riull. deeovresp.helltii.Ami, p\. V, p
X Poltier, Bull, dt correup. helléii., 1881, pi. 7, p. :ir.l. Le Baç-Reinacli, Mon.Ji;/., pi. l;i.
LA ScrLPTl'RE DÉCORATIVE EN ATTIQDE. .'^71
K liauquet fiinMjre n, et dont le type est reproduit au quatrirnie siècle avec uue singulière persistance. Dans un encadrement architectural, est représenté un couple d'ancêtres héroïsés, l'homme couché sur un lit de festin devant une table chargée de mets, la femme assise au pied du lit; un serviteur s'empresse auprès d'un cratère ; plus loin la famille des donateurs s'avance solennellement vers le couple. Dérivée d'une conception très ancienne, celle du culte rendu aux morts par les survivants, cette scène trouve au quatrième siècle une formule plastique
Fig. ino. — Ex-voto à Asclépios et à Hygie (Athènes.)
assez générale, assez impersonnelle, pour se prêter à des applications diverses, et l'on dédie ces ex-voto aussi bien aux défunts héroïsés qu'aux divinités chthoniennes, ou aux couples divins comme Asclépios et Hygie '. Exécutés par de simples marbriers, souvent avec négligence, ces bas-reliefs n'ont qu'ime médiocre valeur d'art; pourtant à voir le style, les procédés de composition, on sent que les plus humbles praticiens n'échappent pas à l'influence des meilleurs modèles.
Nulle part le luxe privé ne se manifeste avec plus d'ostentation que dans la sculpture funéraire. Aussi, à la fin du quatrième siècle, l'Etat
1 . Voii', pour riuterprétation du bauquet funèbre, Percv Gardner, Journal ofHell. SludieSjliSi. p. 105. Pottier, Bull, de curresp. hdlcn., 1881!, p. 31iJ. Furtwaengler, Coll. Saboaroff', Introduction. \\ 31 et suivantes.
•i7-j LE QUATKIKME SIÈCLK.
doit-il piendro iiour le coiiibattre des mesures énergiques, et mi décret rendu par Démétrios de PhaR're, eutre .'517 et 307, restreint à quelques éléments très simples la décoration des sépultures'. Jetons un couii d'œil sur une nécropole attiquc au temps de Démosthèue, c'est-à-dire à l'époque où les opulentes familles d'Athènes rivalisent de faste iiour consacrer le souvenir de leurs morts, et o.ii l'on dépense jusqu'à deux talents pour la construction d'un tombeau. On y reconnaît des formes de monuments déjà créées au cinquième siècle, mais développées et enrichies avec lart le plus savant. C'est d'abord la longue stèle, ornée de rosaces, que couronne un anthémion où s'épanouissent des rinceaux et des feuillages d'acantlie; c'est le monument figurant une sorte de ]jetit temple, ou naïskou; ce sont les vases sculptés en marbre, lécythes ou loutrophores '. Ces derniers, réservés aux jeunes gens morts avant le mariage , ont remplacé les ampliores de terre peintes déj)0sées autrefois sur les tombeaux'' ; mais quelle recherche d'élégance et (juelle fantaisie accusent le caractère élancé des formes, le jet hardi des anses qui s'attachent en fines volutes au col grêle et mince (fig. 191)! Comme la plupart des loutrophores, les lécythes de marbre ofirent, sculptées eu relief, les scènes funéraires habituelles; nous citerons seulement un des plus beaux, celui où l'artiste a représenté Hermès emmenant une jeune morte, Myrrhine, qu'il sépare du groupe des survivants, et qu'il entraîne, silencieuse, résignée, vers les régions infernales , tig. 192) '.
Nous devons surtout considérer les grandes stèles ornées de reliefs, qui nous montrent le développement d'un type déjà en usage au cinquième siècle. Encore très simple au temps de Périclès, l'encadrement prend un caractère architectural de plus en plus manjué, le fronton s'avance avec une forte saillie, et les pilastres, autrefois eflacés, se profilent vigoureusement conmie des antes. La stèle prend l'apparence d'un édicule ; sur la paroi du fond, les figures sculptées se détachent en très fort reliel, quelques-unes même presque en ronde bosse ^ Dans ce cadre ainsi modifié, les figures se ]»ressent plus
1. Cicéion, lie Lei/ilnu, II, 2i;-G6. Cf. Briickiier, Ornameiil iiiid Furm der uttischeu Grubstekn, p. 1-3.
2. Voir pour les types île loutrophores i\ reliefs, Attische GiabieUeff, pi. LVI.
:i. Voir Wolters, Mitthtil. Atlun., XVI p. 391 et notre article, Mon. et Mémoires, I, p. 19.
•I. RavaLsson, Gaz. nrc/i , I, pi. VII, p. 21. Kochler, Mitiheil. Alhen, IV. p. 183.
ô. Sur les ciiractéres géuéraux des stèles du quatrième siècle, voir Briickucr, oiir. cilé, p. 73-8 j. l'un-
LA KCUr.PTriiK DKCOKATIVE EN ATTIQIIK. 373
nomlironsfs. A la simple iiiiago du mort, reprcseiité seul ou avec un personnage accessoire, on voit se substituer de véritables tableaux «le l'aniille, avec des personnages groupés sur plusieurs plans. Une stèle encore en place dans la nécro|)ole du Cérami(|ue , celle de Koralliou femme d'Agatlioii, nous offi'e un exeni pie remarquable de ce procédé de composition (fig. 193)'.
Les deux figures principales , celles de Korallion et de son mari Agathon, occupent le premier plan. Lajeune femme, assise sur un siège très simple, serre la main de son époux, et lui tient le bras avec un geste affectueux. Au second plan , dans l'ombre projetée par le fronton , un homme d'âge mûr et une suivante assistent à la scène d'adieu.
Entraînée par le mouvement général de la peinture et de la plasti
Fig. 191 — Loutiophoie en iiiurbre (Athènes, Musée central).
g. r.t'2. — Le vase de Myrrhiuu.
Lécythe funéraire on unirljre (Athènes, collection privée).
wa^ngler, Coll. Sahouroff, hilroJ., p. -i» et siiiv. Michaelis, ZeitschriJÏ fur bdd. Kumt, X, F., IV, p. -lAli t't suivantes.
1, AU. Grabrdiefs, pi. XCVIII p. '.IS, n' 411.
LK iiL'ATIÎlKMK SIKCLE.
(]ue, la SLiiljiturL' t'iméraire devient aussi plus exjnx'ssive, et trouve des accents imprévus pour tradtiire la résignation devant la mort, le deuil
>***>w*wBai*aaBaiiMBtg;tas^«»gMt
l'if. iy;i. su-le fim
Mire ck> KoniHion , teimi
i.iuc).
des survivants ;.lcs esi)érances de réunion. Ici, comme dans la stMe de Phrasikléia ', c'est une lemme élégante qui, groupée avec sa fillette,