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c'est proprement « la cliaiabre des vierges ». C'est la division du temple qui devait être réservée au culte des vierges légendaires formant le cortège d'Atliéna, au culte des filles d'Ereclithée et de Cécrops. Plus tard, et par une association d'idées facile à comprendre, le nom fut attribué à l'ensenilile de l'édifice. Atliéna n'était-elle pas la déesse vierge, la -apOs'voç par excellence?
Il est permis de croire que, dans la pensée de Périclès, le monument élevé par lui devait abriter, avec la statue de Phidias, la vieille idole de bois dévotement conservée dans l'ancien temple du sixième siècle-. Le Parthénon devait être le centre du culte d'Athéna. Le vieux temple serait abandonné à Erechtbée. 11 n'en fut pas ainsi. On verra plus loin qu'un nouveau sanctuaire construit après la mort de Périclès, l'Ereclitliéion, garda le privilège d'être affecté au double culte d'Athéna Polias et d'Erechthée. L'antique xoanon n'émigra pas au Parthénon. L'édifice élevé à grands frais par Périclès ne servit pas au culte; il resta comme la « maison du Trésor » de la déesse, comme une somptueuse annexe du sanctuaire qui enfermait dans son enceinte l'olivier sacré et la source d'eau salée, signes vénérés par lesquels Athéna et Poséidon avaient manifesté leur puissance.
Nous ne saurions ici, même très sommairement, toucher à toutes les questions que soulèvent les recherches poursuivies avec tant d'ardeur autour du Parthénon '. Il appartient aux historiens de l'architecture d'analyser la beauté des proportions, l'art savant des lignes, la perfection du travail, de faire ressortir cette admirable alliance de la simplicité la plus sévère et des raffinements les plus subtils, réalisée par le génie lumineux et clair des maîtres attaques. La décoration sculpturale doit seule nous occuper. Toutefois, comme l'histoire de ces sculptures est étroitement liée à celle du temple, nous ne pouvons nous dispenser de rappeler des faits très connus, et d'indiquer quels
1. Les travaux relatifs an Parthénon sont très nombreux. Nous donnerons plus loin la bibliographie qui intéresse surtout les sculptures. Il nous suffira de citer ici les ouvrages principaux sur le Parthénon : Beulé, l'Acrojwh d'Athènes, 2 vol. Didot, 1851, et surtout l'ouvrage capital de Michaelis, Der Parthénon, 1 vol. avec atlas, Leipzig, 1871. Cf. l'article Parthénon, dans Baumeister, DenhnaeUr des llass. AltertMtms; Boetticher, Die Ah-ojiolis ; Ijucien Magne, i* Parthénon, Études Jaites au cours de deux ' missions en Grèce, Paris, 1895. La Bibliothèque de l'École des Beaux-Arts possède deux belles restaurations exécutées par des iJeusionnaires de l'Académie de France à Eome, celles de MM. Paccard et Loviot.
6 LIXFLUENCE DES OKAXDS MAITRES.
événements ont fait du Parthénou la plus noble et la plus imposante des ruines '.
Profané à plusieurs reprises par Dcmétrios Poliorcète, pillé par Sylla, singulièrement appauvri, le Partliénon n'en reste pas moins intact pendant toute la durée du paganisme. La première dégradation qui entame les sculptures date de l'époque chrétienne. Vers le milieu du cinquième siècle de notre ère, le temple est transformé en église byzantine, sous le vocable d'Haghia Sophia, puis de la Mère de Dieu Tliéotokos) '. L'entrée est transportée à la façade occidentale; au milieu du fronton oriental, les maçons grecs ouvrent une large brèche pour éclairer l'abside ; les divisions intérieures sont abattues, et les murs de la cella disparaissent sous de grossières peintures byzantines ". Pendant la domination des Latins, au temps des barons français et des ducs florentins, l'église, consacrée au culte romain, prend le nom de Sainte-Marie d'Athènes '. Lorsque les Turcs s'emparent d'Athènes, et qu'en 1458, ils délogent les Italiens de l'Acropole, le Parthénon est aménagé en mosquée, et un minaret s'élève à l'angle sud-est de l'ancien opisthodome '. Tel était l'aspect du temple lorsque, eu l'année 1674, le marquis de Xoiutel, ambassadeur de Louis XIV à Constautinople, entra en grande pompe à Athènes, et monta sur l'Acropole au bruit du canon. L'ambassadeur français fut bien inspiré en chargeant sou peintre officiel, Jacques Carrey, de dessiner les sculptures du Parthénon. Bien qu'exécutés très rapidement, en vingt jours à peine, et dans des conditions défavorables, ces dessins restent pour nous des documents infiniment précieux ". On excuse le style un peu ronflant de
1. Voir surtout l'ouvrage capital de il. de Laborde, Atkines aux quinzième, seisiime et Jix-sejitiime siècles, Paris, Jules Renonard, 1854, 2 vol. ; cf. la partie historique dans Jlichaelis, Der Ptu-lhenon.
2. Pour l'histoire du Parthénon au moyen âge, voir Gregorovius, Atfien im Mittelalter, 1888.
3. Voir Westlake, Ancient Paintinr/s in Churchs of Athens, Arcliaeulogia, vol. LI, 1888, p. 173-I8t!, 1,1. T-VX.
4. C'est pendant cette période, en 1436, que Cyriaque d'Ancône dessina le fronton ouest. Le dessin original de Cyriaque a été acquis en 1882 par la Bibliothèque de Berlin. Jlichaelis, Arclt. Zeitttng, 1882, p. 367-381. On sait d'ailleurs que d'autres dessins de Cyriaque d'Ancône ont été copiés par Giulano di San Galle, dans un album conservé à la Bibliothèque Barberini k Rome. Voir E. Eeisch, Millheil. Allien- XIV, 18811, p. 217.