et cette série de statues est consacrée sur l'Acropole ■'. Un autre groupe de statues, des portraits sans doute, s'élevait près du Prytanée, et portait sur sa base la signature de Léocharès ''. Enfin une suite d'inscriptions, recueillies aux abords de l'Acropole, atteste que le maître avait la vogue, et que les commandes d'ex-voto, de bas-reliefs pour des stèles votives, affluaient à sou atelier '.