‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 179 sur 380 · Wolter.^, Mittheil. Athen, XVII, 1892, p. 1, pi. II-IV · texte numérisé non relu

Wolter.^, Mittheil. Athen, XVII, 1892, p. 1, pi. II-IV

ii. Hclbig-Tontain, I, n" 294. Brunu, Denhnaelei; n" 130, et Griech. Ooetterideale, p. 98. Overbeck,

3C4 f^E QUATRIÈME SlKCIJv

sance, caractère essentiel de la physionomie de Zens, est obtenue ici par des moyens moins simples que dans la statue de Phidias. Si l'on compare lo Imstc d'Otricoli aux monnaies éléennes qui nous ont conservé le profil

Fig. i8G. — Zeus. Tête colossale eu marbre, trouTée à OtricoU. (Uouie, Vatican.)

du Zeus olympien, on constatera facilement la différence. Dans l'ieuvrc du contemporain de Praxitèle, la structure ilu visage semble être devenue ]jhis puissante et plus massive. Le front haut, traversé d'un pli,

iififcl,. kiinaimijihuUiiu-, II, p. 71, n" I. Atlas, II, 1, 2. M, FiiFtw-iengler y voit le dévoloppcmeut piaxitélien d'iiii type de Zens créé par Myion. Meisterwerle, p. 370.

LA SCUT.PTrP.K DÉCORATIVE EN ATTIQUE. 305

boinlx'! au-dcssns du nez, s'encadre entre les masses épaisses et ondoyantes d'une chevelure abondante, et la barbe large, aux boucles tordues et refouillées, achève de donner au masque une singulière ampleur. Pourtant la douceur n'en est pas absente, et le visage du dieu conserve l'expression de sérénité (jue lui avait donnée le grand maître du cinquième siècle. Le type reste bien attique. Il n'y a aucune raison d'y reconnaître, comme on l'a proposé longtemps, une création de l'école de 8icyone, et d'en faire honneur à Lysippe.

S ••). — LA SCrLPTl'RE DF.rORxVTTVE ET LA SCULPTURE FUXVIRAIRE EX ATTTQUE.

L'Athènes du (juatrième siècle ne connaît pas les grands travaux d'art qui exigeaient, comme jadis au Parthénon, la collaboration de l'architecte et du sculpteur. On n'y voit pas s'élever de ces temples dont les frontons, les métopes et les frises offrent à la sculpture monumentale un vaste cliamp. Pendant les douze années que dure l'administration de Lycurgue, de 338/7 à 326/5, il se produit, il est vrai, comme \m renouveau d'activité ; Lycurgue fait construire le gymnase du Lykéion, le stade panathénaïque, l'Odéon, les gradins du Théâtre de Dionysos ; il fait réparer, an port militaire du Pirée, les loges destinées à aliriter les trières, et achève l'arsenal maritime, la Skeuothèque, commencée sur les devis de l'architecte Philon ', ]\Lais si ces travaux contribuent à embellir la ville, ou à développer sa puissance, ils intéressent surtout l'iiistoire de l'architecture ; nous n'avons pas à y chercher la part de la sculpture décorative. C'est en Asie Mineure, au Mausolée d'îlalicarnase, que nous avons vu à l'œuvre les sculpteurs attiques.

A défaut de commandes faites par l'Etat, le luxe des particuliers fournit au talent des artistes bien des occasions de s'exercer. Jamais on n'a déployé une telle richesse dans les monuments privés qui rappellent soit des gestions de charges publiques, soit des victoires remportées aux différents concours ouverts dans les grandes fêtes religieuses. 11 est facile de s'en convaincre, en considérant un des types les

I. Cnrtins, StnJtyeschichIe von A/hen, p. 214 et siiiv. Diirrbach, L'orateur Lycurgue, p. 103 et suiv.

plus roniarquables, celui du uioiiumout clioragique. On sait ce qu'il faut entendre par là. C'était un lionneiir assez coûteux que la chorégie. L'Athénien désigné par les épimélètes de sa tribu pour organiser et taire instruire à ses frais un des chu'urs qui prenaient part aux concours des Dionysies, devait appartenir ù la classe la plus riche. Vainqueur et couronné au nom de sa tribu, il était tenu de consacrer h Dionysos le trépied re(;u en prix. Au cinquième siècle, rien de plus modeste que la forme du monument clioragique : le trépied de bronze, dont le type et les dimensions sont invariables, est posé sur une simple base, que supporte un soubassement avec un ou deux degrés'. Bientôt l'usage s'introduit de consacrer le trépied dans un petit temple; ces édicules débordent hors du téménos de Dionysos, se groupent, sans beaucoup d'ordre, sur les deux côtés de la rue qui conduit du Dionysion au Prytanée, et qui est appelée « la rue des Trépieds » ; ils finissent môme par envahir les pentes roclieuses de l'Acropole. Les chorèges rivalisant de luxe, les monuments choragiques affectent des formes plus ambitieuses; ils prennent l'aspect d'un temple à façade dorique, comme le monument élevé par Nicias, en 320/19, près du Pyrgos d' Athéna Niké ", ou se transforment en un édifice orné d'un portique, comme le monument de Thrasyllos, vainqueur en ?>2() avec un chieur d'hommes^. D'autres fois, c'est un édifice de forme circulaire. Tel est le cas pour le monument consacré par le chorège Lysicrate, fils de Lysitheidès, de la tribu Acamantide, vainqueur en 335/4, avec im chœur d'enfants.

Personne n'ignore que le monument de Lysicrate est encore debout, comme au temps oii le jésuite Babin le signalait dans la maison des Pères capucins, et recueillait naïvement la légende qui lui a longtemps valu le nom de Lanterne de Démostliènes^. A différentes reprises, en 1831 et en 1878, il a été seulement consolidé, isolé et dégagé des terres (jui eu avaient envahi la base. Entièrement construit en marbre, l'édifice a la forme d'un petit temple rond, avec six colonnes à chapiteaux corin-

1. Ainsi le trépied figuré sur un vase de la collection Blacas, au Britisb iluseiim, Panofka, .l/ii.«(V lilacn», pi. I. Cf. Reisch, Oriechische Weihgtschenke, Vienne, 189U.I). G8 et suivantes.

2. Docri)felcl, MUthe\l.Alhen,'X., 1885, p. 219, pi. VII. .t. E. Roisch, ilitlheil. Athen.Xlll, 1888, p. 38S.

4. De L.iborde, .-l/Jciif» aia AI'», XVI" et XV/l' siicles.l, p. 201. Waclismutb, Sladl Allun, T, ]>. Tl.">.

LA SUUM'TKUE DÉCOKATIVE EX ATTKilE. 367

tliiciis. Les t'iitiecoloiiuements étaient i'eriiiés par des plaques de marbre au-dessus desquelles des plaques plus petites, sculptées eu léger relief, montraient des reproductions du trépied placé au sonunet du monument. Le toit, dont la courbe est évidée, offre l'imitation d'une couverture en tuiles de marbre. Du centre jaillit hardiment le support du trépied, un fleuron malheureusement découronné de ses élégants rinceaux (tig. 187)'. L'entablement a gardé sa Irise sculptée en relief, représentant un épisode de la légende de Dionysos : la métamorphose en dauphins des pirates tyrrhéniens qui avaient eu l'audace de s'emparer du dieu. Un hymne homérique nous a conservé une version de cette légende; mais le sculpteur de la frise paraît en avoir suivi une autre, un peu différente, et tout porte à croire qu'il s'était inspiré du dithyrambe couronné. Ainsi s'explique, croyonsnous, la place très importante faite dans la composition aux Satyres qui forment le cortège de Dionysos. Le centre de la scène se trouve juste au dessus de l'inscription qui rappelait la victoire de Lysicrate '. Tandis que le dieu, assis sur un rocher, joue avec sa panthère familière, deux Satyres assis se reposent, et le regardent ; deux autres puisent à des cratères remplis de vin (tig. 187). Plus loin, la lutte est engagée entre les Satyres et l'équipage

Fig 187. — Le monument c!imi\ de Lysicrate. (Athènes.)

1. Voir Stuart et Rcvett, Anthiuities oJ'.Uhens,l,-p. ."2 siiiv. E.Reiscli, otier.cité, p. 102, Jane Hairison. Mi/lk. and .Mon. of anc. Athens, p. 244. Une restauration due i M. Loviot est encore inédite.

2. Pour les bas-reliefs de la fiise, voir : .4 nliquities of .Uliens. 1, 4 ; Ancient marbles, IX, pi. 22-2G ; De Cou, .imerimn Jounial iff .lrc!iucolot/i/, YIII, 1803, pi. IMII, p. 4 2-5 5. Nos dessins sont exécutés d'après des moulages.

LE ur ATRIKMK SIKCLE.

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du vaisseau pirate Hg. 189, A et B). Alertes et rapides, les compagnous de

Dionysos iioursuiveut les Tyrrhéniens, I il . ~/ -4l les assaillent avec des tliyrses, des

torches enflammées, des branches arrachées à desarl)res; ils les terrassent et les garrottent. Çàet là, un être au corps d'homme et à la tête de dauphin se précipite dans la mer, comme un plongeur : c'est la métamorphose qui s'accomplit. L'auteur de la frise l'a traitée comme une sorte de vignette de marbre : relief léger, et pourtant souligné d'accents nerveux avec quelques sécheresses; personnages très espacés, pour donner plus de clarté à la composition. Beaucoup de vie et de mouvement dans ces pétulantes ligures de Satyres qui courent et s'agitent à qui mieux mieux. Toutes proportions gardées, on retrouve ici la même verve que dans les frises du 3Iausolée, et s'il fallait indiquer un nom d'artiste, on pourrait désigner un des collaborateurs de Scopas, peut-être Léocharès '.

Les ex-voto agonistiques, dédiés en souvenir de victoires, prennent au quatrième siècle des formes très variées, et l'examen détaillé des dittéreuts types dépasserait les limites de cette étude". Nous signalerons seuleuient deux bas-reliefs qui appartiennent certainement à cette époque, et nous renseignent sur la niovenne de l'art

1. Cf. Loeschckc, J'i/</6. dis uich. Inst., 188;;, p. l'.iJ. 2. Noua rciivoyoua le lecteur ;iu travail Jéji cité de M. llciscb, GiiechUchs WeUgesclieide.

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St'ULl'TURR CiltKcvfE. — T. H.

370 T.K 'lUATRIEMR SIECLK.

(l(''C()ratil" dans les ateliers attiques. Ils ont été trouvés par Beulé sur l'Acropole d'Athènes, et décoraient la liase d'un ex-voto consacré après une victoire panathéiiaïquc '. Sur l'un d'eux est tiguré le clianir des danseurs pyrrliikliistes , coiffés du casque, armés du Itonclier, et s'avançant en file avec un mouvement de danse d'im rythme uniforme. L'autre face montre deux groupes de spectateurs, sans doute les magistrats jnges du concours. Le monument est daté par la mention de l'archontat de Képhisodoros ; il a donc été exécuté, soit en 3G6, soit en 32::^, jiuisqu'il y a eu deux archontes de ce nom ". Mais la date la plus basse convient mieux à cette sculpture d'un style facile, qui représente assez bien la production courante de la sculpture industrielle. Dans cet ordre, nous devons surtout prêter attention aux monuments datés. Or, nous en trouvons des spécimens dans les bas-reliefs sculptés en tête des décrets officiels, suivant un usage déjà pratiqué au cinquième siècle. En 3-47, les Athéniens votent un décret renouvelant aux fils de Leucon, le souverain du Bosphore, les honneurs et les privilèges conférés à leur père. La stèle et le basrelief qui la décorait ont été retrouvés au Pirée ". Les deux fils aînés de Leucon, Spartocos et Pairisadès, sont assis dans une attitude solennelle ; le troisième, Apollonios, est debout près d'eux, dans la pose élégante que les sculpteurs ont adoptée dès le cinquième siècle pour les figures au repos. Avec une saillie plus accusée dans le bas-relief, on reconnaît ici les procédés de composition déjà familiers à l'école de Phidias. S'étonnera-t-on que la sculpture industrielle respecte des types devenus en quelque sorte traditionnels?

Des stèles officielles, descendons ju.squ'aux monuments les plus modestes, jusqu'aux petits tableaux de marbre sculptés en relief, que la piété des dévots multiplie dans les sanctuaires. Ex-voto à Asclépios, avec le cortège des adorants (fig. 190), bas-reliefs votifs à Pan et aux Nymphes, montrant le chœur dansant des Nymphes conduit par Hermès ', ce sont là des types connus par de nombreux exemplaires. Rien île plus fréquent que le genre de tableau votif désigné d'hal)itude sous le nom do

1. BeaM.f A cropiie d'Allùnea, 11, i>\.l, p. .^)lô. Jnnc Han-ison,.fl/>///i. on./ ^foH. i,/,inc. AtlieHS, p. .147.

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