Nicétrxs Choniaks, De slgnls Constantinoji., p
logie en signale une troisième, où le héros était désarmé, vaincu par l'Amour'. Beaucoup plus célèbre était V Héraclès Epitrapéztos. Au temps de Domitien, un poète amateur d'art, Nonius ou Novius Vindex, montrait avec orgueil dans sa collection un précieux bronze, portant la signature de Lysippe. C'était une statuette haute d'un pied, représentant Héraclès. Vindex en contait volontiers l'iiistoire merveilleuse. Elle avait été donnée par Lysippe à Alexandre, pour faire l'ornement de sa table, d'où le surnom à' Upitrapézios. Le conquérant de l'Asie ne s'en séparait pas; elle l'accompagna dans ses lointaines campagnes; elle eut ses derniers regards. Mais ce n'était pas tout; elle avait appartenu à d'autres possesseurs illustres, Hannibal et Sylla'. Quelle œuvre pouvait réunir de pareils titres de noblesse? Assurément, nous ne sommes pas obligés de croire Martial sur parole, lorsqu'il rapporte cette extraordinaire odyssée de la statuette, car le poète lui-même ne se fait pas faute de railler les prétentions des collectionneurs de son temps ^ Il est fort possible que le bronze de Vindex fût simplement une copie'. Mais pourquoi douter que Lysippe eût réellement exécuté un Héraclès Upitrapézios? Martial et Stace décrivent la statuette en des termes identiques et très précis; le héros était assis sur un rocher recouvert de la peau de lion ; il tenait de la main gauche sa massue, de la droite une coupe pleine de vin ; le regard était dirigé vers le ciel {spectat resupino sidéra vidtu) ; c'était Héraclès admis au banquet des dieux, et se reposant de ses fatigues. Or nous connaissons aujourd'liui plusieurs répliques d'un même type qui répond exactement î\ la description des deux poètes \ Telles sont deux statuettes en marbre du Louvre", dont les parties brisées se restituent sans peine, grâce à un moulage de l'Ecole des Beaux-Arts, pris sur un original
1. Voir pour ces deux statues, Pausanias, II, 9, 8. Anthol. tjr., II, 255, 4.