J. Delamarre, Revue de philologie, XVIII, 1891, p
3. Sur ces dynastcs de Kios, dont l'hiitoire est loin d'être certaine, voir Th. Reinach, Mithridate Eupalor, p. 3 et suivantes. M. Th. Reinach se prononce, avec Michaelis, pour Mithridrate l'ancien, mort en 303. Au vrai, nous ne savons pas exactement quel est ce Mi6p«5«rr,; à PoSoSiTOvi Ilifir»);, dont parle Diogène Laeree (3, 25), et qui consacre la statue de Platon.
4. Voir Hertz, De Apollohro sl(Uuario ac philosopho, Progr. de Breslau, 1.SG7.
5. Voir, pour les textis, Overbeck, Schriftqitellen, 1350, 130 1.
LES CONTEMl'OKAIXS DESC'Ol'AS ET DE l'KAXlTÈLE. Ui,
d'un alliage d'argent, imitait la pâleur du visage, appartiennent encore au genre mythologique. MM. Brunii et Winter lui font honneur de l'original d'une statue de Munich, un Dioinède qui paraît être le prototype du Dioraède enlevant le palladion, reproduit par des pierres gravées et par un bas-relief célèbre du palais Spada '. C'est là une de ces hypothèses que nous n'avons aucun moyen de vérifier. Si elle était fondée , il faudrait reconnaître dans Silaniou un des précurseurs du style académique et cette leuvre, d'une correction un peu froide, nous révélerait sous un aspect imprévu un artiste qui, au dire de Pline, se serait formé sans maître.
Nous trouvons des renseignements plus sûrs dans les portraits que l'on peut, sans témérité, identifier avec des œuvres connues de Silanion. Le maître athénien avait exécuté un portrait de Sappho, qui, au temps de Verres, se trouvait dans le Prytanée de Syracuse '. C'était, d'après Cicéron, une (euvre achevée, élégante, d'un travail très fini. Or, rien ne répond mieux à ce jugement qu'un beau buste de Sappho, conservé à la villa Albani (fig. 17G) ^ Laforme du visage, la coiffure, une large pièce d'étoffe enroulée autour de la tête, rappellent (Je tous
bani.) D'apr>;3 Arudt-Enicka trûts, n" 148.
laibre. (Rome, Villa Alan, Griech. und roem. Pur-
1. Brmin, Sitzmiffsber. ùer bayer. Akad.,li'il, p. 651-680. Winter, ./fi/iràHcA, V, 18110, p. 167. M. Furtwaengler revendique énergiquement pour Crésilas l'original du Diomède de Munich : Meisterwerie, p. 320. La statue est reproduite dans l'atlas de cet ouvrage, pi. XII.
•3. Cicéron, m Vcn:, IV, 57, 127-148.
3. Jahrbuch des arch. Inst, V, 1890, pi. 3, p. 152 (Winter). Helbig-Toutain, II, n» 789. Arndt-Bruckmann, Grîechund roem, Portn'itSf n*^' 147-148.
SCDLPTORE GRECQUE. — T. II. 44
S4G LE QUATIÎIÈME SIÈCLE.
points le type de la poétesse lesbienne, tel qu'il est reproduit sur les monnaies de Mitylène, sans doute à l'iinitation du portrait de Silanion '. Il va de soi que le prétendu portrait de Sappho, et celui de la Béotienne Corinne, également attribué à Silanion, ne pouvaient être que des créations idéales. Il eu est tout autrement avec la statue de Platon.
L'artiste avait pu connaître le modèle, et il est permis de croire que les portraits du philosophe, exécutés de son vivant, ne faisaient pas défaut. Un buste du musée de Berlin, en forme d'hennés, de travail d'ailleurs médiocre, porte une inscription qui le désigne comme l'image de Platon (fig.
177) '. Grâce à ce témoignage, on peut reconstituer la série de ses bustes.
A la tête de cette série prend place un hermès du Vatican qui, par la finesse du travail, semble dénoncer un original en bronze, et sans doute une copie de l'œuvre de Silanion \ Il se distingue en effet des bustes de date postérieure, exécutés à l'époque hellénistique, et traités avec un sentiment plus réaliste. Tous ces bustes ont d'ailleurs des caractères communs : le front bas et large, les tempes renflées, les cheveux régulièrement disposés sur le front, la barbe longue
1. Ifumiamatische Zeitschri/t de von Sallet, IX, pi. -1, D, p. 111.
2. Hclbig, Jahrbuch des arcJi. Inst., I, 1886, pi. 6, 1, p. 71.
3. Ibid., pi. G, n" 2. Helbig-Tontain, Guide, I, 265. Le nom de Zenon, gravé sur r hermès, est une inscrii>tion fausse. Sur les portraits de Platon, voir, outre l'article cité de Helbig, S. Reiuacb, American Journ. nf archaeotogy, IV, 1888, p. 3. 'Winter, Jahrbuch, \, 1890, p. 153 et suivîintes.
Fig. 17
Hermès de Platon. (Musée de Berlin.)
et bien peignc'e. On retrouve là l'expression austère dont s'égayait le poète comique Ampliis, contemporain du ])hilosoplie. k 0 Platon, toi qui ne sais que prendre un air relVogné, comme un colimaçon, en relevant les sourcils avec gravité '. » Nous connaissons donc au moins dans Silanion le sculpteur de portraits. Nous voyons en lui un artiste appliqué, correct, un habile praticien plutôt qu'un inventeur, et ces caractères expli(iuent la place secondaire, quoique honorable, qu'il occupe parmi les sculpteurs attiques du cinquième siècle '.
Nous devons nous arrêter à la sculpture de poi'traits. Dans ce genre, en effet, Silanion n'est pas un isolé. Nous avons vu des artistes du cinquième siècle, comme Crésilas, le précéder dans cette voie, et, im peu plus tard, Démétrios s'y engager à son tour pour incliner résolument vers le réalisme. Déjà, au cinquième siècle, la mode se répand de reproduire les traits des écrivains célèbres, portraits fictifs ou réels, selon qu'il s'agit d'anciens poètes, comme Anacréon, ou de contemporains, conmie Euripide ou Thucydide. Au quatrième siècle, ce genre a conquis la vogue. Les commandes de l'Etat ou des particuliers multiplient les portraits des Athéniens illustres, poètes, historiens ou orateurs. Timothéos, fils de Conon, consacre à Eleusis un portrait d'Isocrate. Sur la voie sacrée éleusinienne, le poète tragique Théodecte, mort en 334, a un fastueux tombeau qu'entourent les statues des grands poètes grecs, depuis Homère ^ Entre 350 et 330, l'orateur Lycurgue fait élever au théâtre de Dionysos les statues en bronze des trois grands tragiques d'Athènes '. Parmi les contemporains de Silanion, beaucoup d'artistes, sans aucun doute, signent des œuvres de cette nature, et combien de bustes épars dans nos musées dont les originaux remontent au quatrième siècle! Le beau buste de Lysias, conservé au musée de Naples, a certainement pour prototype une statue de cette époque '. On a proposé, non sans vraisemblance, de reconnaître le style de Si-