‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 16 sur 380 · Jj' Acropole d'Athènes; t. II, p · texte numérisé non relu

Jj' Acropole d'Athènes; t. II, p

32 L'INFLUENX'E HES (MIANDS MAIÏKES.

lâche, a glissé sur le bras droit, et laisse ù découvert les purs contours de ]'('liaule et la naissance de la gorge. L'étoffe ondoie en mille petits plis pressés qui semblent ruisseler sur le corps, pour en épouser les formes. Les plis du manteau, euroulés autour des jambes, n'ont pas moins de souplesse, mais soutiennent l'ensemble par un dessin plus large et plus simple. Rappelez-vous les iigures féminines de l'époque antérieure; jamais, jusque-là, le ciseau d'un sculpteur n'avait traité la draperie avec une pareille maîtrise, et c'est là, pour employer un terme teclui!(jue, le premier exemple de ce qu'on appelle en langage d'atelier la drapena ■mouillée. Ici encore, on songe à une innovation empruntée à la peinture , car on ne peut oublier que Polygnote avait donné l'exemple , en représentant le premier « des femmes vêtues de vêtements transparents ' ». ]\Iais inaugurer dans la sculpture une telle révolution est un coup d'audace , et , quoi qu'on eu ait dit , c'est bien à Phidias qu'il faut en attribuer l'honneur.

Le dernier groupe est celui de Séléué et de ses chevaux, qui occupel'angle du tympan. La hgure de Séléné, vue à mi-corps, semble comme celle d'Hélios, émerger de la plinthe '. Faut-il, suivant une conception dont nous trouvons des exemples dans la peinture de vases, nous représenter Séléné assise sur la croupe de son cheval '? L'hypothèse serait fort séduisante, si les traces d'un attelage à quatre chevaux, relevées par M. Bruno Sauer dans cette partie du fronton, ne nous obligeaient à l'écarter '. 11 faut reconnaître que Séléné guidait, elle aussi, les chevaux de son char. La belle tête de cheval conservée au British Muséum montre que l'attelage de la déesse s'enfonçait dans la mer avec une allure beaucoup plus calme que celle des coursiers d'Hélios; le mouvement

1. 1( Polygnotus Thasius qui piimiis luuUeres tralucida veste pinxit ». Pline, iV««. Hisl., 3û, 5S. Pour le style des draperies, on peut rapprocher du groupe des Parques les délicates peintures de vases es^cutées dans les ateliers attiques de 130 à 400 environ. Les plis droits en usage dans l'ancienne peinture ont fait place ù des plis obliques, d'une extrême finesse. Voir par e.\emple le beau lécythe aryballisquedu musée du Louvre publié par M. E. Pottier, Moimmenls grecs, N"" 17-18, 1889-1830, pi. !l et 10.

2. Le buste, retrouvé seulement en 1810, est conservé à Athènes, au musée de r Acropole. Au BritisU Muséum, il est remplacé par un moulage. Fig. 9, L.

3. Cette hypothèse a été soutenue par il. Cecil Suiith, Journal i/ //ellenk- Sliidies, IX, p. ft. Cf. pour le type de Séléné montée sur un cheval, un vase attiqus étudié par M. Furtwaengler, Colleclion Saliuuroff, I, notice de la pi. LXIII. Voir aussi sur cette question W. H. Roscher, Uebcr Seleiie und Vericandle>, Leipzig, 1890, p. 39.

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