‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 203 sur 380 · Nécropole royale, pi. XXVI · texte numérisé non relu

Nécropole royale, pi. XXVI

4. H.im(ly-Bey a proposé d'autres hypothèses encore : le sarcophage aurait été destiné APenliccas ou il Parménion. Voir Nécr. royale, p. 76-77. La plus i-èceiile interprétation est celle de M. W. Jiideieh ; il reconnaît, dans le titulaire du sarcophage, un Grec ami d'Alexandre, Laomèdon de Mitylène, qui, en 32:t, obtint la satrapie de Syrie et de Phénicie. .Mirbuch des arcli. Imt., X. \S'X>, p. 1G5-182.

grecque. T. )[

LES SARCUPH.UiES DE SIDON. 409

de piL'iidic |)ait aux chasses royales. Au contraire, I\I. Studuiczka le cherciie dans la série des rois de Sidon, conjecture fort plausible, puisque la belle conservation du sarcophage, la fraîclieur des sculptures interdit l'hypothèse d'un cercueil d'occasion '. Ce roi serait Abdalouyme, à (pii Alexandre donne après la bataille d'Issos la royauté de Sidon, et qui succède au prince détrôné, Straton II. Le choix des sujets, dans les deux grandes scènes, s'expliquerait sans peine : d'une part, la bataille d'Issos, de l'autre Alexandre et son protégé chassant le lion dans les parcs royaux de Sidon. Quant aux scènes de combats contre les Grecs, on pourrait y voir une allusion aux luttes soutenues par les Sidonieus contre Ptolémée et ses stratèges, de 312 à 302. Enfin la scène de meurtre retrace peut-être la mort de Perdiccas, assassiné en Egyi)te avec ses compagnons, en 321.

Dans cette hypothèse, la date du sarcojjhage se trouve reportée vers la fin du quatrième siècle. C'est bien l'idée (ju'aurait suggérée le seul examen du style '. A vrai dire, les bas-reliefs procèdent encore de la tradition d'art dont nous avons trouvé au Mausolée la plus complète expression. La scène de chasse n'oftre rien qui nous dépayse-: types des chevaux, traitement des draperies, nudité de certains personnages, tout cela est en quelque sorte classique. Seule, la liataille d'Issos, surchargée de figures, annonce déjà les conventions nouvelles qui rapprocheront le bas-relief de la peinture, et feront pn'valoir des jeux d'ombre plus violents, des saillies plus ressenties. Pour la vérité des types, l'artiste n'est encore qu'à mi-chemin du réalisme. Si, dans les figures d'Orientaux, il s'intéresse aux détails de costume et d'équipement, voici d'autre part des Grecs nus comme des héros, à côté d'ho[)lites macédoniens. Eu résumé, des réminiscences évidentes des modèles du quatrième siècle, un goût croissant pour la vérité historique, une exécution brillante, passionnée, une entente nouvelle de l'élément pittoresque, voilà des caractères qui assignent au « sarcophage d'Alexandre )> une place importante dans l'histoire de la sculpture décorative. Œuvre de tran-

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