Milllieil. Atlien, XVI, pi. 3, p
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LE l'AUTIIKNON.
fougueux de ces derniers fait place ici h une expression paisible (fig. 1 8). Mais cette tête n'en reste pas inoins un des morceaux de maîtrise du fronton oriental. Avec sou seiitinienl si vil' de l'antiiiuc, Goethe l'admirait jusqu'à renthousiasnie : <( Le sculpteur, disait-il, a véritablement cn'é un cheval idéal ». Le peintre B. lî. ILiydon, qui f'utun des premiers à proclamer la beautr des marbres apportés par lordElgin, nc^ rap[)réciait pas moins; il consacra tout un mémoire à en démontrer la suj)ériorité.
Fig. 13. — Tête de l'un de.s chevaux de Séléné. Fronton oriental du Parthénou. (British Mnseuui.)
en la comparant aux chevaux de bronze de saint Marc de Venise '. Combien était juste le jugement de Haydon, et quel art sobre et nerveux éclate dans l'œuvre grecque! Ici nous trouvons, marqués avec une force singulière, les traits d'un type que la sculpture atti([ue respectera pendant toute la fin du cinquième siècle, et qui appartient bien en propre à l'école de Phidias : la crinière courte et droite, les yeux saillants,
1. Comparciison entre In trie iViin rfes c!ieraii.r de Venhe el la tête du chenil d.' Ehjin dit Piirtliénun, 1818. La tête du Parthénon a été étudiée par Ruhl, Ueber die Auffassung der ^'atlll■ in der P/erde-Blldiin^ antilcer PlastH: 18)6, cf. les rem arques de Michaelia, Journal of Htllenic Studies. 1882, p. 2.?4.
aCULPTUIlE URECgUE. — T. II 5 .
les contours des uaseaux et de la bouche énergiqueraeut accusés, la mâchoire inférieure petite, l'ossature très apparente. C'est là comme une sorte de type canonique, emprunté ù la réalité, et les chevaux que nous verrons tout à l'heure défiler dans la frise des Panathénées sont bien do même race que les coursiers divins de Séléné.
Analysées isolément, les figures du fronton oriental ofiiVent les beautés les ])lus variées. Mais elles ne forment que les parties d'un tout, et sont disposées pour concourir à un effet général. Or, l'ordonnance de ce vaste ensemble révèle une force de conception qu'on apprécie mieux encore si l'on songe combien elle est nouvelle dans l'art grec. Certes l'auteur du fronton respecte la loi de symétrie qui s'impose à la sculpture monumentale ; mais il l'observe sans s'y asservir, comme le faisaient ses i^rédécesseurs d'Egine et d'Olympie. C'est une hardiesse que de supprimer la figure centrale, sans laquelle ceux-ci ne concevaient pas un fronton. Dans les ailes, les figures se groupent librement, avec une admirable aisance, sans toutefois s'enchevêtrer comme au iVonton occidental d'Olympie. Mais surtout un sentiment magistral de la composition éclate dans la répartition graduée du mouvement, qui, plus accusé dans le voisinage de la scène centrale, va s'atténuant peu à j)eu à mesure qu'on se rapproche des angles, pour faire place, dans les figures couchées, au calme le plus parfait. De cette disposition, l'artiste a tiré un puissant effet dramatique: il semble que le prodige de la naissance d'Athéna soit aussi soudain que merveilleux, et que la nouvelle apportée par d'agiles messagères éveille brus(|uement de leur repos majestueux les divinités^de l'Olympe.
§ 1. — LE FROKTOX OCCrDENTAL.
Le fronton occidental ne nous offre par malheur qu'un très petit nombre de figures fort nuitilées. Avant la tentative faite par I\[orosini jiour enlever les statues du milieu, la plus grande ])artie des marbres était encore en place. Le dessin de Carrey, d'accord avec celui de l'Anonyme de Nointel (1G74) montre seulement une lacune à droite du groupe central. Spon, (pii vi.'^ita Athènes en 1070, dit à propos de ce
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môme f'rontnii, (lù il icidimait à tort celui qui surmontait l'entrée du prouaus : « Le haut de la l'arade... est chargé d'un groupe de belles figures de marbre, qui paroisseut d'en bas grandes comme nature '. » On sait comment presque tout s'écroula sous la main maladroite des ouvriers de Morosini, et l'on peut juger de l'étendue du désastre d'après le dessin de l'artiste anglais Dalton, qui, en 1749, reproduisit le fronton ouest avec les rares figures encore en place '. Lord Elgin ne put recueillir que l'une des figures d'angle, avec des fragments [)lus ou moins importants, et le seul groupe qui ait échappé à la destruction est resté au Parthénon, dans l'aile gauche du fronton. Les dessins exécutés en 1674, par Carrey et par le dessinateur anonyme de Noiutel sont doue les documents les plus certains dont nous disposions pour retrouver, dans son ensemble, la composition du fronton ouest (fig. 14 et 15). Quant aux croquis de Cyriaque d'Ancôue, qui put voir et dessiner le fronton intact en 1436, ils témoignent d'une telle fantaisie qu'on n'en saurait tirer aucune indication \
Pausanias nous apprend le sujet du fronton ouest : c'était i( la querelle de Poséidon et d'Athéna jOGur la possession de l'Attique ». La légende racontait comment les deux divinités avaient chacune fait la preuve de leurs droits. D'un coup de trident, Poséidon avait fait sortir du sol une source d'eau salée, suivant la tradition attique, ou un cheval, d'après la version thessalienne ; Athéna, au contraire, frappant le rocher de la pointe de sa lance, avait fait germer l'olivier, l'une des principales richesses de l'Attique. Si le sujet n'est pas douteux, la restitution du fronton occidental ouvre encore un large champ aux conjectures. Quelques figures conservées, avec des fragments, les dessins des artistes de Nointel, voilà tous les éléments dont nous disposons pour reconstituer la scène. Quant à l'interprétation des figures secondaires, dont Pausanias ne parle pas, c'est un problème toujours à l'étude. 8ans nous attarder à discuter les nombreux systèmes proposés, nous irons droit au groupe central, qui montrait en présence les deux divinités rivales.
De la statue d'Athéna, nous ne possédons que quelques fragments,
1. Vuyagc <ntalle, (h Dalmatie, de Grèce et du Lemnt, t. II, p. 144 (lo7i<).
2. Le dessin de Dalton est reproduit par M. Michaelis, Der Pailhenon, Hil/sta/cl, I.