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2. Helbig-Toutain, O'tiiJe, I, n" lui), avec la bibliographie ancienuo. Brunn, Denhitaelcr, n" lâS.
SCULrlURE GliEcyrE, — T. II. 40
■Mi I.K QL ATKIÈME BIÈc:LK.
ger (lu'il tient avec ]nx>caution entre ses serres. Ganymède vient de quitter le sol; sa syrinx est tombée de ses mains, et son cliiou liurle au perdu, assis au pied du tronc d'arbre qui soutient le groupe. Des restaurations malheureuses ont dénaturé certaines parties de la figure de Ganymède et surtout le mouvement du bras gauche (jui s'arrondit prétentieusement avec un geste de danseur; sans doute la main, plus relevée, se dirigeait vers le cou de l'aigle, pour chercher un point d'aj)pui. Ces réserves faites, il reste une figure habilement construite, avec une reclierche évidente de la symétrie contrariée dans la direction des bras et des jambes. La tête est caractéristi(|ue, et nous verrons plus tard que ce type juvénile, avec les cheveux bouclés et fiottants, trouvera faveur au temps des successeurs d'Alexandre. Mais surtout le groupe du Vatican nous permet d'apprécier toute la hardiesse d'une conception cjui l'ait honneur au génie inventif de Léocharès. Qu'on y réfléchisse en eftét ; il ne s'agit plus simplement de montrer une figure ailée, une Niké par exemple, s'enlevant au battement de ses propres ailes : c'est là mie difficulté que l'art grec a vaincue depuis longtemps. Ici, le sculpteur va beaucoup plus loin. Rej)résenter une figure suspendue dans le vide', enlevée comme un fardeau ]3ar un être ailé; donner au groupe un mouvement ascensionnel, et faire oublier, par l'élan de ce mouvement, le soutien artificiel que commandent des exigences inq)érieuses ; transporter, en un mot, dans la statuaire une conception qui est du domaine de la plasti(iue ou du bas-relief, voilà le problème résolu par Ijéocharès. Le sculpteur avait-il emprunté le sujet à quelque tal)leau? Un peintre avait-il, avant lui, montré le groupe suspendu dans les airs, comme nous le voyons dans un beau relief en bronze décorant un couvercle de miroir '? Il n'y a là rien d'im- |)0ssible; mais le mérite de Léocharès n'en est pas diminué. Il lui reste riiiinueur d'avoir triomphé avei' une singulière aisance d'une diHiculté redoutable, et d'avoir enrichi la plastique d'un thème nouveau.
Le Ganymède du Vatican n'est plus la seule u'uvre où nous puissions étudier le style et la manière de Léocharès. Après bien des controverses, une statue célèbre, connue depuis des siècles, semble enfin
l. Furtw.iciiglcr, Cullcction Hubouiuff; uolkc de la i.l.iiichc CXLVII,
LES COLLAIiOl^ATRUnS DE SCOPAR.
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avoir trouvé sa place dans l'iiistoire de l'art, et toutes les vraisemblances permettent do l'attribuer au maître athénien. L'Apollon du r)('lv(''drre fut découvert vers la fin du quinzième siècle, non pas, comme
Fig. ICO. — Ganyniède enlevé par l'aigle. (Rome, Vatican.)
on l'a souvent répété, à Porto d'Anzo, mais près de Grotta Ferrata, dans une propriété du cardinal Julien de la Rovère'. Lorsque le cardinal
1. Helbig-Toutain, (Juile, I, n" lOU. Pnur le lien de la trouvaille voir Ch. Hiilsen. Jahrb. des arcli. fiisl., V, 1890, Arch. Anzeujer, \>. 18. Snr l'histoire du Belvédère et des statues de VAntiquarioAes pape.s, voii- Michaelis, Slatuenliof im vaticanische» Belvédère, Jaltrbucli des arch. fnst., V, 1890, p. 5-72.
eût été élevé au trône pontifical sous le nom de Jules II, il le fit transporter de son palais, voisin des 8S. Apostoli, au Belvédère du Vatican où il n'a pas cessé d'occuper une place d'honneur. Un élève de Micliol-Ange, Montorsoli, restaura les parties brisées, l'avant-bras droit, la inain gauche, et la partie supérieure du tronc d'arbre de soulien (fig. Kil) '. L'interprétation de Montorsoli était celle qui prévalut longtemps et fournit à A\'inckelmann le thème de ses commentaires enthousiastes. Le dieu sortait vainqueur de sa lutte contre le serpent Python; il s'avan^^'ait avec une fierté dédaigneuse, la main gauche tenant l'nro, le bras droit retombant, avec le geste du tireur qui vient de décocher une Hèche. Telle était l'opinion courante, jusqu'au moment oii Stephani publia une statuette de bronze, conservée k Pétersbourg dans la collection du comte Stroganoff, et trouvée, disait-on, à Paramvthia en Epire\ (J'était une copie de la statue du Vatican, mais avec un détail nouveau : la main gauche tenait un objet brisé où Stephani reconnaissait un fragment d'égide \ Dès lors il fallait renoncer à l'interprétation de Winckelmann. Apollon tenait l'égide dont la vue ins- ])ire la terreur, et avec une expression de colère hautaine, il mettait en fuite des ennemis épouvantés. Et quels ennemis, sinon les Galates qui en 279 avaient passé en Grèce, attaqué Delphes, et s'étaient rel)liés en déroute, saisis d'une folle panique à la vue d'Apollon combattant dans les rangs des Phocidiens? L'original de la statue du Vatican se trouvait ainsi daté à coup sûr : c'était un ex-voto rappelant la défaite des Galates, érigé à Delphes peu de temps après l'année 278. Mais le bronze Stmganolf, élément essentiel de cette combinaison, est-il réellement antique? Parmi les érudits qui l'ont examiné, ])lusieurs en contestent l'authenticité '. M. Furtwaenglcr la nie résnlu-
1. On connaît des dessins antérieurs à la restauration, voir llicliaelis, loc. t!l., {i. 10. Cf. E. Miintz, les Anll'juili's de la ville île Rome aux iiuatorzième. qitinzihne et seizième siècles. Her, aicli., 1887, I, p. 179 ; l'auteur signale d'après les notes de Justi, un dessin fait, vers la fin du quinzième siècle, par un artiste italien, dont le livre de dessins est conservé à l'Escurial.